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Liens vers autres
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Le projet d'aménagement forestier dans les savanes côtières du Gabon, lancé en 1987 à Oyane, a pour objectif le développement des techniques sylvicoles en vue de l'aménagement durable de cette zone riche en parcelles d'okoumé (Aucoumea klaineana) pratiquement pures. Matériels et méthodesLe site de l'étude expérimentale d'Oyane est situé près de la côte, à 55 km au sud de Libreville, de l'autre côté de l'estuaire du Gabon. Le climat y est équatorial avec quatre saisons et une moyenne pluviométrique annuelle de 1.880 mm (1990-1994). La «grande saison sèche» est très marquée avec moins de 100 mm de précipitations de juin à septembre. Cette période de l'année est également la plus fraîche, l'humidité atmosphérique est très élevée et le ciel est généralement brumeux. Le paysage est plat ou légèrement ondulé. Les sols sont pauvres, insaturés, et dérivés de matériaux sableux. Les sols de savanes et de forêts sont similaires, les derniers présentant une plus grande teneur en matières organiques en couche de surface. La région est couverte d'une mosaïque de forêt-savane composée de forêt primaire, de forêt secondaire, de marécages, de savanes et de végétation côtière. La forêt primaire, exploitée dans le passé, correspond à la forêt d'okoumé/ozouga avec une canopée largement dominée par Aucoumea klaineana, Sacoglotis gabonensis (ozouga), Erismadelphus exsul, Coula edulis, Xylopia aethiopica et un sous-bois très clairsemé. La forêt secondaire est composée principalement de parcelles d'okoumé qui se sont développées dans des savanes ou issues de la colonisation de zones de cultures traditionnelles. Les savanes sont soit paléo-climatiques et généralement assez étendues, soit d'origine anthropique et plus petites. La région a été assez bien peuplée depuis les temps préhistoriques, mais a été plus ou moins désertée par les habitants lors de la fermeture de la dernière exploitation forestière dans les années 60. L'espèce la plus recherchée au Gabon, l'okoumé, est un arbre dioïque (45-50 m de hauteur et 1,2 m de diamètre). La fructification a lieu chaque année et les graines sont dispersées par le vent jusqu'à 200 m de l'arbre-mère. La germination est rapide et commence immédiatement; les graines n'ont pas de dormance et leur viabilité décroît nettement en quelques semaines. L'okoumé est une espèce qui demande de la lumière pure, qui ne peut se régénérer à l'ombre et qui forme souvent des parcelles d'un même âge en colonisant des zones ouvertes. En 10-15 ans, les parcelles sont structurées avec une strate supérieure faite d'arbres dominants (95% d'okoumé) et une strate inférieure composée d'arbres dominés (okoumé et autres espèces). Les okoumés dominants et dominés sont également organisés en cellules biologiques par anastomoses racinaires. Raison pour laquelle l'espèce parait extrêmement adaptée à la colonisation des zones ouvertes et peut être décrite comme une espèce pionnière à longue durée de vie. Le plan d'expérimentation consiste en 34 parcelles permanentes de superficie, d'okoumé uniquement, réalisées entre 1987 et 1990, de 0,38 à 1,5 ha (totalisant environ 22 ha) et datant de 1 à 55 ans. A l'origine, la plupart de ces parcelles résultent de la colonisation de terrains de cultures. Dans les peuplements jeunes (moins de 10 ans) tous les individus de plus de 1,3 m sont identifiés, numérotés, mesurés en hauteur (jusque 10 m) et/ou en circonférence (³10cm). Dans les parcelles plus âgées, tous les arbres de circonférence supérieure ou égale à 30 cm sont identifiés, numérotés, localisés sur le terrain, affectés à une strate (dominants, codominants, dominés) et reçoivent une note de forme. En 1989, une éclaircie été réalisée dans treize des parcelles et, en 1995, deux parcelles de plus de 50 ans ont été cédées à l'exploitation forestière afin d'étudier la régénération post-exploitation. Pour l'analyse, les parcelles ont été groupées par âge afin d'avoir suffisamment d'individus pour les calculs. Les individus ont été groupés en okoumés dominants, okoumés dominés, et autres espèces pour la même raison. Dans les jeunes
parcelles, comme la structure hiérarchique n'est pas
encore développée, nous avons
considéré que tous les okoumé
sétaient dominants et que toutes les autres
espèces représentatives étaient
dominées (généralement, elles
présentent une croissance plus lente) | ||||||||||
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Résultats caractéristiques des parcellesTrente espèces représentent plus de 90% des individus existant sur toute l'étude et un groupe de onze espèces est commun à toutes les parcelles, quel que soit l'âge. La diversité floristique est minimale dans les parcelles de 20 à 30 ans, les espèces pionnières à courte durée de vie ayant disparu et que les espèces ombro-tolérantes n'étant pas encore établies dans la strate inférieure. La surface terrière totale augmente avec l'âge et se stabilise aux environs de 45m2/ha à 40 ans. Les arbres dominants d'okoumé suivent le même schéma et atteignent 45m2/ha à 40 ans. A partir de 15 ans, la surface terrière des okoumés dominants représente environ 70% de la surface terrière totale, les 30% restants se partageant entre les okoumés dominés et d'autres espèces. La densité
