|
|
| ||
![]() |
Spécial réserve du Dja
|
|
|
| ||||||||
|
Liens vers autres
|
Créée en 1950 avec un statut de réserve forestière et de chasse, la réserve du Dja a évolué pour être classée réserve de biosphère en 1981, voir son statut national modifié, en 1982, en réserve de faune, et enfin être choisie site du patrimoine mondial en 1987. A ce jour, seuls deux conservateurs actifs ont eu, depuis sa création, la responsabilité de la gestion de cet important site. Avec les projets ECOFAC et UICN, la réserve du Dja bénéficie désormais des appuis indispensables à une réelle gestion de son patrimoine naturel. Son triple statut, ses 526 000 ha (la plus vaste aire protégée du Cameroun), sa position géographique privilégiée (zone de transition bio-écologique et hydrographique), une population diversifiée et jeune, à cheval sur deux régions administratives (provinces de l'est et du sud), font de la conservation de la réserve du Dja un enjeu à la fois scientifique et technique, institutionnel et juridique, et bien sûr socio-économique. L'environnement immédiat de la réserve du Dja se caractérise par un climat de type équatorial à quatre saisons avec, sur l'ensemble du territoire du massif forestier du Dja, des précipitations moyennes annuelles de l'ordre de 1600 à 1700 mm et des températures moyennes annuelles qui oscillent entre 23,7 et 24,3 °C. Le mois d'octobre apparaît comme le plus pluvieux, à l'inverse des mois de décembre et février. Le substrat est constitué essentiellement de schistes et quartzites de la série Mbalmayo-Bengbis, à l'altitude relativement homogène (entre 600 et 700 m), et de sols ferralitiques rouges. Quelques données écologiquesEn relation avec les tendances climatiques et la nature du substrat, la composition biologique est assez diversifiée. Le massif forestier présente des spécificités propres qui lui valent la qualification de Forêt du Dja (Letouzey 1979) et lui confèrent une valeur universelle exceptionnelle. La synthèse des études botaniques permet de distinguer ainsi quatre principaux types de formations végétales. Ces derniers comptent des espèces typiques du domaine atlantique (Coula edulis, Dacryodes buettneri), caractéristiques des forêts semi-décidues (Triplochiton scleroxylon) ou des forêts du modèle congolais (Oxyanthus oliganthus, Gilbertiodendron dewevrei). Par endroit, on rencontre également des poches de formations monospécifiques (à Gilbertiodendron dewevrei ou Coula edulis). On liste aussi un nombre important d'espèces pharmacologiques (environ 330) et fruitières comestibles par l'homme (68 espèces ont déjà été inventoriées). Le milieu végétal est, quant à lui, stable même s'il n'existe aucune espèce endémique. Cette diversité végétale a un impact sur la richesse de la faune mais aussi sur la distribution des espèces. Environ 78% des végétaux semblent disséminés par zoochorie, assurant une bonne régénération de l'écosystème forestier. La grande faune est presque intacte en dépit d'une pression croissante.
| ||||||||
|
|
|
|
|
Un contexte administratif et politique en mutationLe découpage administratif autour de la réserve a connu de profondes mutations depuis 1992. A la faveur du vent démocratique et de ses répercussions sur l'organisation des institutions nationales, de nouvelles unités administratives ont vu le jour ajoutant ainsi au dispositif initial (deux départements et sept arrondissements), deux districts (en 1994) accompagnés de tout le cortège des services techniques administratifs. Sur la même lancée, les élections municipales de 1996 ont mis en place un réseau de collectivités locales composées de conseils municipaux. Enfin, les nouvelles dispositions de la Constitution du Cameroun (loi n° 96-06 du 18 janvier 1996) prévoient la mise en place future du Sénat et des régions décentralisées qui donneront lieu, très prochainement, à des élections et à des modèles de gestion autonome du développement local. En phase avec l'évolution de la situation au plan national, le paysage institutionnel local est soumis à une dynamique constante. En effet, à la faveur des cadres législatifs sur les associations (loi n°90/053 du 19 décembre 1990), sur les sociétés coopératives et les groupes d'initiative commune (loi n° 92/006 du 14 août 1992 et décret n° 92/455/PM du 23 novembre 1992), de nombreuses organisations locales ont vu le jour. La plupart d'entre elles sont encore très récentes ou ont pour origine des motivations opportunistes; elles manquent en général de culture associative et connaissent souvent des problèmes internes de gestion. Cependant, on pourrait espérer qu'elles jouent un rôle important comme instrument de mobilisation et d'animation du développement rural intégrant des objectifs patrimoniaux (de préservation des ressources naturelles à long terme). A ce titre, elles méritent d'être mieux encadrées et soutenues par des initiatives extérieures. En rapport avec cette nouvelle donne, le cadre institutionnel de l'organe de gestion de la réserve est à repenser pour une meilleure insertion dans la vie locale.
|
|
|
|
|
|
|
P.M. Seme ECOFAC Cameroun e-mail : ecofac@camnet.cm |