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Liens vers autres
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![]() scierie pirate sur les rives du fleuve Congo Le sciage artisanal du bois est une activité dont le rôle économique, voire social, est loin d'être négligeable. Le Congo, pays de forêts (couvrant 60% du territoire national) mais aussi de savanes, a vu s'installer dans sa partie septentrionale des entreprises concessionnaires (SCBO, SOFORIB, SOCALIB, SFAC, CIB, SFIS, SFAC, FNC, etc.) dont l'objet principal est l'exploitation de quelques espèces de valeur : Sapelli, Sipo, Ayou, Acajou, Anigre, Kambala, Etimoe, etc. Les troncs sont évacués pour l'exportation par le fleuve Congo, passant par le port à grumes ATC de Brazzaville. Tout au long du parcours fluvial, nombreuses sont les pertes mais aussi les détournements intentionnels de billes. Car si certaines billes s'échouent naturellement, d'autres sont détachées des radeaux par des conducteurs peu scrupuleux de bateaux micro-pousseurs (moyennant 80.000 ou 100.000 FCFA) qui alimentent les scieries qualifiées de «pirates». La récupération de ces billes de bois dérivant au fil de l'eau engendre toute une activité représentant souvent des opérations très laborieuses. La première d'entre elles consiste à repérer les grumes entre deux eaux. Les services de plongeurs sont utilisés qui, d'une pirogue, sondent l'eau avec une pierre attachée à l'extrémité d'une ficelle. Quand la pierre
touche un obstacle, l'un d'entre eux plonge pour
vérifier s'il s'agit bien d'une bille. Dans
l'affirmative, une équipe de sept à neuf
plongeurs bataillant pendant cinq à huit heures,
quand ce n'est pas deux ou trois jours, est
nécessaire pour ramener et extraire la bille de
l'eau. | ||||||
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Celle-ci est ensuite vendue à des scieurs artisanaux installés sur les bancs de sable du fleuve Congo (en l'absence de crues d'eau) ou dans des campements à proximité de Brazzaville. Quand le bois se fait rare sur les bords du fleuve, ces scieurs artisanaux vont s'installer avec ou sans autorisation de l'administration forestière, dans les lambeaux de forêts ou dans les forêts-galeries situées au nord de Brazzaville (forêt de Mâh, Invouba, PK 45, Léfini...) pour abattre les arbres et les scier sur place, sous couvert d'une autorisation du chef coutumier se négociant en général contre une dame-jeanne de vin rouge et une somme de 25.000 FCFA ! Ceci contribue à la destruction accélérée de nos forêts qui abritent une multitude d'espèces animales et végétales. A en croire les artisans, ce sciage a commencé au cours des années 80 avec les Zaïrois qui demeurent les principaux machinistes (70% du total). Le nombre de scieurs, insignifiant au départ, a augmenté au vu des gains que leur apporte le sciage artisanal. C'est ainsi qu'environ 95% des patrons sont Congolais (pour la plupart des jeunes sans emploi, quelques retraités et fonctionnaires), tandis que le reste des patrons se compose de Sénégalais, Maliens et Zaïrois. Les scieries
artisanales n'ont pour équipement de base qu'une
tronçonneuse reliée à un guide qui
soutient le déplacement de la chaîne en sens
horizontal. En l'absence d'huile de vidange, les scieurs
emploient de l'huile de palme pour graisser la
chaîne. |
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Après sciage, les produits obtenus des 54 billes observées en six mois (bastaing, 73,91% ; chevron 4,58% ; madrier 9,06% ; latte 2,35% : montant 9,73%) sont rapidement écoulés sur le lieu du sciage ou dans les dépôts intermédiaires ou définitifs. Brazzaville étant une ville en expansion, la demande de matériaux pour des produits obtenus du sciage artisanal est importante car ceux-ci sont vendus sur le marché local à des coûts bien moindres que les produits des scieries industrielles. Soucieuses, les autorités en charge de ces problèmes (en particulier les responsables des Eaux et Forêts, de l'ATC-VNPTF, de la police, de l'armée et les représentants d'entreprises forestières) ont tenu plusieurs réunions dans le cadre d'une réflexion sur la légalisation potentielle des activités de sciage artisanal. Malgré les décisions prises par ces responsables au cours de ces réunions (installation de postes de sécurité dans le port à grumes et le long du fleuve Congo, saisie de matériel de travail, patrouille des gardes-frontières, etc), l'activité persiste. Dans le contexte économique actuel, il apparaît que l'activité de sciage artisanal joue un rôle social, permettant à la fois des créations d'emplois, mais aussi l'acquisition de matériaux de construction à des coûts moindres pour une partie de la population ne pouvant envisager l'achat de matériaux aux prix pratiqués pour les produits industriels. Cette activité parallèle et informelle représente toutefois un manque à gagner pour les sociétés forestières, mais également pour l'administration des Eaux et Forêts. Elle engendre aussi une destruction du massif notamment autour des centres urbains déjà bien touchés par la déforestation. Il apparait nécessaire qu'une réflexion se mette en place, avec tous les acteurs concernés, afin de parvenir à une proposition de législation garantissant les différents intérêts économiques de part et d'autre, mais aussi ceux, moins quantifiables, de l'environnement.
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Alain Noël AMPOLO & Alain Charles BITA WCS/Projet Nouabalé-Ndoki extrait du rapport «la transformation
artisanale du bois et la commercialisation des débits
à Brazzaville» |