Dix principes pour
le tourisme en Afrique centrale
1.
Compatibilité entre tourisme et
conservation
Il est absolument
nécessaire que la politique de tourisme
définie au niveau national prenne en
considération les plans de conservation
formulés au niveau local, sous-régional ou
régional.
2.
Préservation de la biodiversité et des grands
espaces naturels
La nature est
certainement le plus grand capital touristique de l'Afrique
centrale. La protection de la faune et de la flore, en
particulier les espèces-phares comme les primates et
autres grands mammifères, doit se poursuivre de
même que la mise en défens de vastes espaces
naturels représentatifs de la diversité des
milieux naturels de la sous-région.
3. Utilisation
durable des ressources naturelles
En complément
de la politique de conservation de la nature de la
sous-région, la promotion de l'utilisation durable
des ressources naturelles, et plus particulièrement
forestières, est essentielle. Celle-ci devrait
permettre de laisser intactes de vastes zones naturelles
tout en assurant un développement économique
à travers l'exploitation durable de concessions
forestières. Cette forme d'exploitation
envisagée pour la forêt peut s'étendre
également à d'autres biomes comme les zones
humides ou les zones côtières et les
océans qui constituent des atouts importants dans le
développement écotouristique de l'Afrique
centrale.
4. Minimiser la
consommation, la production de déchets et la
pollution
Au niveau des sites
exploités pour leur valeur écotouristique il
convient de limiter la consommation et de contrôler la
production de déchets afin d'éviter toute
forme de pollution excessive. Les exploitants touristiques
devraient être encou ragés à utiliser
des technologies appropriées pour le recyclage des
déchets (déchets solides, eaux usées,
etc.), pour le stockage des déchets non recyclables
et à promouvoir l'utilisation de sources
d'énergie non polluante comme l'énergie
solaire ou éolienne. Ceci est d'autant plus important
si les infrastructures se trouvent dans ou à
proximité d'aires protégées.
5. Respect des
communautés locales
Le
développement du tourisme ne devrait pas induire de
changements dans les traditions culturelles des
communautés villageoises exposées au tourisme
sauf si ces changements sont inhérents à une
décision des communautés elles-mêmes.
Les agissements des visiteurs doivent être
contrôlés de manière à
prévenir toute forme d'aliénation des
communautés locales ou de pollution culturelle. Dans
la sous-région, ceci est particulièrement
important pour les peuples forestiers comme les
Pygmées.
6. Respect des
traditions culturelles et des sites
historiques
Les sites
archéologiques, préhistoriques et historiques
constituent un héritage culturel et scientifique
d'une importance extrême et ne doivent pas être
dégradés ou dérangés. De
même les tabous locaux ne doivent pas être
transgressés et les coutumes locales doivent
être respectées par les opérateurs
écotouristiques et les visiteurs.
7.
Bénéfices aux communautés
locales
L'implication des
communautés locales doit être de mise dans
l'exploitation écotouristique afin que le tourisme
contribue au développement économique de tous,
dans le respect des traditions culturelles et du contexte
environnemental. Les autorités traditionnelles
devraient être consultées par les
opérateurs touristiques avant le développement
de tout projet; le recrutement, la formation et l'emploi de
personnes des environs devraient être
privilégiés. Les communautés locales
vivant à la périphérie des aires
protégées devraient également
bénéficier d'une rétrocession partielle
des droits d'entrée perçus par
l'administration en charge de la gestion des aires
protégées. Les droits d'usage traditionnels de
pêche, de chasse et de collecte des produits naturels
devraient être maintenus à l'intérieur
des aires protégées et pourraient être
promus comme un produit écotouristique de
découverte des cultures.
8. Formation du
personnel
L'écotourisme
doit s'appuyer sur du personnel national bien formé
et motivé, respectueux de la législation
environnementale et des traditions locales.
9. Information
précise
L'écotourisme
en Afrique centrale doit être l'occasion pour les
visiteurs d'acquérir des connaissances sur la nature,
mais aussi sur les populations, leurs cultures et
traditions. L'information, quelle que soit sa forme, doit
être précise et juste, générer
l'intérêt des visiteurs et engendrer leur
respect pour le contexte environnemental, culturel et social
dans lequel ils sont immergés.
10. Règles
de sécurité
L'écotourisme
est une activité économique et à ce
titre est assujetti aux lois du marché. Une
sécurité défaillante sur un site peut
être préjudiciable à l'ensemble de la
sous-région en jetant un discrédit global. Les
visiteurs sont exposés à des situations
parfois dangereuses, en particulier lors d'excursions
pédestres au cours desquelles la rencontre avec des
grands mammifères comme les éléphants,
les buffles ou les gorilles est fréquente. Une telle
situation nécessite que les visiteurs suivent
scrupuleusement les directives du guide qui doit avoir
reçu une formation solide pour assurer la
sécurité de ses clients.
Enfin en guise de
conclusion, le tourisme en Afrique centrale doit s'appuyer
sur une politique définie avec la participation de
tous les intervenants de la filière,
représentants du gouvernement, des opérateurs
économiques privés, des organisations non
gouvernementales, et des communautés locales. La mise
en oeuvre de cette politique doit être
concertée et prendre en compte la politique de
conservation de l'environnement, afin que le tourisme
devienne un allié de la protection de la nature, car
à terme, la viabilité de l'activité
économique touristique est très clairement
dépendante de l'importance et du respect qu'elle
accorde au contexte environnemental, culturel et social.
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