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Sommaire du
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Cette édition de Canopée présente plusieurs articles sur certains aspects de l'écologie des îles du Golfe de Guinée : Bioko et Annabon (Guinée Equatoriale) et São Tomé et Príncipe (São Tomé e Príncipe). Ces quatre îles font partie d'un long arc de volcans s'étendant du lac Tchad à l'île d'Ascension, intégrant le Mont Cameroun et le Mont Oku (voir carte). Sans doute du fait de leur petite taille, ces quatre îles ont longtemps été ignorées des biologistes. Elles sont pourtant d'une grande importance au regard de la biodiversité en Afrique, leur isolement du continent africain ayant permis un processus d'évolution tendant vers un taux d'endémicité très élevé, tant des plantes que des animaux.
La plus grande île, Bioko (2.017 km2), n'est qu'à 32 km du Cameroun et a été reliée au continent voici 10.000 à 11.000 ans environ, alors que les îles de Príncipe (139 km2), São Tomé (857 km2) et Annobon (17km2), situées entre 200 km et 340 km du continent, n'ont jamais été reliées au continent, ni entre elles. Ainsi sur Bioko, 28% des mammifères et 32% des oiseaux résidents sont des sous-espèces endémiques, alors que sur les 3 autres îles l'évolution s'opérant dans des conditions beaucoup plus isolées, a créé une endémicité plus importante au niveau des espèces ainsi que des genres. Sur São Tomé par exemple, 20% des plantes indigènes sont des espèces endémiques ainsi que 30% des 60 espèces d'oiseaux résidentes, dont 5 genres. Le bras de terre qui existait autrefois entre Bioko et le continent a fait que cette île possède une faune mammalienne relativement riche (10 espèces de singes, dont 5 sous-espèces endémiques). Sur les autres îles, en revanche, la faune mammalienne est pauvre, les îles étant trop éloignées du continent pour être colonisées. L'origine volcanique récente de ces îles a créé une topographie extrêmement accidentée, avec des pics culminant jusqu'à 3.000 m d'altitude, séparés par des ravins profonds. Cette topographie abrupte, ainsi que la présence de vents océaniques en provenance du sud -ouest, crée une grande diversité d'habitats et des variations extrêmes de pluviométrie. La partie sud de Bioko, par exemple, reçoit jusqu'à 10.900 mm de pluie par an (le plus élevé du monde), alors que la côte nord, à peine éloignée de 70km , reçoit 2.000 mm. Malgré le terrain accidenté, de grandes superficies de la couverture forestière originelle des îles ont été modifiées par les activités de l'homme, les seuls morceaux restants de forêt originelle se trouvant dans les zones montagneuses les plus inaccessibles. Les îles furent découvertes par les Portugais à la fin des années 1460 et dès les années 1480, des plantations de canne à sucre étaient implantées, remplaçant ainsi des grandes étendues de forêt originelle de basse altitude. Avec le 19ème siècle, le café devint la culture la plus importante, la forêt étant dégagée jusqu'à 1.200 m d'altitude. Enfin, vers la fin du 19ème siècle, ces îles produisirent du cacao, dont la qualité fut considérée comme la meilleure du monde. Bioko, par exemple, était un des endroits les plus prospères en Afrique jusqu'à la fin des années 1960. Depuis les années 1970, ces îles connaissent un déclin économique important, les classant parmi les pays les plus pauvres du continent africain. L'importance de conserver ce qui reste de la biodiversité des îles du Golfe de Guinée a été reconnue par les gouvernements Sãotoméen et Équatorien. Deux aires protégées ont été créées sur l'île de Bioko (Pico Basilé et la Gran Caldera de Luba); l'entièreté de l'île d'Annobon est une aire protégée, et sur São Tomé et Príncipe, des "zona écologica" sont proposées. Plusieurs ONG's, notamment Amigos de Donãna et l'International Council for Bird Preservation (ICBP) sont particulièrement actives depuis plusieurs années, attirant l'attention sur l'importance de la conservation dans ces îles. Récemment des bailleurs de fonds, dont l'Union Européenne (à travers le programme ECOFAC), ont fourni des financements et de l'assistance technique afin d'initier des actions sur le terrain et contribuer à la conservation de l'unique diversité biologique de ces îles. Espérons que
dans 50 ans, le nectarin géant de São
Tomé, ou le drill de Bioko, n'auront pas suivi la
même destinée funeste que la
célèbre espèce endémique d'une
autre île océanique, le Dodo de l'île
Maurice. | ||||||||||||||||||||||
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