Les forêts d'Afrique centrale se vident-t'elles ?

Le commerce du gibier au Gabon

Article paru dans Canopée n° 18 - Octobre 2000)

Une étude sur le volume et la valeur du commerce du gibier, cofinancée par le WWF et le Projet Forêts et Environnement, a été réalisée en 1994 au Gabon à la demande du ministère des Eaux et Forêts (E.A. Steel, 1994).
Certaines données de cette étude restent d’actualité et nous ont semblé importantes à rappeler.

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Le volume de gibier passant par les marchés formels au Gabon (trois à Libreville, un à Oyem, un à Port-Gentil et un à Makokou) était estimé à 1.105 tonnes par an, représentant une valeur d’environ 881 millions de FCFA.

Mais le marché formel ne représente qu’une petite partie du volume de viande de brousse commercialisé. La viande est fréquemment achetée auprès des chasseurs et piégeurs soit par le consommateur, soit par des revendeuses à domicile venues des centres urbains.  La quantification du commerce national de gibier est donc relativement difficile.
Le volume de gibier consommé au Gabon est estimé à plus de 19.000 tonnes (soit une valeur de 14,5 milliards de FCFA), représentant 17,2 kg de viande par an et par personne.
Les primates, les rongeurs et les ongulés représentent l’essentiel du gibier vendu sur les marchés.
L’exploitation de la faune telle qu’actuellement pratiquée par une chasse essentiellement commerciale n’est pas durable, certaines zones étant d’ores et déjà vidées de leur gibier. D’un point de vue écologique, il est urgent d’intervenir. Mais de quelle manière?
La chasse commerciale est, en milieu rural, une des rares  activités économiques permettant à un foyer de se procurer de l’argent. La consommation de gibier  est par ailleurs, particulièrement en Afrique centrale, un phénomène éminemment culturel, dont l’accroissement accompagne celui de la population.  Autant dire que vouloir combattre le problème en croyant l’éradiquer semble particulièrement utopique. Le poids de la chasse commerciale dans l’économie nationale étant loin d’être négligeable (±1% du PIB en 1992) , il apparaît plus indiqué de chercher un meilleur encadrement et contrôle de la chasse pour valoriser au mieux la faune.