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Quand les frontières reculent
La loi du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche a décidé que, passé un délai de cinq ans, l'exportation des grumes du Cameroun serait interdite et que la totalité de la production nationale devrait être transformée par l'industrie locale |
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Liens vers autres
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Un décret du 13 octobre 1999
vient de préciser les modalités dapplication de la
loi du 20 janvier 1994. Cet article se propose de faire le point sur ce
sujet dactualité. Beaucoup a été dit
et écrit à ce sujet, aussi croyons-nous utile, pour fixer
les idées, de commencer par reproduire lessentiel des textes
législatifs et réglementaires en vigueur. Rappel sur les textes relatifs aux exportations de grumes 1- Larticle 71(1) de la loi
n° 94-01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts,
de la faune et de la pêche dispose que : " Les grumes sont
transformées par essence à hauteur de 70% de leur production
par l'industrie locale pendant une période transitoire de cinq
ans à compter de la date de promulgation de la présente
loi. Passé ce
délai, l'exportation des grumes est interdite et la totalité
de la production nationale est transformée par l'industrie locale
". 2- Les lois de finances successives ont classé les essences exploitées au Cameroun en trois catégories :
et créé une "surtaxe
progressive" à laquelle sont soumis les exploitants au-delà
des 30% légaux. 3- Dans ce contexte, le ministre
de lenvironnement et des forêts a confirmé, lors dun
point de presse tenu le 8 décembre 1998, que les exportations de
grumes seraient bien interdites à partir du 20 janvier 1999 et
a précisé les modalités dapplication et mesures
daccompagnement prévues par le gouvernement : autorisations
en cours valables jusquau 30 juin; formation de spécialistes
de la transformation du bois à lécole des eaux et
forêts de Mbalmayo; incitations fiscales (points francs); mise en
place de lOffice national du bois pour réguler le marché
et promouvoir les essences secondaires; autorisation dexporter les
essences secondaires en vue de leur promotion ; organisation du marché
intérieur par la création de divers corps de métier.
Une circulaire dapplication a été adressée
le 11 janvier 1999 aux exploitants forestiers et exportateurs. 4- Un arrêté conjoint
a été signé le 18 juin 1999 par le ministre de lenvironnement
et des forêts et le ministre dEtat chargé du développement
industriel et commercial, par référence à larticle
74 de la loi de 1994. Il classe les essences exploitées au Cameroun
en quatre catégories :
Deux circulaires dapplication
ont été signées le même jour. 5- Lapplication de cet arrêté
a posé problème et le président de la République
a signé le 31 août 1999 lordonnance n° 99/001 complétant
certaines dispositions de la loi du 20 janvier 1994. Ainsi, larticle
71(1) nouveau de la loi est-il désormais rédigé comme
suit :
Le taux de la surtaxe à lexportation
est de 4 000 FCFA/m3 pour layous, 3 000 FCFA/m3 pour les onze autres
essences de promotion de première catégorie et 500 FCFA/m3
pour les essences de promotion de deuxième catégorie. |
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Commentaires
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Essence
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Volume
(m3)
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%
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| Ayous |
1 150 500
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34,2 %
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| Sapelli |
741 600
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22,1 %
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| Tali |
194 900
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5,8 %
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| Azobé |
183 300
|
5,5 %
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| Frake/Limba |
146 000
|
4,3 %
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| Iroko |
133 400
|
4,0 %
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| Autres |
812 700
|
24,2 %
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| Total |
3 362 400
|
100,0 %
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Lexamen des statistiques dexportation pour lexercice 1998-99 (tableau 2) montre, quant à lui, que les essences dont lexportation est désormais interdite ont représenté 42% des volumes exportés en grumes, les essences de promotion de première catégorie 51% (dont 36% pour layous) et les essences de promotion de deuxième catégorie 7%.
Au plan fiscal, en supposant les
exportations de grumes constantes en volumes et en essences dune
année à lautre, on a pu estimer le manque à
gagner par suite de linterdiction dexporter 23 essences en
grumes à 11 milliards de francs CFA et le rendement de la nouvelle
surtaxe à lexportation à 2,5 milliards. A court terme
larrêt des exportations de grumes, même partiel, a donc
un coût économique certain. Mais cest sans doute le
prix à payer pour doter le Cameroun dune industrie de transformation
performante.
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Et maintenant ?Jai voulu, dans le cadre de
cet article, apporter aux lecteurs une information neutre sur les dernières
mesures daccompagnement à larrêt partiel des
exportations de grumes. Je me garderai bien de prendre partie dans les
débats, animés et souvent confus, qui ont précédé
ou suivi ladoption de ces mesures !
Rendez-vous dans un prochain numéro pour les résultats !
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Alain Chaudron |