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Annexe :
Liens vers autres
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Depuis 1994, à travers son nouveau régime forestier, le Cameroun dispose d'un outil novateur visant une plus grande implication des populations locales à la gestion des ressources naturelles : les forêts communautaires. Celles-ci se traduisent par la reconnaissance d'un droit d'usufruit sur une partie des terres occupées traditionnellement, à condition que des préceptes communautaires soient respectés. Chaque communauté pourrait gérer 5.000 ha de forêt maximum, selon un lien contractuel passé avec l'administration de l'Environnement et des Forêts. Pour diverses raisons, principalement économiques et politiques, cette nouvelle loi n'a pas encore été mise en application au Cameroun malgré l'intérêt évident exprimé par divers bailleurs de fonds, ONG et projets. Ces institutions, préoccupées essentiellement de stratégies de conservation, voient en effet dans les forêts communautaires un outil potentiel d'intégration des populations à leurs objectifs. Après
l'expérience partielle du projet API-Dimako (Cirad),
c'est maintenant sous l'impulsion institutionnelle du CFU
(Community Forestry Unit) implanté à la
Direction des forêts du MINEF que différents
projets se penchent sur les modalités d'application
de cette loi. | ||||||||||||||||||
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Oeuvrant dans cette optique, le programme «Mise en place de forêts communautaires en périphérie nord de la Réserve de Faune du Dja» travaille, entre autres, depuis une année, à la réalisation d'un plan d'aménagement de la forêt communautaire de Kompia (est-Cameroun), au sein de l'ethnie badjoué. Le choix du site d'étude n'est pas innocent en soi. Les études de la composante ECOFAC Cameroun avaient soulevé la nécessité de la gestion de la périphérie de la réserve. Dans une approche plus globale, le programme "forêts communautaires" vise donc la production d'un plan d'aménagement de cette périphérie nord incluant, selon les dispositions du plan de zonage du Cameroun, d'une part de la foresterie communautaire dans les zones à vocation agroforestière, et d'autre part la gestion par l'exploitant forestier de son unité forestière d'aménagement (UFA ). A ce dernier niveau, le rôle du programme s'oriente vers les modalités pratiques de cogestion de l'espace forestier par les communautés, l'exploitant forestier et l'administration. Fort de l'approche «terroir» entamée à Ekom au sein de cette ethnie par le programme ECOFAC (étude du milieu humain, de la chasse et de l'agriculture itinérante badjoué), le programme «forêts communautaires» s'est attaché à la compléter. Le plan
d'aménagement de la forêt communautaire de
Kompia est vu comme la superposition de couches
d'information, vers un aménagement le plus
intégré possible, incluant
particulièrement les réalités de
terrain et les modalités coutumières
d'exploitation de la ressource. |
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Ces couches d'information sont les suivantes :
Les différentes couches d'information successivement superposées, par juxtaposition cartographique, permettent de produire un aménagement par parcelle de la forêt communautaire de Kompia, tel que proposé par le manuel des procédures (MINEF, 1997). Pour chaque parcelle, un plan des opérations, modulé en fonction de la ressource visée, du mode et de l'échelon d'appropriation coutumier, est produit. Chaque action proposée est soumise à l'assemblée villageoise et débattue. Les modalités pratiques de partage des bénéfices dégagés sont actuellement à l'étude. Ils n'excluent pas a priori les solutions mixtes combinant l'exploitation, par la communauté, de surfaces pourtant appropriées individuellement, avec compensation proportionnelle. Le programme travaille en outre sur les filières de commercialisation du bois exploité artisanalement, sur les potentialités réelles des produits secondaires comme alternatives à la chasse commerciale, et sur l'anthropologie générale des Badjoué appliquée à la structuration des comités villageois (notamment la possibilité de s'appuyer sur les structures de régulation coutumières). Le village de Kompia
apparaît donc comme une première tentative dans
la gestion à l'échelle du terroir et de la
communauté villageoise, des ressources
naturelles. |
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W.Delvingt, C. Vermeulen, M. Dethier (Programme «Mise en place de
forêts communautaires en périphérie nord
de la Réserve de faune du Dja »,
DGVIII) |