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 Composante Gabon



RÉPUBLIQUE DU GABON
Projet ECOFAC - Composante Gabon

INVENTAIRE ET RECENSEMENT DES PETITS PRIMATES DIURNES, RÉSERVE DE FAUNE DE LA LOPE, GABON
RAPPORT FINAL

Caroline E.G. TUTIN

AGRECO / CTFT Mai 1995 (Modifié Août 1995)



Fiche de synthèse

Fiche de téléchargement




RÉSUMÉ

L'organisation d'une gestion rationnelle des zones forestières protégées nécessite dans un premier temps la réalisation d'inventaires des espèces animales qui y sont présentes et dans un second temps, l'entreprise d'une estimation suffisamment fiable des densités de populations de chacune de ces espèces. Dans le cadre de la Composante Gabon du Projet ECOFAC, ces deux buts ont été réalisés entre le mois de février 1994 et mars 1995.

L'inventaire des primates et d'autres mammifères dans la Réserve de la Lopé a été entrepris à partir d'observations accumulées depuis 1983 par les chercheurs de la Station d'Études des Gorilles et Chimpanzés (SEGC) et par le personnel de la Brigade des Eaux et Forêts. Sur un total de 58 espèces de mammifères identifiées avec certitude il y a neuf espèces de primates diurnes : deux Pongidae (le gorille et le chimpanzé), six Cercopithecinae (le mandrill, le cercocèbe aux joues grises, le cercopithèque hocheur, le cercopithèque pogonias, le moustac et le singe à queue soleil) et un Colobinae (le colobe noir). Huit des neuf espèces de primates diurnes se trouvent dans l'ensemble des forêts de la Réserve. L'exception, Cercopithecus solatus, a une répartition géographique restreinte au centre de la Réserve et ne semble exister ni dans la zone d'études de la SEGC, ni dans la zone d'écotourisme.

Les recensements de petits primates ont été réalisés selon la méthode de Whitesides et al. (1988) en y incorporant les recommandations mentionnées dans les Termes de Références Ecofac, Gabon. Deux transects d'une longueur de 2,5 km chacuns ont été implantés dans la zone choisie pour l'écotourisme dans le Noyau Central de la Réserve de Faune de la Lopé. Les transects ont été tracés en ligne droite avec une orientation perpendiculaire à l'écoulement des cours d'eau principaux et dégagés de toute végétation herbacée sur une largeur d'un mètre, afin de permettre un déplacement silencieux des observateurs. Onze personnes, parmi les éco-guides, ont été formées aux techniques de recensement et nous avons travaillé en équipes de 3 à 5 observateurs. La formation acquise par le personnel d'Ecofac permettra d'entreprendre des recensements dans les zones plus au sud dans le Noyau Central une fois que celle-ci sera amménagé.

Entre le 14 février 1994 et le 23 mars 1995, 104 recensements ont été réalisés dont 52 sur chaque transect. Sur l'ensemble de ces recensements, un total de 286 observations de primates a été obtenu; sur les deux transects, les espèces les plus fréquemment présentes étaient Cercopithecus nictitans (122 observations) puis Cercocebus albigena (53) suivi par Colobus satanas (42), Cercopithecus cephus (27), C. pogonias (19), Gorilla gorilla (11), Pan troglodytes (6) et Mandrillus sphinx (6). La densité de population pour chacune des six espèces de petits primates a été calculée en divisant le nombre moyen de groupes vus par recensement par la surface de l'échantillon et en multipliant par la taille moyenne du groupe.

Toutes les espèces de singes arboricoles de la Lopé se retrouvent souvent en association avec une ou plusieurs autres espèces. Ce phénomène est bien connu au Gabon, mais les avantages sélectifs de ces associations sont complexes et ne sont pas encore bien compris. Les associations polyspécifiques posent des problèmes particuliers d'interprétation lors des données de recensement, et les Termes de Référence de cette expertise soulignent le besoin de prêter une attention toute particulière à ce sujet. Pendant les recensements, 45 associations polyspécifiques ont été vues avec 17 combinaisons différentes entre deux (N = 32) à cinq (N = 1) des six espèces de petit primates. Cercopithecus pogonias est l'espèce qui s'associe le plus souvent (95% des obervations) et Colobus satanas, le moins (21% des observations). Pour les associations de 3 à 5 espèces il a fallu, en moyenne, 13,1 minute d'observation pour détecter toutes les espèces présentes et ceci pose certains problèmes de méthodologie car Whitesides et al. (1988) préconisent un délai maximum de 10 minutes par contact.

