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Les
derniers résultats d'étude sur la chasse
villageoise dans la réserve de faune du Dja
démontrent des prélèvements à
l'intérieur de la réserve mettant en
péril la pérennité de cette
activité à court ou moyen terme |
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Les observations et enquêtes ont mis en évidence que, comme dans de nombreuses zones à faible densité de population, subsistent dans le Dja :
Par ailleurs, la main d'oeuvre disponible globale est pratiquement une constante au niveau des villages de la périphérie et, du fait des restrictions à la circulation des allogènes, non extensible. L'activité est donc étalée au cours de l'année, alternativement composée, selon les saisons, de productions vivrières, de chasse commerciale et de cultures de rente (café et cacao). En adoptant la stratégie de valoriser les techniques à haute intensité de main-d'oeuvre (HIMO) et l'utilisation de matériaux locaux, on réalise à moindre coût les ouvertures de pistes et la mise en place d'infrastructures nécessaires au développement de la zone tout en formant et employant un maximum de personnes, organisées en groupements, encadrées dans un premier temps par le projet. En calant les travaux sur la période de la chasse, on exacerbe la concurrence entre les activités rémunératrices possibles : chasse et infrastructures. Le choix est
rapidement fait car tout en maintenant des coûts de
revient très compétitifs, le travail est mieux
valorisé dans les travaux d'infrastructures
proposés (± 2.000 FCFA/jour) que par la chasse
(± 900 FCFA/jour selon les études
réalisées par ECOFAC au Dja). |
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Le choix de la période de chasse pour effectuer les travaux est impératif, même si le programme d'infrastructures doit prendre du retard, afin de ne pas favoriser une activité au détriment des cultures vivrières ou de rente que la composante souhaite au contraire développer comme alternatives durables. Tout ceci paraît bien théorique mais le constat est qu'à Ekom, un village de la périphérie du Dja où un groupement d'artisans a été formé, la construction de deux logements se poursuit avec des gens qui habituellement sont en forêt à cette date. Comme ils n'assurent plus une présence suffisante dans la forêt pour empêcher ceux de Djapostem, un village voisin, de pénétrer sur leur terroir de chasse, ils demandent maintenant l'intervention du conservateur de la réserve pour les repousser. Ainsi, non seulement le contrôle se fait à la demande des populations résidentes, mais l'impact sur la chasse est important. Ce qu'il est primordial de considérer, c'est que sur les 35 millions mensuels investis par ECOFAC dans la réserve de faune du Dja (RFD), 10 sont des salaires, 10 des contrats de services ou tâcheronnage, et 15, la part d'intrants extérieurs irréductibles tels que gas-oil, essence, pièces de tronçonneuses, de motos, de véhicules, etc. Ce sont donc 60% du coût de l'intervention qui sont rétrocédés dans l'économie locale ! En outre, ECOFAC raisonne en termes de recyclage des liquidités injectées dans l'économie locale. Quand un écogarde, bénéficiant d'un salaire payé par ECOFAC, achète du plantain, il permet à un villageois d'acheter du pétrole mais aussi de refaire les nattes de sa maison ou de payer un frère pour l'extension de sa plantation. Ceci nous donne une
masse monétaire en circulation qui n'existait pas et
qui permet une dynamique exceptionnelle dans la reprise des
anciennes plantations, dans le vivrier, la construction et
maintenant la préparation de pépinières
de palmiers à huile. |
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Tout ceci peut-il durer au-delà du financement ECOFAC, par lequel tous les villages ne sont d'ailleurs pas également concernés ? Examinons alors les étapes successives de l'intervention d'ECOFAC et ce qu'il en découle dans la pratique. En premier lieu, des postes avec logements sont implantés dans une quinzaine de points de passage importants. Grâce aux travaux lancés à Ekom par exemple, la chasse commerciale y est réduite; cette moindre pression de chasse ne peut être compensée par l'activité de chasse d'un village voisin qui pour les mêmes raisons de saturation de son temps de travail disponible ne peut augmenter un effort de chasse déjà maximisé. C'est donc, dans un premier temps, un bénéfice net pour la conservation de la RFD. Le bénéfice de ces interventions est partiellement réinvesti dans des activités de production qui prendront un relais durable, notamment avec les cultures pérennes. Parallèlement, la mairie de Messamena, ville de la périphérie du Dja, se propose de faire réaliser le lycée technique par Gama Bâtiment, le groupement d'artisans encadré par ECOFAC. La scierie Pallisco, qui commence à raisonner en termes d'investissements durables, se propose d'acheter briques et tuiles aux groupements d'artisans producteurs. La formule n'est donc pas forcément provisoire. D'autant qu'en excluant la main-d'oeuvre du coût d'une maison de trois chambres, salon, cuisine, soit 90 m2 couverts, reste une somme irréductible de 500.000 FCFA (les intrants), ce qui a donné l'idée à la composante de constituer une sorte de mutuelle associant contractants et salariés pour la construction de logements, les membres apportant leur main d'oeuvre spécialisée ou non, pendant leur temps libre, avec un financement similaire au fonctionnement d'une bonne tontine. Ainsi la répartition d'activités dans le temps, d'une part, et sur la périphérie de la RFD d'autre part, nous permet de modifier considérablement le choix des villageois initialement en faveur de la chasse commerciale et de montrer l'efficacité d'une alternative économique dans un milieu où il n'y a pas de grandes possibilités de migrations internes. Les perspectives à moyen terme sont soutenues par :
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Cet ensemble est permis par le coût extrêmement compétitif des travaux et accéléré par l'importance des retombées directes et indirectes. Ainsi, en achetant du bac-alu à 3.700 FCFA le m2 et en comptant 300 FCFA de pose, il y a 300 FCFA de retombées locales; par contre, en produisant la même surface en tuiles de ciment vibré à 2.400 FCFA et en ajoutant 400 FCFA de pose, il n'y a que 500 FCFA de ciment, ce qui restitue pratiquement 2.300 FCFA dans l'économie locale ! Conclusion, il est possible de concilier développement rural et conservation, du moins actuellement, mais avec de bonnes perspectives de viabilité, car entre-temps la composante prospecte d'autres voies. Sont ainsi examinés le développement d'une action durable en matière de formation et les retombées locales que cette activité peut rapporter, les aménagements de forêts communautaires et l'insertion des Bakas dans l'appui aux opérations sylvicoles ou de recherche, mais aussi probablement des retombées sur le rotin, les plantes médicinales et bien sûr l'agriculture. Sans compter tout ce qui reste à explorer!
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d'après un texte de Jean-Paul
Vautherin |