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La biogéographie évolutive est l'étude spatio-temporelle des diversités biologiques, de leur origine, de leur évolution et de leur régulation dans des espaces hétérogènes et changeants. C'est donc une approche qui traite à la fois les aspects historiques et contemporains de la biodiversité. Parallèlement aux travaux menés en vue de mesurer l'importance des variations climatiques sur les modifications environnementales, elle tente d'appréhender les processus macro- et micro-évolutifs des organismes vivants à différentes échelles spatiales, principalement de la flore et de la faune. Plus récemment, l'émergence des épidémies virales a poussé les biologistes à aborder l'étude biogéographique des virus HIV, SIV, Ebola, Lassa au regard de leurs hôtes respectifs. Science aujourd'hui en véritable expansion, la biogéographie évolutive a des interactions avec de nombreuses disciplines telles que la géologie, la climatologie, la paléontologie. Elle a su également intégrer les progrès réalisés, ces dernières décennies, dans les différents domaines de la biologie. Des outils analytiques, de plus en plus performants, offrent des perspectives nouvelles pour appréhender la reconstruction des scénarios évolutifs avec l'aide de modèles botaniques et fauniques variés. Fort des théories et méthodes développées, il devenait tentant d'imaginer qu'il est maintenant possible de retracer, rapidement, l'histoire de la vie durant le quaternaire récent au sein des milieux tropicaux. Ainsi s'est développée une course aux interprétations biogéographiques, notamment, en vue de localiser les zones de refuges forestiers. Il en résulte que la littérature des 20 dernières années a produit, sur la théorie des refuges, une série d'articles sujets à caution, tant par les concepts (la théorie ne s'applique, en principe, qu'au biome forestier de basse altitude et non à ceux de montagne) que par le choix des taxons (botaniques et zoologiques) sélectionnés en qualité de marqueurs biogéographiques. Ce dernier point est particulièrement important, car des études récentes montrent que :
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Qui est monté sur |
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De telles différenciations écologiques et géographiques, entre espèces phylogénétiquement proches et présentes au sein des mêmes forêts de l'Afrique centrale, s'observent dans la plupart des groupes taxinomiques. Ainsi, parmi les cercopithèques réputés forestiers, C. nictitans-mitis, l'espèce la plus abondante, présente les mêmes caractéristiques de distribution que le céphalophe bleu. Ce cercopithèque, absent de la plus grande partie de la rive gauche du Congo en RDC, est commun dans les savanes zambéziennes et des populations périphériques habitent l'Angola, l'Ethiopie, l'Afrique occidentale et australe (Fig. 2). Toutefois, les cercopithèques du complexe C. cephus/ascanius, à l'instar du céphalophe de Peters, sont strictement inféodés au massif forestier guinéo-congolais. Ainsi, les connaissances récemment acquises sur les espèces végétales et animales de l'Afrique centrale montrent que les outils analytiques nouvellement développés en biogéographie évolutive ne peuvent être utilisés qu'avec des marqueurs adaptés aux différents objectifs visés. Un même marqueur ne peut être utilisé pour tenter d'identifier, à la fois, les principales régions fauniques et/ou botaniques, les zones de refuge forestier, de dispersalisme, d'intergradation secondaire |
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Marc Colyn |