Les données sur la végétation montrent qu'il existe une grande différence pour les espèces d'arbres qui se trouvent dans les zones traversées par les deux transects; 50% des espèces parmi les 10 plus communes de chaque transect ne figurent pas sur l'autre transect. Malgré cela, les densités de populations des singes étaient semblables sur les deux transects et la proximité des deux zones est telle que des déplacements entre types de végétation sont probables suivant la disponibilité des fruits mûrs.

Les résultats de notre étude ont été comparés avec ceux de Lee White (1992; 1994) qui a fait des recensements dans les mêmes types de forêt à la Lopé. Des diffèrences émergent et soulignent qu'il vaut mieux en rester au niveau des données simples car des erreurs s'accumulent lorsqu'on transforme les fréquences de rencontre en densité de populations.

Comparées aux autres sites d'Afrique tropicale, les densités de petits primates dans la partie nord de la Réserve de Faune de la Lopé sont assez faibles. L'explication n'est pas évidente mais plusieurs hypothèses liées aux régimes alimentaires et aux perturbations climatiques récentes sont examinées. Ces densités relativement faibles peuvent sembler décourageantes pour le développement de l'écotourisme à la Lopé car en suivant des transects, il faut parcourir des distances variant de 2,2 à 45,0 kilomètres en moyenne, pour les différentes espèces de primates. Mais ces résultats soulignent le besoin d'avoir une connaissance parfaite de la localisation des arbres fruitiers dans la zone pour amener les visiteurs aux endroits où les primates sont concentrés. Les touristes qui visitent la Réserve depuis Noël 1994, voient plusieurs groupes de singes à chaque sortie et les primates figurent parmi les atouts touristique le plus appréciés par leur facilité d'observation, leur comportement et leur resemblance avec l'homme.

 


Table de Matières

INTRODUCTION

Études précédentes sur les densités des populations des primates:

Gabon
Réserve de Faune de la Lopé

OBJECTIFS


MÉTHODES


RÉSULTATS

Inventaire
Répartition Géographique des primates au sein de la Réserve de Faune de la Lopé
Les Recensements
Densité des Populations
Fréquences des Auditions
Associations Polyspécifiques
Observations d'autres espèces de mammifères au cours des recensements
Végétation

DISCUSSION

Précision des Recensements
Les Associations Polyspécifique
Formation à la Méthodologie de Recensement
La Communauté des Petit Primates de la Réserve de la Lopé
Les Primates et l'Ecotourisme

REMERCIEMENTS

BIBLIOGRAPHIE

Les Tableaux

Tableau 1. Densité des populations de primates relevées lors de précédentes études su Gabon
Tableau 2. Mammifères présents dans la Réserve de la Lopé, Gabon
Tableau 3. Observations des primates au cours de 52 recensements sur le transect Chameau
Tableau 4. Observations des primates au cours de 52 recensements sur le transect Lee
Tableau 5. Les distances de détection fiables des petits primates
Tableau 6. Taille moyenne des groupes de petit primates dans la Réserve de Faune de la Lopé
Tableau 7. Écart spatial des groupes et surface de la bande échantillonnée d'un transect de 2,5 km
Tableau 8. Taux moyen de rencontre par transect et par kilomètre parcouru et densité de populations de six espèces de petits primates dans la Réserve de Faune de la Lopé
Tableau 9. Nombre d'auditions de vocalisations des primates
Tableau 10. Participation dans les associations polyspécifiques
Tableau 11. Nombre d'observations des autres espèces de mammifères au cours des recensements
Tableau 12. Tableau comparatif des espèces d'arbres d'un diamètre >= 10 cm enregistrés sur une largeur de 5m
Tableau 13. Tableau comparatif des espèces d'arbres d'un diamètre >= 70 cm enregistrés sur une largeur de 50m
Tableau 14. Comparaison entre des résultats de notre études et ceux obtenus par White (1994)
Tableau 15. Distance moyenne à parcourir pour voir des primates et autres grands mammifères dans la zone d'écotourisme à la Lopé

Les Figures

Figure 1. La Réserve de Faune de la Lopé
Figure 2. Schéma de la zone d'écotourisme et les deux transects
Figure 3. Distances perpendiculaires des petits primates de la ligne du transect
Figure 4. Participation dans les associations polyspécifiques et pourcentage des cas où chaque espèce était détectée en premier 22

Les Annexes

Annexe I Les coordonnées géographique des deux transects
Annexe II Fiche de recensement et explication
Annexe III Données brutes du Transect Chameau et Transect Lee
Annexe IV Données brutes d'observations et d'auditions des primates
Annexe V Données brutes sur les arbres d'un diamètre de >= 10 cm >= 70 cm sur le Transect Chameau
Annexe VI Personnels de l'équipe d'Ecotourisme ayant suivi la formation aux techniques de recensements des petits primates

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