Les forêts d'Afrique centrale se vident-t'elles ?Le commerce de gibier en périphérie de la réserve de MinkebeArticle paru dans Canopée
n° 18
- Octobre 2000) |
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Le commerce de gibier en périphérie de la réserve de Minkebe (nord-est Gabon) constitue un problème majeur en termes de conservation de la biodiversité, Konossoville apparaissant comme le premier pourvoyeur en viande de brousse du marché d’Oyem. La chasse constitue la première source de revenus pour les populations de cette contrée. Le terroir de près de 800 km2, utilisé par les chasseurs, est éloigné des limites de la réserve de Minkebe. La chasse est pratiquée par les autochtones, qui accèdent à la forêt en fonction de leur lignage, mais de plus en plus par des étrangers (80% des 64 chasseurs recensés pendant l’étude !) qui doivent satisfaire à deux conditions : d’une part s’acquitter d’une redevance de 5.000 FCFA, appelée droit d’entrée, et payable chaque année auprès des autorités administratives du groupement, et d’autre part, s’intégrer à une famille, en contrepartie du versement de la moitié du prix de vente du gibier. Par ailleurs, de nombreuses tractations illégales ont été observées entre des personnes tiers appelées bangoss et les chasseurs. Ce sont essentiellement le fusil
et le piège qui sont utilisés pour la chasse. Sur les 54
chasseurs suivis durant l’étude, 52 avaient au moins une ligne
de piège, qu’ils visitent trois fois par semaine. Le porteur parcourt un minimum de
20 km par jour. Son gain est proportionnel à la charge et rarement
à la distance. Les prélèvements
Comme ailleurs, ce sont les Artiodactyles
qui paient le plus lourd tribut à la chasse (63%), et notamment
Cephalophus monticola, signe d’une forte pression de la chasse.
Les revenus de la chasse servent à satisfaire les besoins de la cellule familiale et l’achat de différents biens et services comme les frais de scolarité des enfants, le remboursement de dot, une maison, un fusil, etc.). On constate que, sur l’ensemble de la filière, ce sont les bayams qui tirent le plus profit de l’activité. Les perspectives Considérant les estimations
de prélèvements de cette étude, et l’accroissement
plus que probable de la population d’Oyem au cours des années à
venir, on peut s’inquiéter de l’impact sur la faune de l’évolution
de l’activité de chasse commerciale. D’autant que l’exploitation
forestière en gestation dans la région risque d’entraîner
de profonds et aggravants bouleversements. Source : Impact socio-économique
et spatial de la chasse commerciale sur le territoire de Konossoville
(périphérie ouest de la réserve de Minkebe-Gabon)
P. Owono Projet Minkebe
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