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Etat des
lieux et perspectives
Dzanga-Sangha, au
sud-ouest de la forêt dense de Centrafrique dispose de
bonnes infrastructures touristiques et les visiteurs peuvent
être pratiquement assurés d'observer des
gorilles de plaine sur les sentiers forestiers, ainsi que
des éléphants et bongos à partir d'une
plate-forme de bois installée à 10 m de
hauteur, sur le bord d'une clairière.
Depuis que les
données existent, les permis d'entrée, la
location d'équipement, les services offerts aux
touristes, ainsi que la vente de souvenirs ont
généré 12.493 US$ par an. 40% des
revenus des permis de visite sont reversés à
une ONG locale gérant les activités de
développement communautaire, et 10% au fonds
forestier national pour les coûts de conservation des
autres aires protégées. Le reste des revenus
touristiques est alloué à la gestion du parc.
Ces chiffres n'incluent pas les revenus correspondant
à ce qui est dépensé par les touristes
pour leur hébergement dans l'hôtel de 15
chambres (60 lits) de Doli lodge qui a été
récemment construit à Bayanga.
Les revenus
touristiques couvrent maintenant, pour la première
fois, les coûts des services offerts (Blom 1998)
à Dzanga-Sangha. Cependant, il est peu probable que
ces revenus permettent d'intégrer l'investissement
consenti pour la mise en place des infrastructures, à
moins que le niveau des visites et des prix n'augmente de
façon substantielle. Le coût de
réalisation du mirador d'observation, excluant la
valeur du bois qui fut donné par l'exploitant
forestier Slovenia Bois, fut de 400.000 FCFA ($ 1.600) et
celui de Doli lodge, approximativement de 700.000 DM ($
391.000). Partant de l'hypothèse que le tourisme
reste à son niveau de 1995 (environ 1000 personnes),
et continue à générer $ 20.512
jusqu'à l'année 2000, le taux interne de
rentabilité de l'activité touristique est -22%
(ou 0% après 20 ans). Le revenu net du tourisme
à Dzanga-Sangha, basé sur les chiffres de 1993
jusqu'à la fin de 1999, avec 10% de taux d'escompte,
est -223.505 US$. Les revenus du tourisme doivent
s'accroître jusqu'à plus de 155.000 US$ par an
jusqu'en 2000, ou dépasser 61.000 US$ par an pendant
20 ans, pour générer un bénéfice
net : comme le montrent les chiffres de cet exemple, le
tourisme à Dzanga-Sangha est loin d'être une
activité viable.
Par la mise en place
d'un tourisme aux gorilles, et en supposant que les
visiteurs soient prêts à payer le même
prix qu'au Rwanda, en RDC ou en Ouganda (entre 150 et 200
US$), le tourisme dans le parc génèrera un
revenu net positif, à condition que le nombre de
visiteurs ne descende pas en dessous des 1090 visites
atteintes en 1994.
Le nombre de visites
doit être multiplié entre trois à six,
et le montant du permis porté entre 180 à 240
US$ par visiteur pour couvrir les coûts actuels de
gestion de l'aire protégée, et permettre
l'allocation d'une partie des permis d'entrée
à l'ONG locale et au fonds forestier.
Les coûts de
voyage élevés vers la destination Afrique,
l'impossibilité de visiter plusieurs aires
protégées au cours d'un même voyage,
douze heures de véhicule (en saison sèche)
à être secoué comme un prunier depuis
l'aéroport international le plus proche, et une
mutinerie rendent hautement improbable la multiplication par
deux ou trois des visiteurs, laissant de côté
l'hypothèse que ceux-ci sont prêts à
payer plus de 100 US$ par jour de visite.
Il apparaît
alors tout à fait irréaliste de penser que les
revenus du tourisme peuvent couvrir l'investissement
nécessaire, en dehors de toute contribution
significative aux coûts de gestion du parc.
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