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Un incident à l'aéroport de Maya Maya, Brazzaville (Congo) le 8 Décembre 1994 a servi à confirmer l'existence, en Afrique centrale, d'un réseau international de trafic illégal de primates et autres espèces animales (voir Canopée n°3, page 8). L'incident à Brazzaville eut lieu après qu'un sac plastique contenant un jeune chimpanzé, dans un état extrêmement stressé, ait été apercu sur le parking de l'aéroport, apparemment en attente d'être embarqué sur un avion. Des agents du Ministère des Eaux et Forêts (Direction Faune et Flore) alertés, ont découvert par la suite qu'il y avait en effet 3 chimpanzés attendant d'être embarqués sur le vol Aeroflot à destination de Moscou, via Douala. La personne, de nationalité congolaise, organisant ce transport et déclarant que les chimpanzés étaient destinés à la Russie, n'était pas en possession de document CITES autorisant l'exportation de ces animaux (le chimpanzé apparaît sur l'Annexe 1 de la CITES, interdisant tout commerce de cette espèce). Lorsque les agents de la Direction Faune et Flore ont tenté de confisquer les animaux, ils ont été empêchés par les agents de la police de l'aéroport. Le secrétariat de la CITES à Genève ayant été informé immédiatement, des dispositions ont été prises pour organiser un "accueil" de l'avion à son arrivée à Moscou. Malheureusement, les chimpanzés n'ont pas été trouvés à bord, les membres de l'équipage admettant qu'ils avaient été débarqués à Douala, au Cameroun. Alertés par le bruit provoqué à Brazzaville, les trafiquants ont-ils décidé d'avorter l'opération plutôt que risquer de se faire attraper à Moscou ? Néanmoins une fouille de l'avion à Moscou a révélé la présence de perroquets gris, de deux singes, d'un crocodile et de deux pointes d'ivoire travaillé !! De plus, lors de l'escale à Douala, les autorités auraient intercepté un Camerounais voulant embarquer sur ce même vol avec un chimpanzé, et une cinquantaine de perroquets gris, le tout sans aucun document CITES. La remarque d'un des policiers à l'aéroport de Brazzaville, ne comprenant visiblement pas pourquoi l'on faisait une telle histoire "parce que c'est la même chose tous les jeudis pour le vol Aeroflot", est révélatrice de la dimension du problème auquel sont confrontés ceux qui oeuvrent pour la conservation de la nature en Afrique centrale. Deux semaines plus tard, les agents des Eaux et Forêts ont intercepté, et confisqué cette fois-ci, trois chimpanzés, quatre singes, un perroquet et de l'ivoire travaillé, tous prêts à l'embarquement sur le vol Aeroflot ! Il reste, cela semble évident, un travail important de sensibilisation à faire, tant au niveau des individus que des institutions. Toutefois, sans l'application stricte des règlementations en vigueur, il sera toujours difficile de combattre le commerce illégal d'espèces protégées . La complicité passive d'Aeroflot dans ce trafic illégal est particulièrement regrettable et il serait temps que cette compagnie s'aligne sur les autres lignes européennes et américaines qui, depuis plusieurs années, refusent d'embarquer à leur bord toute espèce animale ou végétale pas en conformité avec la règlementation CITES.
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