Les forêts d'Afrique centrale se vident-t'elles ?EDITO(Article paru dans Canopée n° 18 - Octobre 2000)
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Les forêts d’Afrique centrale se vident-elles ? La sur exploitation par la chasse est-elle, en Afrique centrale, la plus grande menace pour la conservation de la biodiversité ? Nous espérons par ce numéro de Canopée participer à la réflexion et mettre à disposition d’un plus grand nombre, les informations collectées au cours des dernières années sur le sujet dans le cadre de différents projets. Il est désormais certain que la chasse commerciale est une activité en expansion, qui depuis les deux dernières décennies s’est en quelque sorte " professionnalisée ", suivant en cela les évolutions technologiques, démographiques et économiques, de notre monde. Le développement des pôles urbains, en expansion constante, l’ouverture de plus en plus profonde des massifs forestiers pour l’exploitation, l’appauvrissement de certaines couches de populations, font du gibier une ressource de plus en plus prisée et accessible. Il apparaît clairement que celle-ci est en surexploitation, et qu’il importe dès aujourd’hui de se préoccuper de ce problème, sans attendre qu’il soit trop tard. Les diverses études économiques mettent en évidence l’importance du secteur économique, bien qu’informel, que représentent la chasse et le commerce de gibier dans l’économie de chaque pays de la sous-région. Cette importance ne peut plus être ignorée. Il importe désormais de mettre en place des systèmes de contrôle et d’encadrement d’une chasse pouvant à la fois être durable et répondre aux besoins des populations en termes de revenus économiques. C’est actuellement le grand défi qui est lancé aux conservationnistes, et pour relever lequel il va falloir innover car les réponses ne seront probablement pas uniformes. Il faudra notamment une parfaite connaissance du terrain pour s’adapter aux différents cas de figure. Dans le cadre du programme ECOFAC, une tentative de gestion de la chasse a été initiée et des critères identifiés pour l’estimation de l’impact de l’activité cynégétique sur les cheptels, notamment de céphalophes. Mais la chasse n’est peut-être pas la seule responsable d’une baisse des populations de la grande faune forestière. Des réductions importantes de populations de bongos (dans le parc de Nouabala-Ndoki au Congo) et de gorilles (dans la réserve de Minkebe au Gabon) ont été constatées pouvant être imputables à des épizooties. Dans ce cas, il importe aussi de se pencher sur les risques liés aux contacts de plus en plus importants entre homme et animal, sachant que l’on pénètre désormais de plus en plus profondément dans les massifs forestiers, du fait certes, de l’exploitation forestière, mais aussi du fait de la recherche et de la présence de chercheurs, ou du fait du développement du tourisme et donc de la présence de visiteurs. Ce sont des approches nouvelles en termes de santé, qu’il va falloir intégrer dans la gestion des aires protégées et qui renforcent l’importance d’une gestion concertée et cohérente de celles-ci au niveau de la sous-région. |
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