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Liens vers autres
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Les échanges entre les différents projets par l'intermédiaire de "Canopée" permettent de faire part de leurs expériences et de donner des idées. Intéressés par l'article de B. Hennessey intitulé "L'utilisation des imitations des cris de céphalophes comme méthode de recensement" (cf Canopée n°3), nous avons adapté cette méthode à notre recherche dans la réserve de faune du Dja. Suite à la crise du cacao, pour subvenir à ses besoins, l'homme de la réserve est devenu "chasseur". Le retour des déçus par la ville n'a fait qu'augmenter leur nombre. Les endroits près des villages étant vite occupés, ils se sont enfoncés de plus en plus loin en forêt, se fondant sur le principe que la densité animale augmente avec l'éloignement du village. Pour étudier cette hypothèse, cinq layons de 5 km, orientés Ouest - Est, ont été placés à intervalle de 5 km en direction du Sud. Le premier layon se situe à 2,5 km du village. Le dernier layon est placé dans une zone où aucune chasse n'a été pratiquée, à 23 km du village. Ce layon traverse des zones accidentées (collines à pentes accentuées) et il semble ne pas être un milieu favorable aux animaux. Jusqu'à présent, nous visitions ces layons en comptant les nombres d'empreintes et de crottes aperçues, y compris celles des céphalophes. Notons que quelques uns de ceux-ci furent observés directement. Sur ces layons, tous les 150 m, nous avons appelé durant 5 minutes, en imitant le cri du céphalophe. Nous étions munis d'un appareil à cassette pour ces 34 répétitions. Pour l'oreille humaine, la portée de l'audition était nulle à 150 m du lieu d'appel. A chaque endroit, nous notions l'heure et le type de végétation. Nous étions trois observateurs : un chasseur au fusil spécialiste des potamochères, un écogarde, Pierre Okono, et moi-même. Nous prenions soin de bien nous camoufler avant de lancer l'enregistrement. Plusieurs personnes nous mirent en garde contre le fait que l'appel attirait tous les animaux et que l'expérience pouvait s'avérer dangereux, notamment à cause des léopards. Certains chasseurs refusèrent de nous accompagner. Voir en forêt demande de l'expérience. Tous les animaux n'accourent pas bruyamment. Certains viennent prudemment et peuvent repartir sans être vus. De nous trois, le chasseur était de loin le meilleur observateur. Nous avons pu observer 108 animaux, répartis entre 6 espèces de céphalophes (98 observations), le chevrotain aquatique (1 observation), et des carnivores (9 observations - mangouste, chat doré, nandinie). Il faut y ajouter un gorille et deux chimpanzés. Un éléphant a changé la direction de sa marche au moment où l'appareil fonctionnait. Difficile de dire s'il s'agit d'une coïncidence ou d'un effet de notre intervention ! Enfin, plusieurs aigles couronnés (Stephanoaetus coronatus) sont venus se poser au-dessus de nos têtes (14 observations). Les espèces
ont un habitat qui leur est propre. Les quatre
céphalophes à front noir (Cephalophus
nigrifrons)
observés se trouvaient soit dans des raphiales, soit
en forêt périodiquement inondée. Le
chevrotain aquatique (Hyemoschus aquaticus) sortait d'une raphiale. | ||||||||
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En s'éloignant du village, le nombre d'espèces observées se diversifie et s'accroît. Sur le premier layon, trois espèces de céphalophes furent observées :
alors que sur le layon n° 4, les six espèces furent vues :
Sur ce layon n°4, lors d'un appel, nous avons vu 5 individus : 2 C. callipygus,, 1 C. sylvicultor, 1 C. monticola et 1 C. dorsalis. Considérant ces résultats, la méthode est à considérer pour établir des indices d'abondance. Pour l'ensemble des céphalophes, sur le premier layon, nous avons vu en moyenne par appel, 0,2 animaux. Pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième layons nous obtenons respectivement 0,6, 0,6, 0,9, et 0,5 animaux. Si nous tenons compte de l'habitat par kilomètre de forêt de terre ferme, nous obtenons successivement pour les 5 layons 2,4; 3,9; 4,4; 5,9 et 3,3 céphalophes. Cette méthode est très facile à appliquer et ne requiert pas d'expérience particulière. Pour ne rien cacher, elle est même très amusante. En 6 jours, nous avons vu plus d'animaux qu'en 6 mois de travail. C'est un plaisir ! Ne serait-elle donc pas intéressante, sur un plan touristique, dans ce milieu forestier où la faune est difficilement approchable?
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Marc Dethier Prosper Seme |