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ECOFAC assure l'aménagement du parc national de Monte Alen en Guinée-Equatoriale. Plusieurs actions ont été entreprises en faveur des populations riveraines, dans la perspective de les associer à la gestion de leurs ressources naturelles. Une
étude réalisée par une anthropologue
permet de relativiser objectifs et réalité. A
la lecture de cet article, une question reste posée:
Qu'est-il raisonnable d'espérer du concept de gestion
participative par rapport à un contexte culturel
intégrant réalités économiques
et ethnozoologiques ? |
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Liens vers autres
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Quelle est la participation de la population à la gestion des ressources naturelles dans le projet de conservation à Monte Alen en Guinée-Équatoriale ? Pour essayer de répondre à cette question une étude a été menée durant l'été 1996, au village de Engong sur la perception par la population du projet ECOFAC. Le parc de Monte Alen se dessine au moment de notre étude comme un triangle montagneux de 80 000 ha, avec un statut de protection intégrale (agriculture permise, chasse totalement interdite) sans plan de zonage défini. Une quinzaine de villages concentrés en bordure de la route Niefang-Evinayong, limite est du parc, se voient directement affectés par l'existence du parc, car c'est à l'intérieur de celui-ci que se trouvent leurs terroirs coutumiers, c'est-à-dire leur espace vital d'exploitation agricole (champs, jachères) et forestière (les zones de pêche et de cueillette, anciens villages où se situent les campements de chasse pour une autoconsomation). Une autre trentaine de villages se situent en périphérie limitrophe du parc, entre les fleuves Uoro et Laña, les deux autres limites du parc. La récente extension de celui-ci accroît la population concernée par ses limites. Au démarrage du programme ECOFAC, l'enthousiasme des populations se justifiait par les perspectives d'emploi qu'accompagnent toute activité nouvel le. ECOFAC fut identifié comme une "entreprise" installée dans leur zone, opportunité d'autant plus séduisante que l'on se situe dans une zone enclavée. Aujourd'hui, parler d'ECOFAC suscite, de la part des villageois, des réactions d'inquiétude et de frustration. La protection intégrale du parc transforme leurs activités économiques de subsistance en actions à risques : dégâts dans les cultures par les animaux, présence d'écogardes, amendes, citations auprès des autorités de district les exaspèrent. A Engong, avant le démarrage du programme ECOFAC, les limites du parc étaient inconnues de la majorité des villageois. L'incompréhension reste totale : on ne comprend pas ce qu'ECOFAC est venu faire. Les populations locales n'ont en fait aucune référence sur le concept de conservation des écosystèmes. De cette incompréhension découle une méfiance qui fait d'ECOFAC un projet de l'extérieur, dont on voudrait connaître les vraies motivations à venir vivre en forêt (" ... vous gardez votre parc parce que vous êtes venus l'acheter !"). L'argumentation de la
protection de la faune reste, aux yeux des villageois,un
mensonge; ils se sentent trompés et ils sont
persuadés que cela dissimule d'autres
intérêts. Ils ressentent le projet comme une
expulsion, et une dépossession de leurs droits,
("... on nous
enlève notre bien, ils amènent leurs projets
sans nous consulter"). | ||||||||
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De ce point de vue, toute action entreprise doit rapporter des bénéfices, même si on ne comprend pas vraiment de quoi il s'agit. C'est dans cette logique qu'aucune crédibilité n'est donnée à l'explication, par des gens venant de si loin, de "garder des animaux". D'ailleurs ces animaux, qui sont la cause des dégâts dans les plantations, n'occupent, dans leur conception de la nature fournisseuse de ressources inépuisables, une place de privilège que dans les marmites. "On nous interdit de tuer des animaux, base de notre alimentation". Ils demandent soit une indemnisation pour les dégâts dans les plantations, soit des limites du parc n'intégrant pas la zone d'activités agricoles du village. Les alternatives à la chasse, basées sur l'élevage d'escargots et d'aulacodes, restent limitées. L'élevage en milieu forestier relève d'une économie à caractère social et rituel (offres à des invités, sacrifices pour célébrations ...) plutôt que de rente. A ce facteur, il faut ajouter la difficulté et les constants soins que cela demande comme activité, alors que les populations forestières évaluent les bénéfices en fonction du coût d'opportunité. En conclusion, si l'on maintient les villages dans l'aire de protection intégrale, il est nécessaire d'organiser le zonage de l'aire protégée en tenant compte de l'espace vital des villages, c'est-à-dire le terroir coutumier (l'aire d'exploitation agricole et l'aire d'exploitation forestière).
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Nieves Cayuela
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