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Spécial réserve du Dja
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Liens vers autres
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L'étude des produits forestiers non ligneux (PFNL) de la réserve de biosphère du Dja s'intègre parmi les activités du programme ECOFAC, notamment dans le cadre de sa recherche de stratégies pour une gestion participative de la réserve avec les populations. Ces stratégies visent à étudier, proposer et encourager l'adoption des méthodes d'exploitation qui causent le moins de traumatisme aux écosystèmes forestiers. Les produits concernés jusqu'ici sont : le rotin, les fruits sauvages comestibles, les plantes médicinales.
Le rotinLe rotin est utilisé pour la fabrication de nombreux objets et est très prisé sur les marchés nationaux et internationaux. Il est la tige produite par les rotangs (Palmacées grimpantes). Les travaux en cours sur la biologie et l'écologie de ces végétaux tendent à définir les normes de récoltes et les recommandations pour leur valorisation durable. Des résultats sont d'ores et déjà disponibles pour améliorer le décrochage du rotin des canopées forestières. Traditionnellement, les collecteurs africains du rotin pratiquent soit la coupe rase, soit la coupe sélective, mais développent peu d'efforts pour décrocher les morceaux de tiges suspendues. Certains abattent parfois l'arbre sur lequel est accroché le rotin pour prélever les morceaux de grand diamètre. Ainsi,pour Eremospatha macrocarpa (rotin filet), et Laccosperma secundiflorum (gros rotin), les morceaux abandonnés représentent plus de 50 % de la longueur de la tige; il y a donc une perte de ressource importante. Les techniques susceptibles d'améliorer l'extraction des morceaux suspendus ont été recherchées. Il ressort de nos résultats et des observations que l'extraction immédiate d'une tige de rotangs, à la traction manuelle, couplée au treuil, permet de récupérer des longueurs considérables de rotin. Les tiges matures, avec des crochets encore rigides lors de leur descente, provoquent des dégâts sur la végétation environnante. Elles peuvent, en outre, provoquer des accidents aux récolteurs. La traction de ces tiges quinze jours après leur section permet d'améliorer le rendement; mais, les morceaux de tiges abandonnés sont encore considérables, et les traumatismes, sur la végétation à proximité, ne sont pas entièrement minimisés. Il apparaît ainsi qu'au bout de trente jours, les structures d'accrochage sont suffisamment fragilisées pour permettre de décrocher des longueurs importantes voire toute la tige de rotang. Les morceaux de tiges restant suspendus sont ceux noués aux branches; leur extraction ne peut être possible que si une personne grimpe pour les dérouler. Ces morceaux de tiges obtenus gardent toutes leurs propriétés. Les dégâts sur les arbres, les arbustes, les jeunes tiges de rotangs et les plantules sont minimisés. Les travaux en cours ont pour objectif de collecter les données quantitatives afin de rechercher le comportement de différentes espèces de rotangs suivant les caractéristiques du milieu, d'évaluer la vitesse de renouvellement, de croissance et de maturation des tiges sur les différents clones de rotangs (exploités et non exploités), afin de dégager les effets de la récolte des tiges sur le maintien de leur population.
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Les fruits sauvagesUne enquête ethnobotanique sur les fruits sauvages de la réserve de biosphère du Dja (Cameroun), a permis de recenser 68 espèces végétales utilisées par les trois ethnies suivantes: les Badjoué au nord de la réserve, les Bulu à l'ouest, et les pygmées Baka répartis dans les deux zones. Ces espèces regroupent 39 familles et 49 genres. Les familles les plus importantes en nombre d'espèces sont : Sterculiaceae (7), Euphorbiaceae (6), Sapotaceae (5). Les trois groupes ethniques s'adonnent à l'exploitation paysanne des fruits sauvages; mais les pygmées, comparativement aux Bantous, exploitent un nombre de fruits plus élevé. L'importance des fruits est relative, et varie d'un groupe ethnique à un autre. Quelle que soit l'ethnie considérée, les espèces fruitières les plus importantes sont Baillonella toxisperma (pour son huile), Irvingia gabonensis (la pulpe est juteuse et la pâte obtenue des amandes séchées est utilisée pour épaissir les sauces), Cola acuminata (drogue légère), Tricoscypha sp (pulpe), Coula edulis (les graines sont utilisées comme condiments). La participation des ménages à la régénération des fruitiers est faible. Seule une minorité (soit 27%) a planté au moins un fruitier. Les raisons les plus avancées sont la perception d'une production naturelle en fruits sauvages suffisante (31 %) et l'insuffisance de compétences techniques (29,9%). Les arbres sont les types morphologiques les plus indiqués (77,6% des indications), tandis que le ramassage est le mode de