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Céphalophe bleu(C.
monticola) avec collier
émetteur
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RFO : ces
céphalophes au collier
.........
La pose du premier collier
au cou d'un céphalophe rouge
(Cephalophus
weynsi) dans la
forêt de l'Ituri en janvier 1991,
marque le début du «Projet
Céphalophes», une étude
d'un remarquable groupe de
mammifères, parmi les plus
importants éléments de la
faune forestière africaine, tant
sur le plan économique
qu'écologique.
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Limitées
dans leur distribution au continent africain,
à peu près 16 espèces (le
statut systématique de certaines
expèces n'est pas encore réellement
tranché) de céphalophes sont connues
aujourd'hui. A l'exception du céphalophe de
Grimm (Sylvicapra grimmia) qui occupe la savane,
toutes les espèces de cette famille sont
associées aux habitats boisés, la
majorité d'entre elles étant
limitées à la zone forestière.
Et dans la plupart des pays d'Afrique centrale, on
peut dénombrer jusqu'à six
espèces de céphalophes cohabitant
dans une même forêt.
Adaptées par
excellence aux habitats forestiers, ces antilopes
présentent le même museau large, avec
des glandes préorbitales, un dos bas et
arrondi, des cornes courtes, étroites et
orientées vers l'arrière. Le poids,
suivant l'espèce, varie entre 5 et 60 kg.
Aucun autre ongulé forestier n'a connu un
tel niveau de spéciation sur le même
plan morphologique. La similarité
remarquable d'apparence de plusieurs espèces
crée des difficultés de
détermination, surtout sur le terrain
où l'observation est souvent limitée
à un bref contact avec un animal rouge, de
la taille d'une chèvre, qui croise votre
chemin et se jette dans les fourrés du
sous-bois, disparaissant instantanément de
la vue !
Les
céphalophes suivent un régime
alimentaire adapté à une vie
forestière. Ce régime est
dominé par les graines, les fruits et les
champignons. Les feuilles, base de la nourriture de
la plupart des ongulés domestiques, comme
les chèvres et les vaches, ne constituent
qu'une infime partie du fourrage consommé
par la plupart des espèces de
céphalophes. Ces derniers ne broutent pas :
ils ramassent les fruits et les graines
tombés à terre. Et comme frugivores,
les céphalophes présentent des
comportements spéciaux comme l'habitude de
suivre les troupeaux de singes afin de recueillir
les restes de fruits et graines jetés par
les primates. Les graines de certains fruits
avalés, résistantes à la
mastication et à la rumination, sont ainsi
ingurgitées et dispersées. Parmi les
principales essences répandues par les
céphalophes dans l'Ituri, on distingue le
Ricinodendron
heudelotti,
l'Irvingia
grandifolia, et le Donella pruniformis.

C. leucogaster:
étude d'alimentation en
captivité
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Les six
espèces rencontrées dans la
forêt d'Ituri montrent une
variabilité assez frappante dans
leur comportement et vie sociale.
Les céphalophes à dos noir
(C.
dorsalis) et les céphalophes
à dos jaune (C.
sylvicultor) sont nocturnes et
solitaires.
Les céphalophes bleus
(C.
monticola) et les céphalophes
rouges (C. weynsi) sont, en
revanche, diurnes et nettement
sociaux.
Ces derniers se présentent souvent
en groupes de 3 à 5 individus et
occupent des aires de 30 à 50 ha.
Deux autres céphalophes diurnes
sont connus pour leur occupation
d'habitats particuliers. Il s'agit du
céphalophe à front noir
(C.
nigrifrons) vivant dans les endroits
marécageux, tandis que le
céphalophe à ventre blanc
(C.
leucogaster) occupe des domaines vitaux
très vastes avec des
déplacements nomadiques.
Dans certaines parties de la forêt
de l'Ituri où abonde la nourriture,
les densités de céphalophes
peuvent atteindre 45-50 individus par km2.
Elles sont réduites dans les
forêts monodominantes à
Gilbertiodendron
dewevrei. Certaines espèces,
comme le petit céphalophe bleu,
peuvent persister dans une situation de
chasse intensive, mais ce même
niveau de chasse peut menacer d'autres
espèces plus vulnérables
comme le céphalophe à dos
jaune.
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Chassés de
partout dans la zone forestière, les
céphalophes constituent la plus importante
source de gibier actuellement exploitée en
Afrique centrale. Des centaines, voire des milliers
de tonnes de viande de gibier arrivent chaque
année sur les marchés de la plupart
des villes des pays de cette région. La
commercialisation de la chasse a pris des allures
gigantesques. L'impact de cette chasse sur les
populations de céphalophes n'est pas encore
connu scientifiquement, mais tout laisse croire que
celles-ci, bien que pas encore menacées, ne
tarderont pas à le devenir si on ne tente
pas de contrôler les activités de la
prédation... humaine.
Les données
accumulées pendant plus de trois ans dans la
RFO permettront de dégager des informations
qui aideront certainement les gestionnaires
à mieux assurer la protection ou maintenir
un niveau soutenable d'exploitation de ces
ressources en faune. Des études doivent
être effectuées par des équipes
de socio-économistes afin de disposer d'une
vision globale de l'impact des
prélèvements sur les populations
existantes.
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Taille
|
Espèce
|
Poids (kg)
adulte
|
Activité
|
Habitat forestier
|
Vie sociale
|
|
petite
|
C. monticola
|
4,5
|
diurne
|
terre ferme
|
couple avec jeune
|
|
moyenne
|
C. nigrifrons
|
13
|
diurne
|
marécage
|
femelles : territoriales,
mâles : hiérarchie de
dominance
|
|
C. leucogaster
|
16,5
|
diurne
|
terre ferme
|
solitaire ou couple
|
|
C. weynsi
|
17,5
|
diurne
|
terre ferme
|
groupe de 4/5
|
|
C. dorsalis
|
22,5
|
nocturne
|
terre ferme
|
solitaire
|
|
grande
|
C. sylvicultor
|
55,5
|
nocturne
|
terre ferme
|
solitaire
|
John Hart & Robert Mwinyihali
Kalebo
CEFRECOF,
RFO Epulu via Bunia Zaïre.
P.o. BOx 21285
Nairobi - Kenya
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