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Pour
les tortues marines, les îles du golfe de
Guinée représentent des lieux de ponte d'une
extrême importance en Afrique. Des quatre îles,
Bioko est probablement la plus importante en termes de
nombre d'espèces et nombre d'individus. |
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Liens vers autres
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Quatre espèces viennent pondre sur ces plages : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue caret (Eretmochelys imbricata), la tortue bâtarde (Lepidochelys olivacea) et la tortue luth (Dermochelys coriacea). En juin 1995, le programme de «conservation et éco-développement des Hautes Terres du sud de Bioko» a été initié par l'ONG espagnole Asociación Amigos de Doñana, en collaboration avec les autorités guinéennes. Parmi les objectifs du programme, la conservation des tortues marines est une priorité. Bien que la chasse à la tortue soit illégale en Guinée Equatoriale (loi 8/1988 réglementant la chasse dans les aires protégées, et décret 183/87 réglementant la pêche), aucune mesure avant la mise en oeuvre de ce programme n'avait jamais été prise pour contrôler l'exploitation des tortues. D'après les informations dont nous disposions au début de nos travaux, on estimait que, chaque année, environ 400 à 500 tortues vertes étaient tuées à Bioko, principalement par les habitants d'Ureka, un petit village dans la partie sud de l'aire protégée. Le prix d'une tortue verte variant en moyenne entre 25.000 et 35.000 CFA, on estimait un revenu annuel de 12 à 15 millions CFA pour le village. Cette activité est l'unique source de revenus pour les villageois d'Ureka. De plus, les oeufs des quatre espèces sont consommés localement. L'écologie des
tortues marines a ceci de particulier qu'une tortue revient
inévitablement pondre sur la plage où elle est
née. | ||||||
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Les prélèvements importants qui semblent avoir lieu au sud de Bioko menacent donc à court terme les populations de tortues de l'île, et nécessitent la mise en place de mesures de conservation par :
Les activités du programme sur le terrain ont démarré en octobre 1995. Sur l'île de Bioko, la saison de ponte des tortues marines est d'octobre à février. L'objectif principal de cette première saison fut de contrôler l'exploitation des tortues vertes. Cette espèce pond essentiellement sur 8 km de plages dans la partie ouest de la zone. Un accord fut établi avec les habitants d'Ureka pour protéger un peu moins de 3 km de ces plages (les plages Moraca). Un campement fut installé dans la zone et une équipe de 4 à 5 personnes effectua un contrôle continu des plages de mi-novembre à mi-février. Des recensements nocturnes furent réalisés à 20 h, 1 h et 5 h. Le nombre de tortues vertes capturées sur les autres plages pour la vente sur le marché de Luba fut contrôlé. Un manque de personnel qualifié empêcha de marquer les femelles venant pondre sur les plages. Les données obtenues au cours de cette première saison fournissent des indications sur l'importance de la population et la pression de chasse exercée par l'homme. Au total, 247 visites de tortues vertes ont été enregistrées sur les 3 km des plages Moraca (une femelle peut visiter la plage plusieurs fois dans la saison), et 126 nouveau-nés observés. 75 visites de tortues luths, 11 de tortues carets et 6 de tortues bâtardes ont été enregistrées. Au marché de Luba, c'est 60 tortues vertes qui ont été vendues. Ces chiffres suggèrent que le nombre, cité précédemment, de 400 à 500 tortues vertes capturées annuellement sur les plages du sud de Bioko est peut-être surestimé par les villageois d'Ureka. Nous pensons que le nombre annuel de tortues venant pondre sur les plages est en diminution, et ce, en tenant compte des variations naturelles pouvant exister d'année à année . D'après les villageois d'Ureka, les tortues étaient moins nombreuses cette saison que précédemment. Au cours de la saison prochaine, le programme envisage d'assurer la protection totale de tous les individus et oeufs. Un système de paiement de l'équivalent de la valeur sur le marché de chaque tortue trouvée mais pas tuée sera mis en place, ainsi qu'un système d'échange d'aliments et produits de première nécessité pour la non-consommation des oeufs. La mise en place d'un économat est actuellement en cours et l'on souhaite promouvoir l'éco-tourisme dans la zone. Enfin, le nombre d'habitants d'Ureka travaillant sur le projet sera augmenté.
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Juan E. Garcia Asociación Amigos de
Doñana |