|
|
| ||
|
|
Dans les zones forestières de l'Afrique centrale, où 70 à 90% des espèces de plantes produisent des fruits dont l'objectif est d'attirer les animaux, les relations entre les arbres produisant des fruits et les animaux frugivores sont d'une grande importance pour le maintien du cycle de la forêt. Les oiseaux
frugivores et les mammifères dépendent des
fruits pour leurs besoins nutritionnels, et les arbres qui
produisent des fruits ont besoin des animaux pour disperser
leurs graines sur les sites favorables à leur
germination. |
|
|
| ||||||||||
|
Liens vers autres
|
Afin de mieux comprendre ces relations, une équipe de chercheurs de San Francisco State University étudie depuis novembre 1993, dans la Réserve de Faune du Dja, l'écologie de deux espèces de grand calao, le calao à casque noir (Ceratogymna atrata) et le calao à cuisses blanches (C. cylindricus). L'équipe est basée au camp de recherche de Bouamir, le premier camp de recherche permanent à être établi dans la Réserve. Situé en forêt primaire, le camp est à 22 km au sud de la limite nord de la réserve, et à 25 km du village le plus proche. Dans la zone d'étude de 5km x 5km se trouvent également plusieurs affleurements rocheux, dont le plus grand, Bouamir, donne son nom au camp de recherche. La collecte de
données a commencé en janvier 1994. Une
première priorité a été de
connaître le régime alimentaire des calaos, et
de suivre les changements saisonniers des espèces de
fruits consommées par les oiseaux. Ceci est
effectué en localisant les oiseaux dans la zone
d'étude par leurs cris rauques et battements d'ailes
vrombissant, et ensuite en observant leur comportement
lorsqu'ils se nourrissent sur les arbres ou lianes en fruit,
et d'insectes. | ||||||||||
|
|
|
|
|
Les données préliminaires indiquent que les régimes alimentaires de ces deux espèces sont similaires, et plus de 95% des observations de nourriture consommée étaient des fruits. A ce jour, plus de 35 espèces d'arbres et lianes, dont beaucoup d'Annonaceae et Myristicaceae, ont été identifiées comme sources de nourriture pour les oiseaux. Généralement les insectes semblent relativement peu importants, mais ils deviennent une source significative de nourriture durant la saison des pluies, lors des éclosions de fourmis ailées et de termites. L'équipe de chercheurs effectue en même temps un programme bimensuel de collectes de données phénologiques (production de fleurs et fruits) portant sur 25 espèces d'arbres dont les fruits sont consommés par les calaos. Une deuxième priorité retenue pour l'étude a été de décrire la végétation de la zone d'étude afin de connaître l'importance relative des arbres dispersés par les calaos. Vingt cinq parcelles de 40m2 ont été mises en place et permettent des comparaisons avec d'autres sites en Afrique centrale. Le troisième volet, qui a démarré en 1994 et qui sera développé davantage en 1995, est l'évaluation des conditions nécessaires à la germination des graines des arbres utilisées par les calaos. Des graines de plusieurs espèces ont été plantées afin de déterminer si leur passage à travers l'intestin des calaos favorise ou non la germination, et d'identifier les conditions idéales de luminosité. Nos observations
indiquent que plusieurs essences commerciales (y compris
Guarea
cedrata,
G.
thompsoni,
Pycnanthus
angolensis,
Staudtia
stipitata et
autres) dépendent presque entièrement des
calaos pour la dissémination de leurs graines. A
travers cette étude, nous espérons mieux
comprendre la complexité de la
régénération des arbres en Afrique
centrale, afin d'en mieux gérer les forêts. |