|
Liens vers autres
articles corrélatifs :
|
Nous avons choisi, dans ce numéro,
de mettre l'accent sur le braconnage des éléphants qui,
comme le décrivent plusieurs articles de cette édition,
constitue une réalité dont les proportions deviennent inquiétantes.
Les représentants des Etats
membres, lors de la dernière réunion de la CITES en avril
à Nairobi, ont constaté que la prolifération des
armes de guerre dans ou en périphérie de zones de conflits,
et la toujours croissante demande de gibier par les centres urbains, sont
autant de causes à ce fléau qu'a pu l'être l'autorisation
du commerce de l'ivoire prise en 1997.
La recherche de l'ivoire en Afrique,
ou tout au moins celle réalisée dans les quantités
que l'on devine, ne répond pas à des besoins culturels,
mais plutôt économiques, pour le plus grand bénéfice
non pas des chasseurs, mais des revendeurs ou exportateurs. On ne pourra
pas occulter la vérité trop longtemps et il faudra bien
finir par admettre que le véritable mal à combattre, celui
qui fait que toute coercition et toute sensibilisation restent sans effet,
est l'absence de développement de zones trop souvent livrées
à elles-mêmes, et dont quelques individus, encadrés
par des commanditaires, recherchent dans les trophées d'éléphants
un gain rapide.
Conserver des ressources naturelles
est-il possible sans la prise en compte de certains besoins élémentaires
relevant de la puissance publique ?
Bien sûr, les projets de conservation
doivent générer des retombées en faveur des populations
locales mais ces retombées peuvent-elles suffire au regard des
besoins exprimés par les populations et qui concernent le désenclavement,
la santé, l'éducation ? Face à ces revendications
on ne peut plus légitimes, va-t-on encore longtemps afficher le
cynisme de penser que les retombées générées
par un peu d'apiculture, d'élevage de gibier, ou de revente de
produits forestiers autres que le gibier peuvent suffire ?
Ce sont de véritables politiques
de développement qui permettront, peut-être, de sauver les
éléphants d'Afrique, et elles nécessitent des moyens
autres que ceux confiés à des projets de conservation.
Les articles consacrés au
suivi des éléphants de forêt, montrent la difficulté,
même avec un recours à la technologie, de mieux connaître
l'écologie et l'éthologie de ces animaux. C'est pourtant
vers la mise en place d'un suivi écologique, qui relève,
à l'inverse du développement économique, de la compétence
des projets de conservation, qu'il importe d'évoluer pour la mise
en uvre de stratégies de conservation de cette espèce.
|