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Les forêts d'Afrique centrale se
vident-t'elles ?
Signe de l’importance que lui accordent les
conservationnistes, diverses études sur la chasse et la commercialisation
du gibier ont été réalisées au cours des dernières
années. Synthèse.
Article paru dans Canopée
n° 18 - Octobre 2000)
Le programme
ECOFAC a réalisé une étude sur la chasse au Congo,
au Cameroun et en RCA, en périphérie de ses sites d’intervention.
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On en retiendra que :
• D’un point de vue social
- Le chasseur est un homme jeune (classes d’âge inférieures
à 50 ans) et père de famille.
- La chasse constitue un important moyen de cohésion sociale par
la redistribution du gibier au sein de la collectivité villageoise.
•
D’un point de vue économique
- La chasse fait partie d’un
cycle global d’activités, et d’une manière générale,
on observe un déphasage entre activités agricoles et activités
cynégétiques.
- Le gibier fournit la part
la plus importante de protéines, la quantité de gibier
consommée par jour variant de 75 à 164 g selon les sites
étudiés, chiffres largement supérieurs aux valeurs
obtenues pour d’autres populations forestières africaines.
- La chasse est aussi source
de revenus. En 1995 et 1996, les chasseurs obtenaient des gains compris
entre 20.000 et 35.000 FCFA par mois en période de chasse. Sur
deux des sites, c’était l’unique source de revenus.
• Comment chasse-t-on
?
Parmi les nombreuses techniques de chasse existantes, ce sont surtout
le câble d’acier et le fusil qui sont les plus usitées et
les plus efficaces.
Les terroirs de chasse varient de 25 km2 (Kanara en RCA) à
500 km2 (Bakota au Congo). On distingue le terroir de chasse villageois
où prédomine la chasse pour l’autoconsommation, et le terroir
de chasse forestier où se pratique avant tout une chasse commerciale.
L’exploitation des terroirs de chasse est loin d’être uniforme et
se fait essentiellement le long des pistes.
Dans l’ensemble des sites étudiés, c’est l’ordre des Artiodactyles
qui est le plus capturé. Les céphalophes, Cephalophus callipygus,
C. monticola et C. dorsalis représentent plus de 80% des captures
sur certains sites.
Les biomasses des céphalophes capturés varient de 55,2 à
160,1 kg/km2 par an, alors que les biomasses existantes en forêt
primaire sont de l’ordre de 620 kg/km2.
On peut en conclure que les prélèvements par la chasse dépassent
la production durable maximum (estimée à 99 kg/km2/an) et
que, dès lors, les populations de céphalophes peuvent être
considérées en déclin sur les sites étudiés.
Résumé
de la synthèse de W. Delvingt, réalisée sur
base des travaux de L. Debroux, M. Dethier, P. de Wachter, R. Fotso, M.
Gally, P. Jeanmart, P.K. Muchaal, G. Ngandjui, R. Ngnegueu, et S. Vanwijnsberghe
dans le cadre du programme ECOFAC.
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