Canopée - bulletin sur l'environnement en Afrique centrale

Naissance d'une aire protégée
(annexes)

(Article paru dans Canopée n° 10 - Décembre 1997)


Le concept d'écorégion

L'histoire de Minkébé

La création de la réserve de Minkébé :
un "don à la terre" du gouvernement gabonais

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Le concept d'écorégion

Il s'appuie sur une argumentation scientifique qui considère un ensemble écologique d'une manière globale, indépendant de frontières nationales.

Une écorégion est une large étendue de terre ou d'eau qui présente des associations d'espèces caractéristiques, dans un contexte dynamique et environnemental particulier.

Le concept d'écorégion revêt de nombreux avantages :

  • l'importance de la superficie garantit de préserver les processus d'évolution de l'écosystème et d'échanges géniques de grandes populations animales et végétales;
  • elle maintient également des distances importantes entre les zones habitées, en périphérie, et le noyau de la zone protégée;
  • elle permet aussi un partage des coûts de la conservation entre les différents pays concernés par la zone protégée.

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L'histoire de Minkébé : quand un poste administratif du début du siècle devient réserve forestière

Actuellement, le massif forestier de Minkébé constitue un des plus grands blocs de forêt quasi inhabitée en Afrique centrale. Pourtant, au début du siècle s'y trouvait le poste administratif de Minkébé, à 114 km de Minvoul. De nombreux villages étaient situés le long de la piste Minvoul-Minkébé. On parvenait en vélo à Minkébé ! Mais l'entretien de ce poste était cher, les communications difficiles, et dans les années 30, il fut décidé de l'abandonner. Assez rapidement, la plupart des villages se sont déplacés vers Minvoul. On peut encore trouver dans la forêt les vestiges.

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La création de la réserve de Minkébé :

UN "DON À LA TERRE" DU GOUVERNEMENT GABONAIS

La création de la réserve de Minkébé a été accueillie par le WWF comme un "Don à la Terre", et ceci dans le cadre de la campagne "Ecorégions 200" du WWF, qui médiatise les contributions exceptionnelles à la préservation de notre environnement mondial.

Le WWF a identifié 19 types d'habitats de première importance pour la conservation de la biodiversité. Cette nouvelle stratégie repose sur le concept d'écorégion qui considère que si l'on peut protéger la plus grande variété des habitats de notre planète, on peut alors conserver la plus grande variété d'espèces, en particulier d'espèces les plus menacées, et préserver ainsi le processus évolutif et écologique de la vie.

200 sites (écorégions) ont été classés selon les menaces pesant sur eux : certains sont presque détruits, avec à peine 10% de leur habitat originel préservé et requièrent une action urgente. D'autres écorégions possèdent encore de larges parties intactes qu'il importe de conserver. Trois classifications ont été retenues : critique ou menacé, vulnérable, et relativement stable ou intact.

Le bassin du Congo, fait partie de ces 200 écorégions identifiées comme modèle écologique de première importance pour le maintien de l'évolution sur notre planète. Il a été sélectionné sur la base de critères tels que le nombre d'espèces présentes, le nombre d'espèces endémiques, et la présence de processus écologiques ou d'évolution particuliers. Il est considéré comme encore intact sur sa plus grande surface, bien que certaines zones, notamment sur sa bordure ouest, soient classées zones menacées.

Il importe donc d'agir pour conserver cet écosystème, et ce, dès maintenant.

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