prélèvement des fruits le plus pratiqué (82%). La cueillette est une spécialité des hommes mais encore plus des Baka qui sont généralement de bons grimpeurs. Les problèmes qui se posent au prélèvement des fruits sauvages sont la concurrence des animaux (éléphants, singes, ..), l'éloignement des fruitiers par rapport aux lieux d'habitations et la conservation. Une enquête sur la commercialisation des fruits sauvages a également été faite. On constate que certains fruits, relégués au second plan dans le Dja, sont très sollicités sur les marchés des villes (Yaoundé, Douala). Tels sont les cas de Ricinodendron heudelotii et de Monodora myristica dont le tas de cinq graines se vend à 25 FCFA dans le marché du Mfoundi à Yaoundé. Les graines de Coula edulis sont bien vendues dans les marchés de Yaoundé et leur approvisionnement est chaque année considéré insuffisant. La faible demande d'huile de Baillonella toxisperma (moabi) sur le marché est vraissemblablement consécutive à son prix d'acquisition très élevé (face à la concurrence d'autres huiles). La liste des plantes identifiées dans le Dja a été comparée aux données de la littérature. Seize espèces indiquées dans le Dja sont également citées dans d'autres pays africains comme fruits comestibles. A côté des 68 espèces végétales spontanées effectivement exploitées dans le Dja, il existe dans la végétation locale 32 autres espèces potentiellement comestibles, mais qui n'ont pas encore été signalées comme fruits comestibles dans la région.
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Les plantes médicinalesLes populations de la réserve de biosphère du Dja continuent massivement à avoir recours à la médecine traditionnelle et aux plantes médicinales pour les problèmes de santé courants. Deux séries
d'enquêtes ethnobotaniques (Betti, 1997) ont
été conduites respectivement de janvier
à avril 1994 et de janvier à mai 1996 dans
l'ensemble de la réserve et sa
périphérie. Plus de 3500 indications
thérapeutiques ont été
collectées auprès des matrones
(pharmacopée populaire) et des tradipraticiens
(pharmacopée spécialisée). Elles font
intervenir 350 espèces végétales dans
le traitement de 77 maladies ou symptômes. |
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Les données traitées dans le cadre de ce travail ne concernent que celles des indications relatives aux helminthiases intestinales, un groupe de maladies dont le taux de prévalence parasitologique est très élevé en milieu rural. En ce qui concerne la pharmacopée populaire, 8 espèces végétales ont été indiquées dans le traitement des helminthiases intestinales. Elles sont réparties entre 8 genres et 6 familles. En ce qui concerne la pharmacopée spécialisée, 19 espèces végétales ont été indiquées comme anthelminthiques. Elles sont réparties entre 18 genres et 13 familles. Le groupe des pygmées Baka est de tous les groupes ethniques consultés, celui qui a fourni le maximum de recettes et de plantes. Ce qui confirme une fois de plus que les pygmées sont de très grands guérisseurs et sont, de tous les Camerounais, les personnes qui connaissent le mieux la forêt et ses ressources. Nous avons
procédé à la répartition des
informations collectées suivant les
caractéristiques des recettes utilisées. On
remarque une prépondérance des écorces
de tiges comme organes végétaux (73% des
indications), et du macéré pour ce qui
concerne les formes pharmaceutiques (52%). Le remède
est presque toujours administré par voie orale (97%).
Les techniques d'écorçage pratiquées
jusqu'ici dans le Dja sont préjudiciables à la
régénération des espèces. |
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La répartition des informations suivant les caractéristiques de la flore anthelminthique utilisée dans le Dja a également été faite. Il ressort de cette analyse que les plantes ligneuses sont les types morphologiques les plus indiqués, surtout en pharmacopée populaire. Les sarcochores sont les types de dissémination des diapores les plus indiqués (sup. 54%). On remarque une prépondérance de l'élément base guinéen (guinéen et guinéen central) avec plus de 84% des indications. Le groupe des espèces de liaison représente 10% des indications, illustré seulement par des plantes à distribution afrotropicale. Les plantes des forêts secondaires et jachères sont les plus utilisées avec plus de 50% des indications. Actuellement, le commerce des produits forestiers non ligneux connaît un regain d'intérêt à cause de la modicité de leurs prix. Notre enquête a également montré que les techniques de récolte actuellement pratiquées dans la région sont dans la majorité des cas préjudiciables à la régénération et à la conservation de la biodiversité. Il importe donc de continuer à travailler sur la valorisation de produits basée sur des méthodes extractives moins pénalisantes pour le milieu.
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Betti J. L. et Nzooh D.Z. chercheurs ECOFAC |