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Liens vers autres
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La présence des tortues marines dans les îles du golfe de Guinée et plus particulièrement dans l'archipel de SãoTomé e Príncipe est un fait certain. Plusieurs espèces s'y reproduisent et viennent chaque année pondre sur les plages de sable fin. Les plus communes sont :
Plus rares, mais régulières, sont les espèces suivantes :
Inquiété par la prédation dont elles sont l'objet, le programme ECOFAC a réalisé, de novembre 1994 à juillet 1996, en collaboration avec un volontaire du Peace Corp, Dave Graff, un programme d'étude et de protection. Au cours de cette période, de nombreuses données de terrain ont été recueillies sur les espèces venant se reproduire, les périodes et lieux de ponte, mais également sur les captures des tortues marines par les communautés de pêcheurs. Il convient en effet de préciser que São Tomé et Príncipe n'a, jusqu'à ce jour, toujours pas ratifié la convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES) et ne dispose d'aucune réglementation nationale en matière de protection des tortues marines. Il ressort de ces premiers travaux que toute plage de sable peut servir de site de reproduction pour les tortues marines. La découverte, en novembre 1995, d'une tortue marine sur une plage au centre de la capitale, ainsi que les pontes sur les petites plages à l'est de la capitale l'attestent. Il se dégage également des données recueillies que la population de tortues marines est en déclin régulier, avec une situation particulièrement critique pour la partie nord de l'île. Il est vrai que la détérioration des conditions socio-économiques du pays, au cours de ces dernières années, a fait monter en flèche les captures, la viande de tortue étant un mets très recherché et apprécié des Santoméens, tout particulièrement lors des fêtes de fin d'année. L'absence de
législation n'arrange en rien les choses lorsque l'on
sait qu'une tortue de taille moyenne rapporte
l'équivalent de 4 à 5 fois le salaire mensuel
d'un travailleur agricole (prix d'une tortue : entre 60.000
et 250.000 dobras selon l'espèce et la taille -
salaire moyen : 15-20.000 dobras). Les oeufs sont
également récoltés et consommés
(50 dobras par oeuf, soit plus ou moins 7.500 dobras par nid
récolté). | ||||||||||||
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Les techniques de capture sont rudimentaires mais particulièrement préjudiciables à la survie des tortues marines. Outre les prises occasionnelles par des pêcheurs et l'utilisation de filets à grandes mailles jetés au large de certaines plages (filets d'attente), la surveillance des plages de ponte se trouve être la technique la plus courante de capture des tortues (50%). Il est clair que cette façon de procéder affecte en tout premier lieu les femelles car elles seules viennent sur les plages. De plus, très souvent, la capture survient avant la fin de la ponte. A moyen terme, la conséquence de cette pratique sera la disparition pure et simple, à São Tomé, des tortues femelles aptes à se reproduire. Sur les plages de Juventude, Governador, Micolo et Gamboa (au nord de l'île), cette méthode de capture est l'affaire de professionnels qui les parcourent régulièrement au cours des nuits propices pour la ponte, d'octobre à janvier, entre le début du premier et la fin du dernier quart de lune, les quelques jours de la nouvelle lune ne semblant pas favorables. Dans un premier temps le programme ECOFAC, s'est attaché à sensibiliser les autorités gouvernementales sur la situation, ainsi que les communautés de pêcheurs. Parallèlement, une proposition de législation a été préparée afin de combler le vide juridique existant. Malheureusement, en attendant l'adoption de cette mesure, la situation continue à se détériorer car la capture des tortues et des oeufs génère des revenus financiers précieux considérant la situation économique précaire de nombre de Santoméens. Compte tenu de
l'impossibilité actuelle du programme de trouver des
revenus de substitution à la capture des tortues et
en attente de l'adoption d'une législation
conservatoire, la stratégie adoptée par ECOFAC
consiste en la protection des nids et des oeufs. |
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La conservation des tortues à São Tomé e Príncipe sera un travail de longue haleine. Tout au long des années à venir, il importera de consolider les acquis en agissant tant en termes de sensibilisation, que de contrôle et conservation. Un contrôle des plages sera mis en place afin de poursuivre la collecte de données sur les sites de ponte, et en collaboration avec les communautés de pêcheurs, limiter la prédation des nids par les chiens errants. La protection des oeufs étant la priorité pour assurer le renouvellement des tortues à São Tomé, les centres de reproduction de Micolo et Porto Alegre seront maintenus, en association avec les pêcheurs environnants. Un autre centre devrait être installé à Santana, au nord de l'île. Si les négociations en cours aboutissent, un autre centre pourrait voir le jour à Príncipe, en partenariat avec un opérateur hôtelier. Au-delà de la protection des oeufs par incubation artificielle, la sauvegarde des tortues marines de São Tomé passera par sa valorisation comme produit touristique. En association avec les communautés locales intéressées par le projet, ECOFAC appuiera l'aménagement et la protection intégrale de plages afin de proposer à des visiteurs le spectacle unique de l'effort fourni par les tortues femelles, en période de ponte, pour déposer leurs oeufs. L'autre
«attraction» qui peut permettre de valoriser la
tortue consiste à faire assister des visiteurs au
lâcher de petites tortues à la mer. Car il
s'agira de monnayer des spectacles, afin de faire en sorte
que la tortue vivante rapporte autant, si ce n'est plus, que
la tortue morte, et ce, pour une bien plus longue
période ! |
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Jacques Rosseel |