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Focus sur
... le projet Mont Cameroun
Le
Mont Cameroun se trouve sur la faille
géologique sur laquelle les continents
d'Amérique du sud et d'Afrique se sont
séparés il y a des millions
d'années. Plusieurs montagnes volcaniques se
sont formées le long de cette faille,
notamment les îles atlantiques de Annobon,
São Tomé, Príncipe et Bioko,
et sur le continent les monts Cameroun, Manenguba
et Oku. Le Mont Cameroun (4.095 m) est la plus
haute montagne d'Afrique de l'ouest et est toujours
en activité, la dernière
éruption datant de 1982.
Le Mont Cameroun
est un site écologiquement remarquable. La
pluviométrie très
élevée (plus de 15 m à Cap
Debunscha sur la côte !) a mitigé les
effets des périodes sèches durant les
dernières glaciations, permettant une
couverture forestière continue durant des
dizaines, voire centaines, de milliers
d'années. L'ancienneté de ces
forêts, ainsi que leur isolement et leur
gamme de formations végétales entre
200 et 2.500 m d'altitude, a permis une
spéciation étonnante de plantes. A ce
jour, 23 espèces de plantes
endémiques ont été
enregistrées dans la zone forestière,
de nouvelles espèces étant
découvertes chaque année. 19 autres
espèces endémiques de plantes ont
été identifiées dans les
prairies ventées au-dessus de la zone
forestière, au-delà de 2.500 m
d'altitude.
Une dizaine
d'espèces d'oiseaux sont endémiques
et parmi les moyens et grands mammifères, on
peut citer quatre espèces rares de primates
(Cercopithecus lhoesti, C. erythrotis, Mandrillus
leucophaeus, Pan troglodytes), 2 antilopes
(Cephalophus sylvicultor, C. ogilbyi) et
l'éléphant de forêt
(très peu nombreux du fait d'un braconnage
intense). Peu d'amphibiens sont connus, à
cause des sols très poreux ne retenant
presque pas d'eau au dessus de 1.000 m,
malgré la pluviométrie
élevée. Pratiquement aucun travail
n'a été réalisé sur les
insectes, qui peuvent représenter plus de
80% des espèces des forêts
tropicales.
Dans les
années 80, il avait été
proposé d'établir une aire
protégée sur le flanc sud de la
montagne, afin d'augmenter la superficie de
forêt protégée par la
Réserve de la forêt de Bambuko sur le
flanc nord-ouest, et la Réserve de la
forêt de Mokoko, à basse altitude
à l'ouest (voir carte). Ce projet ne s'est
jamais concrétisé.
En 1986, un
programme d'appui au Jardin Botanique de
Limbé, au pied du Mont Cameroun, a
été initié avec un financement
de Overseas Development Agency (ODA -
Grande-Bretagne). Le Jardin Botanique a
été réhabilité et est
redevenu le lieu attractif et fonctionnel que l'on
voit aujourd'hui. Parallèlement des
inventaires ont été
réalisés, et le programme
réintroduit l'idée de la mise en
place de deux nouvelles aires
protégées par un processus de
concertation avec les communautés
locales.
Les
créations proposées concernent
Etinde, du nom du sommet du Petit Mont Cameroun
(1.713 m), et Mabeta-Moliwe à
côté de la ville de Limbe. Mais
fin1993, le processus législatif de
création des réserves a
été interrompu. L'année
suivante un atelier de planification a
été organisé, auquel ont
participé le gouvernement, les ONG, les
chefs coutumiers et les communautés locales,
afin de discuter de l'avenir du projet. Les
conclusions recommandant le développement du
volet conservation, le gouvernement du Cameroun a
lancé un programme de conservation de trois
années en collaboration avec l'ODA, la GTZ
et le GEF-Cameroun. La zone d'intervention du
projet couvre environ 2.500 km2, dont 750 km2 de
forêt.
Comme la plupart
des projets de conservation, le Projet Mont
Cameroun met l'accent sur la prise en compte des
besoins et intérêts des
communautés locales dans la planification et
l'exécution d'activités de gestion
forestière. Cette nouvelle approche demande
une démarche prudente car des
intérêts divers sont en jeu. Par
ailleurs, la relation entre les activités de
développement des communautés
locales, d'une part, et l'amélioration de la
protection de l'environnement, d'autre part, n'est
pas bien connue. Les premières étapes
nécessitent un climat de confiance mutuelle,
le développement d'une capacité
«d'écouter» et la mobilisation des
communautés pour prendre des initiatives
d'aménagement dans le cadre de la nouvelle
législation forestière.
Des informations
sur les ressources animales et
végétales des zones peu connues
doivent également être
collectées, cette information biologique
venant complémenter des données
provenant des foyers, exploitations agricoles et
marchés pour permettre une évaluation
des produits forestiers nécessaires pour les
activités de subsistance et commerciales.
Ces études, combinant une approche
scientifique classique d'inventaire avec une
cartographie et évaluation de ressources
villageoises, devraient aboutir à des
propositions de développement communautaire
évitant la surexploitation des ressources
forestières précieuses.
Les interventions
au niveau des exploitations villageoises
prévoient la culture d'espèces
appréciées par la population, telles
que le manguier sauvage (Irvingia gabonensis) et
l'arbre médicinal Prunus. A travers son
programme «Conservation par la culture»
le Jardin Botanique de Limbe a
développé des techniques de
multiplication rapide afin de répondre
à la demande des villageois et citadins pour
ces produits fortement appréciés. Par
ailleurs l'expertise et les infrastructures
existantes sont autant de ressources nationales et
régionales de formation.
Des stages sont
actuellement proposés sur les thèmes
de technique de multiplication
végétale, taxonomie botanique,
gestion d'herbiers, et ethno-botanique.
De plus, Limbe est
l'endroit idéal pour des ateliers
régionaux ou des petites conférences
grâce à son accès facile,
l'hôtel sur la côte et la
disponibilité de bureaux au sein du Jardin
Botanique.
Contact: Le Directeur, Mount
Cameroun Projet, P.O. Box 437, Limbe, SW Cameroun.
Fax: 00 237 33 24 93, Tel: 33 26 20
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