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Le massif forestier s'étendant à travers le bassin du Dja au Cameroun, de l'Ivindo au Gabon et au Congo, et de la Mambili au Congo est probablement une des dernières zones forestières intactes d'Afrique centrale, et aussi une des moins habitées (environ 1 hab./km2). Le
développement de l'exploitation forestière
dans cette zone apporte des inquiétudes quant
à la conservation de la biodiversité de ce
massif. Pourtant, sa protection pourrait en faire le "point
zéro" d'une forêt primaire se dégradant
de plus en plus dans le bassin guinéo-congolais. |
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Liens vers autres
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La situation
géographique du site et la présence de
plusieurs aires protégées permettent
d'envisager pour cette zone une approche
écorégionale. Du fait de l'existence de plusieurs aires protégées, la création d'une réserve tripartite apparaît comme un objectif réaliste, que vient de renforcer la création de la réserve forestière de Minkébé au Gabon.
La réserve forestière de Minkébé au Gabon
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Les frontières de la réserve ont été établies de telle manière que les zones de chasse des villages soient situées en dehors de ses limites. Néanmoins, des incursions humaines existent dans la réserve. L'orpaillage, mais également le braconnage pour l'ivoire, se pratiquent dans et autour de la réserve. Minkébé est la plus grande zone protégée au Gabon n'ayant jamais fait l'objet d'une exploitation forestière. Avec le développement rapide de cette activité en Afrique centrale, de telles forêts, intactes, deviennent rares. Il était devenu urgent d'obtenir son classement.
Le projet WWF-Minkébé Depuis la fin des années 80, le WWF collabore avec le ministère des eaux et forêts et du reboisement pour la conservation de la nature au Gabon. Aujourd'hui le WWF, la direction de la faune et de la chasse (DFC), la direction des inventaires, de l'aménagement et de la régénération des forêts (DIARF), et l'Organisation internationale pour les bois tropicaux (OIBT) sont engagés dans l'établissement d'un plan d'utilisation de la forêt de Minkébé (30 000 km2). Ce plan a pour objectif de trouver un équilibre entre l'exploitation forestière, la chasse, et la conservation de la faune et des zones de forêt climacique. Le financement (pour une période de cinq ans) du projet WWF/DFC provient essentiellement de la coopération néerlandaise (DGIS), avec des compléments de la coopération américaine (USAID-CARPE). Le projet, mené en étroite collaboration avec l'administration des eaux et forêts, prévoit, en premier lieu, une reconnaissance de la zone forestière de Minkébé (30 000 km2) vouée à l'exploitation, afin d'établir un schéma global de la distribution de la grande faune, des activités humaines et des activités d'exploitation forestière (en nette croissance dans la zone). ![]() Une fois ce
schéma établi, il conviendra de se concentrer
sur des incitations économiques qui valorisent la
conservation et sur la protection de zones prioritaires. Les
incitations économiques sont variables et peuvent
inclure la chasse sportive, l'écotourisme, et aller
jusqu'à des financements compensatoires pour assurer
la conservation. Parce que le
classement d'une aire protégée ne constitue
pas une mise sous cloche, les perturbations amenées
par l'exploitation forestière en
périphérie d'une aire protégée
seront également appréhendées. |
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La pertinence d'une réserve trinationale
Par le classement des zones intermédiaires, il serait possible de créer une vaste aire protégée trinationale.
Les menaces qui pèsent sur ce site viennent du développement de l'exploitation forestière dans les endroits non marécageux, et de la réouverture imminente de la route Makokou-Belinga-Mvadi, facteur probable d'un développement de la chasse. Les monts de Belinga renferment du minerai de fer mais cette exploitation, localisée, aura des dégâts limités si elle est accompagnée de mesures strictes contre la chasse. Ce contrôle est
possible, témoin en est l'exploitation
pétrolière par Shell dans le complexe d'aires
protégées de Gamba, au Gabon et site d'un
projet WWF-DFC sur financement DGIS.
La forêt est en partie très marécageuse, ce qui diminue le potentiel d'exploitation forestière, mais l'orpaillage massif dans une partie de la zone s'accompagne d'une grande pression de chasse, notamment sur les populations d'éléphants. ![]()
L'intérieur de cette forêt est quasi intact, riche en éléphants et sans piste, peuplé par les pygmées Baka. La petite ville de Ngoïla est un cas particulier au Cameroun : par absence de marché, le prix du gigot de céphalophe boucané n'y coûte parfois que 250 FCFA. La région de Ngoïla est réputée riche en faune, à cause de la pression de chasse relativement faible. Les éléphants se déplacent entre la forêt de Ngoïla et la réserve du Dja (zone de déplacement de Djablé-Makoum), la réserve de Minkébé (zone de déplacement de Lélé) et la réserve de Nki. L'année passée, une compagnie aurifère a réouvert la piste entre Mintom et Souanké (au Congo) avec tous les risques de chasse commerciale et d'intensification de braconnage pour l'ivoire que cela peut entraîner. N'oublions pas que
l'axe Mintom-Djoum est un grand axe de commerce de viande,
atténué par l'action des eaux et forêts
(conservateur et écogardes de la réserve de
faune du Dja, chefs de poste forestier). Le commerce de
viande pourrait dangeureusement s'accroître avec
l'ouverture de la region à l'exploitation
forestière. |
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La création d'une zone protégée côté Cameroun (forêt de Ngoïla-Mintom) et côté Congo (forêt du District de Souanké) renforcerait, en matière de conservation, l'effet de la réserve de Minkébé, potentiellement vulnérable à la chasse transfrontalière. Un certain nombre de complexes de réserves couvrant plusieurs pays existe déjà, notamment le complexe Nouabale-Ndoki/Dzangha-Sangha/Lobéké entre le Congo, la République centrafricaine, et le Cameroun. Ils ont l'avantage d'agrandir la superficie effectivement protégée en créant une entité plus viable et, ce qui n'est pas négligeable, plus résistante à la pression du braconnage. Ainsi, les effets de bordure (par exemple les incursions de chasse villageoise dans la réserve) sont relativement moins importants. Des décisions fondamentales sont à prendre au cours des années à venir pour définitivement protéger cette zone à cheval sur plusieurs frontières. Les administrations des eaux et forêts des trois pays travaillent en collaboration avec plusieurs organismes de conservation : WWF, UICN, WCS, et de nombreux projets (ECOFAC, APFT, ...). Plusieurs bailleurs les assistent : l'Union Européenne, la DGIS (coopération néerlandaise), le GEF, le GTZ USAID/CARPE, etc. Une approche régionale coordonnée s'impose. Les forêts d'Afrique centrale subissent des changements à une vitesse considérable et le défi à relever en matière de conservation représente un enjeu de premier ordre. Une perspective régionale pour la protection de zones forestières, encore intactes, doit être privilégiée. Elle doit s'inscrire dans un contexte de collaboration plurinationale et pluridisciplinaire. Nul doute que nombreux seront ceux prêts à soutenir cette initiative.
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Pauwel De Wachter Conseiller Technique WWF - Projet
Minkébé |
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