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Les recherches menées dans la moyenne vallée de l'Ogooué depuis 1982 et particulièrement dans la réserve de la Lopé, ont permis de révéler un riche et étonnant patrimoine archéologique. Actuellement c'est dans cette région que nous relevons les plus vieilles traces de pierres taillées (400.000 ans) pour l'Afrique centrale forestière ; on y découvre également au cours des derniers 5.000 ans, une extraordinaire succession de périodes culturelles avec la fin de l'âge de la pierre taillée, un stade néolithique suivi d'un âge du fer florissant qui a laissé, inscrites dans la roche, de remarquables gravures rupestres. Dans le cadre de la valorisation des ressources faunistiques de la réserve, la composante ECOFAC Gabon développe un éco-tourisme contrôlé dans la zone de contact forêt-savane. Compte tenu de la présence dans la même zone de nombreux sites archéologiques et remarquables gisements d'art rupestre, il s'avérait indispensable de valoriser le produit archéologique afin d'apporter une nouvelle dimension au volet éco-tourisme. C'est pourquoi,
depuis Avril 1994, plusieurs missions de terrain ont
été effectuées en vue d'initier et de
former le personnel chargé de la gestion touristique
à la notion d'archéologie préhistorique
et ainsi, de valoriser les témoins
archéologiques en créant un circuit de
découverte des gravures rupestres et en reconstituant
un village préhistorique sur l'un des sites
déjà inventoriés. | ||||||||||
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Formation et contexte culturelEn ce qui concerne la présence de l'homme préhistorique et de ses nombreuses manifestations matérielles, nous avons surtout favorisé son étude au cours de la période de l'holocène, c'est-à-dire de 10.000 ans à nos jours. Suivant le canevas chronologique établi à partir de la synthèse des travaux menés dans cette région depuis plus d'une décennie, nous avons initié les agents aux périodes culturelles et à leur succession dans l'échelle des temps. Ce cadre chronologique s'établit de la manière suivante par rapport au présent (BP = Before Present) :
Afin de sensibiliser
les agents à leur riche patrimoine
archéologique, leur formation s'est souvent
déroulée sur le terrain en visitant les
nombreux gisements préhistoriques de la
réserve ; dans un deuxième temps ils ont pris
une part active à la fouille de sites de l'âge
du fer et aux relevés des gravures rupestres. |
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Valorisation du produit archéologiqueLa mise en valeur du produit archéologique est devenue un objectif majeur du volet éco-tourisme, et pour cela, nous avons aménagé un circuit pédestre de découverte des gravures rupestres et débuté la construction d'un village préhistorique. Le circuit des gravures rupestres de DodaDepuis le débarcadère de l'hôtel de la Lopé, après un parcours en pirogue sur le fleuve d'environ quarante minutes d'une navigation entrecoupée de biefs calmes et de larges rapides, on accoste à une petite savane sur le site rupestre de Doda. Le circuit rupestre se développe en fonction de la distribution des rochers gravés dans les paysages d'une mosaïque savane/forêt-galerie. Chaque rocher est pourvu d'un panneau explicatif qui comporte un petit texte avec un plan détaillé du relevé des gravures. La visite du circuit est évidemment expliquée et menée par les "archéoguides". Le premier rocher montre les représentations de couteaux de jets, caractéristiques par la forme ovale de la lame et le manche pourvu d'un ergot ; le second propose des figures relevant du monde animalier gravées à plat comme les peaux tannées. Le troisième rocher est très particulier par ses formes géométriques avec des figures ovales piquetées et des cercles concentriques. Le sentier entre alors dans une galerie forestière et se transforme en sentier botanique ; à sa sortie on atteint le rocher qui supporte la figure gravée la plus spectaculaire du sentier, une forme très symbolique d'un lézard à six pattes. Les trois rochers suivants proposent encore des couteaux de jets, un très bel ensemble de figures de lézards et une représentation gravée du soleil avec ses rayons. Le sentier gravit les pentes d'une colline en savane pour atteindre un superbe point de vue sur la vallée de l'Ogooué ; il descend vers le fleuve pour aboutir sur le rocher d'Ibombi qui révèle une superbe séquence gravée de huit figures zoomorphes disposées côte à côte. Cet art rupestre de
plein air n'est évidemment pas directement datable
mais l'analyse des procédés techniques
d'exécution et la typologie des figures nous
permettent manifestement de le rattacher à
l'âge du fer ancien (2.500-1.900 BP). |
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Reconstitution du village préhistorique de DambalaCette reconstitution est un essai ethno-archéologique car le petit village "préhistorique" de Dambala est tout d'abord une présentation de structures d'habitats construites comme certaines l'étaient encore dans un passé récent. L'utilisation du milieu forestier est maximale, s'appuyant sur les lianes, les bois, les écorces et les feuilles de maranthacées. L'édification de ces structures végétales très différentes dans leur conception, permet aux touristes d'apprécier la diversité des formes et des procédés techniques de construction. Afin de rendre cet ensemble plus cohérent, la zone centrale devant les huttes a été aménagée avec la mise en place de foyers domestiques, d'un rocher polissoir, d'une grande dalle à cupules, de mortiers et de meules dormantes. Etant donné que ce petit village est établi sur un site de l'âge du fer ancien, les touristes peuvent également observer les restes de plusieurs fours de fonte du fer datés de 2.500 ans BP. Toujours dans le cadre de la valorisation du produit touristique de la réserve de la Lopé, un atelier de forge traditionnel et un écomusée vont prochainement voir le jour ; certaines vitrines consacrées à la préhistoire présenteront divers objets en pierre taillée ou polie et des poteries laissées par les groupes culturels qui se sont succédés dans cette région depuis 10.000 ans. Mais afin de mieux connaître les techniques de fonte des métallurgistes qui ont vécu dans cette région il y a environ 2.000 ans, nous avons construit un four de réduction de fer que l'on va rendre très prochainement fonctionnel. Il est indéniable que le produit archéologique apporte une nouvelle dimension pour l'éco-tourisme de la réserve de la Lopé. Il faudra le diversifier en créant de nouveaux circuits ; à ce sujet, l'importante zone de métallurgie de Lélédi (18 km2), découverte dans la forêt sempervirente au centre de la réserve, pourrait constituer la prochaine étape d'un circuit de vision qui permettrait de sensibiliser les gens à la relation fondamentale qui existe entre l'homme et son milieu.
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Richard Oslisly ECOFAC Gabon |