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Spécial réserve du Dja
Très rapidement, dans ses études du milieu humain, ECOFAC s'est intéressé à l'impact de la chasse sur le milieu. La réserve du Dja est certainement le site où, dans ce domaine, les résultats sont les plus nombreux, grâce à la complémentarité de projets tels que APFT ou "forêts communautaires", financés par l'Union Européenne.
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Liens vers autres
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L'évolution des études portant sur la chasse en Afrique centrale, depuis les premières recherches anthropologiques descriptives très complètes jusqu'aux premières études quantifiées, a été accompagnée d'une première évaluation du potentiel de production de la ressource "gibier" des forêts denses humides tropicales et de l'impact de la pression de chasse sur les populations animales. Les anthropologues se sont intéressés à la chasse en tant que phénomène humain. Les biologistes se sont intéressés à son impact sur la faune. La somme des connaissances accumulées grâce à ces recherches a permis d'intégrer les deux aspects en vue d'une action sur les relations "homme-faune". Dethier (1995), dans le Dja, a posé un jalon vers cette voie. Depuis, ce type d'études s'est succédé sur plusieurs sites et les limites des méthodes employées, notamment celle des classes d'âges dentaires des animaux tués, ont été discutées. La connaissance du sujet nous permet maintenant d'aller plus avant dans une tentative de gestion des prélèvements sur la faune. Sous la pression de plus en plus importante des populations vivant en périphérie des aires d'intervention d'ECOFAC, le programme voudrait pouvoir disposer d'un plan de gestion efficace pour résoudre de façon durable le problème que pose la chasse. En ce sens, le choix du village d'Ekom (192 habitants, 15 chasseurs) dans la réserve de faune du Dja, n'est pas innocent. En effet, c'est le site ECOFAC où l'on possède la meilleure connaissance du milieu humain, et où le plus de données concernant la chasse ont été accumulées, celles-ci étant indispensables à l'élaboration d'une stratégie de conservation et d'un plan d'aménagement valables. Une gestion des prélèvements de la faune a été tentée. La chasse est effectivement le principal problème, en termes de conservation, autour de la réserve de faune du Dja. En prenant en considération les besoins du village, la production du gibier du milieu, et la sphère d'influence des autres villages, un terroir de chasse d'une superficie de 281 km2 a été défini, délimité par des éléments identifiables (cours d'eau, pistes, lignes de crêtes), et dont les points extrêmes peuvent être visités en une journée. Si le prélèvement actuel reste stable, ce terroir devrait pouvoir couvrir les besoins du village sans épuiser le milieu. Avec l'aide des chasseurs, une méthode expérimentale de piégeage a été élaborée. Elle consiste à retirer les lignes trop éloignées du village, les déplacer à l'intérieur des limites proposées, placer une seule ligne de 70 pièges par chasseur, et pouvoir effectuer la visite de leur ligne en une seule journée. L'objectif est de mettre au point au méthode de piégeage qui soit suffisamment rentable pour le chasseur, et moins destructrice pour la faune. Avant et après la pose des pièges, la technique de l'appel est pratiquée afin de connaître la rapidité de recolonisation d'une zone chassée, et ce, dans le but de définir le laps de temps optimum durant lequel la ligne peut rester en place. Les premiers résultats confirment la pertinence de la solution proposée. Ils permettent également une comparaison avec les résultats de l'étude de chasse réalisée à Ekom en 1994. Il semblerait que la pression de chasse soit restée stable : le nombre de piégeurs, la superficie du terroir exploité, le nombre total de pièges et le nombre moyen de pièges par ligne sont sensiblement les mêmes. Seule la chasse au fusil aurait légèrement augmenté. Une comparaison de l'abondance du gibier entre 1994 et 1998 semble indiquer une augmentation de celui-ci. Les données ayant été récoltées dans des conditions différentes de celles de 1994, sont à analyser avec précaution. L'image globale qui se dégage toutefois des différents éléments de l'étude est néanmoins celle d'un terroir de chasse assez stable pour ce qui concerne la population d'Ekom.
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Extrait du rapport Dethier, M. (1995) Etude chasse
(Cameroun)
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Comparaison de l'activité de chasse entre un village badjoué dans la réserve de faune du Dja (Ekom) et un village en-dehors de l'aire protégée, en forêt communautaire (Kompia)
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Liens vers autres
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Pour une population villageoise sensiblement égale, on constate que la biomasse capturée par mois est pratiquement la même pour Ekom et Kompia, mais avec un nombre de captures beaucoup plus élevé à Kompia. Autrement dit, pour satisfaire les mêmes besoins, les chasseurs de Kompia doivent capturer plus de têtes de gibier. L'effort de chasse, défini comme le temps qu'un homme consacre à la chasse, est donc plus élevé à Kompia. Cela s'explique par le constat d'un milieu beaucoup plus perturbé à Kompia, avec des animaux capturés plus petits (beaucoup de rongeurs notamment). La densité de pièges à proximité du village est très élevée, trois fois supérieure à celle constatée à Ekom. En forêt, elle est un peu plus faible mais reste toutefois cinq fois supérieure à celle d'Ekom. La taille du terroir de chasse est nettement moindre que celle d'Ekom pour une population égale. Cela explique en partie pourquoi la densité de pièges est si importante. Mais la raison principale reste l'appauvrissement du milieu qui pousse les chasseurs à fournir un effort plus élevé pour obtenir la même quantité de gibier. On remarque enfin une productivité des pièges en forêt trois fois moindre à Kompia qu'à Ekom. L'exploitation de la faune a été et est encore tellement importante que même en "grande forêt", le milieu a subi de fortes perturbations.
Extrait du rapport "étude de la chasse villageoise dans
la forêt de Kompia" - P.
Jeanmart - octobre 1997
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Comparaison de la productivité de chasse entre Kompia (village dans la forêt communautaire) et Ekom (village dans la réserve)
Comparaison des prélèvements (kg/km2) en espèces les plus chassées à Kompia et Ekom
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Les bio-indicateursCertains indices permettent d'évaluer l'évolution du degré de perturbation du milieu. Le gibier est un très bon indicateur de l'état de la biodiversité, car il répond assez vite à un changement de milieu. Sont retenus comme indicateurs par le projet "forêts communautaires" :
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