totale d'okoumé décroît avec
l'âge, mais la variabilité entre parcelles est
assez élevée. La proportion des autres
espèces augmente avec l'âge vu que la
forêt secondaire se diversifie mais les
différences ne sont pas vraiment significatives. Une
sorte d'équilibre semble apparaître autour de
40-45 ans avec 400-450 pieds/ha dont 100 sont des
okoumés dominants pour une surface terrière
d'environ 45 m2/ha. |
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Effectifs, mortalité et recrutementsDans une parcelle d'âge homogène provenant d'une régénération naturelle après culture, il n'y a pas de recrutement continu d'individus comme dans la forêt tropicale «normale». L'essentiel du peuplement se met en place un ou deux ans après l'abandon des terrains défrichés, à condition que la parcelle ait été protégée du feu. Au bout de cinq ans, la canopée est fermée et il y a peu de germination additionnelle. A partir de ce stade, la densité change uniquement en tant que résultat de la mortalité naturelle. La parcelle 31 (zone de cultures récemment abandonnée), est un bon exemple d'un tel phénomène : d'un à trois ans, le nombre de jeunes plants de plus de 40 cm augmente de 2.600 alors qu'entre trois et cinq ans le même nombre décroît de 100 à cause de la mortalité naturelle. Le cas d'anciennes savanes est un peu plus compliqué et les résultats préliminaires montrent qu'une petite savane anthropique ou une grande savane paléo-climatique pourrait être colonisée au taux de, respectivement , 50 m ou 10 m en dix ans, à condition d'avoir été protégée du feu. La mortalité naturelle décroît avec l'âge et se stabilise autour de 5-15 tiges/ha/an après 30 ans. La variabilité inter-annuelle est relativement élevée, spécialement dans les jeunes parcelles, souvent à cause d'événements spécifiques localisés tels que la tornade de 1991. Les jeunes parcelles semblent plus sensibles que les vieilles et les parcelles éclaircies plus sensibles que les parcelles contrôlées. Dans des parcelles plus jeunes, la cause de mortalité la plus importante est la destruction de plants par les éléphants (jusqu'à 20% de l'ensemble de la population peut être détruite annuellement, et jusqu'à 30% peut être sérieusement endommagée). Dans les parcelles plus anciennes et non éclaircies, le taux de mortalité naturelle est similaire aux données dont on dispose. Dans toutes les
parcelles, les petits arbres (circonférence de moins
de 0,9 m) semblent mourir beaucoup plus souvent que des
arbres plus grands. Ceci est vrai pour toutes les
espèces et spécialement pour l'okoumé.
La mort d'arbres de plus de 1,5 m de circonférence
semble être un événement rare dans notre
zone (1% de tous les arbres morts). Ceci pourrait
n'être qu'un phénomène temporaire vu
qu'un okoumé peut vivre jusqu'à 150 ans et que
nos parcelles les plus anciennes n'ont que 60 ans. |
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AccroissementsL'accroissement de la surface terrière du peuplement est principalement le fait des okoumés dominants; la croissance de la population d'okoumés dominés est quasi nulle et il n'y a pas de concurrence entre les okoumés dominants et dominés. Par contre, la compétition inter-spécifique peut être relativement forte. L'augmentation normale moyenne du diamètre d'un okoumé dominant est relativement élevée mais décroît avec l'âge : 1,4 cm/an entre 7 et 12 ans par rapport à 1,1 cm/an entre 25 et 30 ans et 0,7 cm/an après 50 ans. Jusqu'à 80 cm et 60 ans, pour un âge donné, les plus gros arbres sont aussi ceux qui grandissent le plus rapidement. Les okoumé dominés et les autres espèces montrent une croissance diamétrale plus faible, 0,1 à 0,25 cm/an. Considérant les données disponibles et uniquement les okoumés, on peut estimer que l'âge moyen théorique d'un individu dominant bon pour la coupe (diamètre>70 cm) dans la région est de 75 ans, mais 75 années supplémentaires seront nécessaires au même arbre pour atteindre 1 m de circonférence. Pour les okoumés dominés, la croissance est quasiment bloquée autour de 40 cm de diamètre. Discussion : comparaison avec le site de la LopéAu centre du Gabon, le site de la Lopé est partiellement couvert d'une mosaïque de forêt-savane très similaire au site d'Oyane. Les savanes sont d'origine semblable (paléo-climatiques , feu, cultures de jachère) et les forêts colonisantes sont dominées par les okoumés et les ozougas. Des comparaisons des résultats actuels montrent que les dynamiques de végétation sont relativement similaires en termes de succession de types de végétation, mais les taux de croissance semblent plus élevés à Oyane. L'absence de forêts à Marantaceae, communes à la Lopé, semble également particulière à Oyane, même s'il n'est pas certain que cette absence soit due à des conditions écologiques spécifiques ou au fait que nos parcelles de forêt monodominantes, plus jeunes que celles de la Lopé, n'aient pas atteint leur phase sénile. En même temps,
la question du statut réel des forêts à
Marantaceae dans la succession occupe le premier plan :
s'agit-il d'une étape normale dans la progression ou
d'une étape régressive due au feu ? |
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Robert Nasi Les
peuplements d'okoumés au Gabon |