Polémique
: Pourquoi vouloir déclasser les
éléphants ?
Au mois de
Novembre 1994, s'est tenue aux Etats-Unis une
réunion CITES. Ces réunions ont lieu
au moins tous les deux ans, afin que les annexes
soient révisées en fonction de
l'évolution du statut des
espèces.
Cette
réunion était très attendue
car les pays d'Afrique australe souhaitaient
demander que l'éléphant soit
déclassé de l'annexe 1. Depuis 1989,
date à laquelle les éléphants
ont été classés en annexe 1,
il existe un moratoire sur le commerce de l'ivoire.
Cela signifie que son commerce international, c'est
à dire toute exportation, est
impossible.
Alors pourquoi en trouve-t-on à la vente
?
La
règlementation CITES ne concerne que le
commerce international. Chaque pays, à
l'intérieur de ses frontières
applique sa législation nationale, qui
autorise ou pas la détention et le commerce
d'ivoire.
La
règlementation au Congo, par exemple,
interdit l'abattage de l'éléphant,
intégralement protégé, et de
ce fait la vente d'ivoire. Toutefois, il est permis
de vendre de l'ivoire provenant de stocks existant
avant le moratoire de 1989. Subtile nuance
......
On salue
l'initiative du Kenya et de la Zambie, qui ont
respectivement brûlé en 1989 et 1992
leurs stocks d'ivoire de plusieurs dizaines de
tonnes. Seul moyen de ne plus avoir à
chipoter sur les "avant" et "après" et de
réellement contribuer à la protection
des éléphants.
Les pays
d'Afrique australe, tels que l'Afrique du Sud, le
Zimbabwe ou la Namibie, ont une tradition ancienne
de conservation de la nature et se sont depuis
toujours efforcés de protéger leurs
éléphants, au point que ceux-ci sont
maintenant en surnombre dans certaines zones,
créant des problèmes de voisinage
avec les autres populations, humaines dont ils
détruisent les cultures, ou animales dont
ils modifient les habitats. Il y a donc des pays en
Afrique qui sont dans l'obligation, par mesure de
protection, d'abattre des éléphants.
Ces pays souhaiteraient pouvoir retirer les fruits
de leur gestion exemplaire de la faune en
bénéficiant des revenus que leur
apporterait le commerce international de l'ivoire,
de la viande et des peaux. Depuis le moratoire de
1989, cela est impossible.
On peut
comprendre le point de vue de ces pays qui
pratiquent une vraie gestion de leur population
animale. Mais on sait que réautoriser le
commerce de l'ivoire sonnerait le glas pour les
éléphants d'Afrique. Les pays
réunis en novembre dernier pour la CITES,
ont donc refusé le déclassement de
l'éléphant de l'annexe 1.
Nous le
répétons régulièrement,
c'est l'acheteur qui encourage le délit, car
il crée un marché en laissant
supposer qu'il peut procurer des
bénéfices à un
braconnier.
Même
si votre grand coeur vous incite à acheter
ce petit singe que vous trouvez si mignon et
à qui vous croyez sauver la vie, sachez que,
en le monnayant :
- vous
condamnez d'autre jeunes singes car le vendeur,
ravi de sa bonne affaire, demandera
immédiatement à un braconnier de
le réapprovisionner;
- vous
prenez en charge un animal sauvage, ce qui n'est
pas comparable à un chien ou un chat. Un
chimpanzé en captivité, devenu
adulte, se révèle souvent
agressif. Qu'en ferez-vous alors ?
- vous
vous exposez à des sanctions si vous
voyagez avec ces animaux sans autorisation. Ils
seront saisis à la douane en cas de
contrôle, et une amende sera
infligée à leur
propriétaire en infraction.
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