n°24 - Juillet 2003

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EBOLA
: PROBLEMATIQUES ET ENJEUX
EDITORIAL
Nous avons plusieurs
fois, dans les numéros précédents de
Canopée, évoqué le virus ébola
et les craintes qu'il soulève, d'une part, à
cause de sa virulence et de sa létalité
lorsqu'il entre en contact avec des populations humaines et
animales, d'autre part, du fait de notre ignorance
persistante quant aux raisons de sa soudaine et
épisodique apparition.
Les
épidémiologistes ne proposent que des
réponses partielles ou insuffisantes aux quatre
questions essentielles : où ? (pourquoi l'aire de
distribution du virus est-elle liée à
certaines parties des massifs forestiers d'Afrique centrale
et d'Afrique occidentale ou à leur
périphérie ?), quand ? (y-a-t-il des
périodes favorables aux épisodes sporadiques
d'apparition du virus ?), comment ? (comment le virus se
transmet-il à l'homme et, surtout, comment est-il
transmis aux mammifères dont la chair est
consommée par l'homme ?), pourqu favorisent la
transmission du virus d'un réservoir encore inconnu
à des espèces animales identifiées,
particulièrement les grands singes ?).
Ce numéro de
Canopée regroupe un ensemble de contributions
d'auteurs de disciplines variées : médecins,
anthropologistes, biologistes et conservationistes. Ces
contributions montrent combien le développement
humain, la recherche scientifique et la conservation de la
nature sont étroitement liés et que l'on ne
peut &endash; pour cette raison, mais pour bien d'autres
encore &endash;, en Afrique centrale où une partie
importante de la population humaine réside toujours
dans des habitats naturels, non urbains, réussir les
paris du développement sans mettre en place une
politique raisonnée de recherche scientifique et de
protection de la nature.
En ce qui concerne
l'homme, on conviendra que la lutte contre le virus
ébola s'exerce principalement par la
prévention et la sensibilisation, lesquelles
consistent à dire et à répéter
qu'il faut se garder de consommer la chair des grands singes
(le principe de précaution), y compris ceux
trouvés affaiblis, malades ou morts en forêt.
Le défi des scientifiques semble, par contre, sans
issue quant à la survie des grands primates. Nous
pouvons lutter contre la destruction de leur habitat, contre
leur chasse, nous pouvons créer des parcs nationaux,
mais que pouvons-nous faire contre un virus et une
épidémie ?
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