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Liens vers autres
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Les critères de gestion durable sont conçus par le secteur public. Les entreprises privées ont souvent considéré celui-ci comme déconnecté de toute réalité économique. Cette véritable querelle des anciens et des modernes peut-elle être dépassée ? Exemple. La sensibilité croissante de l'opinion mondiale à l'avenir des forêts tropicales, les conclusions et les pressions de l'expertise internationale, l'engagement des gouvernements vers une gestion durable de leur patrimoine forestier rendent le processus d'aménagement des forêts tropicales inéluctable. Directement concerné par la gestion durable des forêts, l'exploitant forestier doit aussi en être un acteur privilégié. Il est naturellement au contact permanent du terrain et dispose des infrastructures nécessaires à la prise en main des forêts. C'est toutefois avant tout son engagement qui conditionne la réussite de l'aménagement et son suivi. A un processus dont dépend sa survie, sa participation active est la meilleure stratégie. Face à des surfaces de plus en plus restreintes, l'objectif de durabilité est incontournable. S'il fallait donner une définition courte de l'aménagement durable, c'est à travers la notion de prévision qu'il faudrait le faire. Aménager
consiste en effet à prévoir à moyen et
long terme. Mais pour prévoir, il faut
connaître. A ce titre, les inventaires apparaissent
comme le B.A. BA de l'aménagement durable.
Economiquement, les inventaires se justifient et sont
garants de la rentabilité de demain. | ||||||||||
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Ils ont un coût certes, mais permettent au forestier d'adapter ses capacités d'exploitation et de transformation à l'état de la ressource et de trouver l'équilibre entre les prélèvements de bois et les potentialités de renouvellement de la forêt. L'approvisionnement régulier de ses usines reste la meilleure garantie pour un industriel. L'inventaire d'aménagement permet des prévisions à long terme. Il apporte une connaissance globale de la ressource tant au plan quantitatif que qualitatif. S'il permet de fixer la possibilité, définie comme la limite supérieure de prélèvement compatible avec le renouvellement de la forêt, il permet aussi d'optimiser son exploitation. L'inventaire d'aménagement arrivant à son terme, la société Thanry-CEB a pu prendre conscience de l'énorme potentialité représentée par ses jeunes peuplements d'okoumé. Capable aujourd'hui d'en évaluer la superficie et la structure, des projets d'études sylvicoles et de régénération devraient permettre de valoriser ces peuplements et d'en tirer une production soutenue. Une bonne technique d'inventaire d'exploitation facilite la recherche des arbres exploitables et leur positionnement sur des cartes. Cet inventaire consiste en fait à une prospection effectuée à 100% : tous les arbres exploitables sont inventoriés. Il permet les prévisions à moyen terme. L'entreprise peut
à la fois orienter ses routes vers les zones à
plus fort potentiel et augmenter les volumes
prélevés à l'hectare (en respectant la
possibilité). Il en résulte une moindre
ouverture de routes (au m3 de bois sorti) et un avancement
plus lent des chantiers d'exploitation. Cette
réduction d'assiette annuelle permet d'augmenter la
rotation, élément fondamental de la
durabilité. |
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La gestion de l'exploitation, à l'aide d'une base de données géo-référencée, permet la réalisation de cartes, un meilleur suivi de l'exploitation, une actualisation permanente des données. Première étape de son plan d'industrialisation, la société Thanry-CEB a investi dans une scierie moderne. D'une capacité de plus de 1.000 m3/mois de sciage, elle est alimentée principalement à partir des rebuts des pieds export abandonnés en forêt et par les pieds fracassés à l'abattage qui ne pouvaient faire l'objet d'aucune valorisation. L'implantation de cette usine ne change donc que très peu les prélèvements de bois en forêt. En revanche, elle rationalise l'utilisation d'un bois autrefois abandonné en quantité considérable sur le terrain. Autre avantage, le volume récupéré sur les pieds abattus s'est nettement amélioré : le déhanchage des pieds (enlever les contreforts des pieds avant abattage), en plus d'une sécurité accrue pour l'abatteur, permet de récupérer un morceau de sciage sur la culée des pieds export, et évite que les arbres ne se fracassent en tombant sur ses contreforts; un étêtage aidé d'un bulldozer permet à l'abatteur de tronçonner le pied dans les meilleures conditions et de récupérer là aussi un morceau de sciage, quand ce n'est pas la grosse branche que l'on arrive à valoriser. Le volume moyen des billes augmente ainsi de 10 à 20%, ce qui facilite l'aménagement, et diminue les frais d'exploitation ramenés au mètre cube. On pourrait ainsi multiplier les exemples de rationalisation de la gestion compatible avec la rentabilité de l'entreprise. Bien sûr, pour que de tels projets soient viables, ils devront s'intégrer harmonieusement dans le contexte socio-économique local. L'aménagement devra donc comprendre un programme social, dont le but sera d'établir aux termes d'échanges fructueux entre l'entreprise et les populations locales, un climat de confiance réciproque, et un certain respect de la forêt de la part de ses riverains. L'entreprise pourra dans ce sens bénéficier du savoir-faire de nombreuses organisations ou projets de développement. L'intérêt de l'entreprise est là aussi évident car on ne peut gérer une entreprise forestière en conflit permanent avec les villageois. La mise en oeuvre de telles opérations est un investissement important. L'exploitant doit aussi savoir tirer profit à court terme des opérations d'aménagement durable. Mais face aux contraintes financières et techniques, il est impératif que l'exploitant soit soutenu dans ses actions : les lois forestières ne doivent pas seulement imposer des orientations vers la gestion durable mais aussi encourager les entreprises à y parvenir. Certains volets, comme les projets de recherche et de développement durable doivent-ils être entièrement à la charge de l'entreprise ? Des financements extérieurs ne permettraient-ils pas de les mener à bien ? Rapidement, les
conséquences sur le fonctionnement de l'entreprise
(marchés, attributions de permis sur le long terme,
rationalisation de l'exploitation) se feront sentir :
l'aménagement, non pas réduit à un
simple inventaire, mais compris dans sa globalité,
est un atout majeur pour l'exploitant forestier : à
lui de savoir en tirer parti ! |
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Benoît Demarquez bureau aménagement |