n°26 - Mai 2004

Sommaire
et
téléchargement des articles
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LA BIODIVERSITE
OUBLIEE
EDITORIAL
Nous avons
régulièrement publié dans Canopée des articles
sur des animaux prestigieux, charismatiques, connus de tous, comme les
éléphants, les grands singes et les tortues marines, animaux
que l’on a pu qualifier d’espèces-phares. L’importance
de ces espèces animales tient, d’une part, aux relations
écologiques particulières qu’elles entretiennent avec
leur milieu, du fait de leur grande taille, et, d’autre part, à
leur influence déterminante en matière de conservation puisque
leur présence et leur fréquence servent, souvent, de critères
à la création des aires protégées. On leur
a aussi donné le qualificatif d’« umbrella species
», parce que, sous leur protection tutélaire, l’ensemble
de la faune et de la flore bénéficie de mesures de conservation.
Dans ce numéro
de Canopée, nous tournons nos regards vers un autre monde, qui
contient pourtant, en nombre d’espèces animales, la majeure
partie de la biodiversité. Si le nombre d’espèces
de reptiles, d’amphibiens et de poissons qui vivent dans les régions
tropicales d’Afrique est d’un ordre de grandeur similaire
à celui des mammifères et des oiseaux – à tel
point qu’un homme pourrait, au cours de son existence, connaître
la totalité des espèces d’un de ces groupes –,
lorsque l’on entre dans le monde des invertébrés,
les chiffres doivent être multipliés par 10, 100, voire 1
000.
La connaissance de
ces groupes animaux est encore imparfaite (la découverte d’espèces
inconnues en témoigne, comme le montrent les articles ici publiés)
et chaque scientifique qui entreprend l’étude d’un
groupe fait rapidement figure de spécialiste. C’est à
ces spécialistes que nous nous sommes adressés pour obtenir
des articles sur les reptiles et les amphibiens, les escargots, les papillons
diurnes et les poissons des eaux douces.
Dans une optique plus
conservationniste, l’article sur les requins révèle
que, bien que leur seul nom soit populaire – même si l’animal
ne l’est pas –, ces grands et moyens poissons prédateurs
sont encore mal connus et qu’il n’existe pas, en Afrique centrale,
de données détaillées sur leurs effectifs et leur
abondance.
D’autres groupes
d’invertébrés que les papillons diurnes et les escargots
auraient, grâce à leurs modes de vie passionnants, mérité
de figurer dans ce numéro. On pense ici surtout aux fourmis, aux
termites, aux
abeilles et aux araignées qui ont déjà fait l’objet
de recherches avancées sur le terrain. On aurait pu aussi
évoquer des insectes moins attractifs mais dont l’influence
sur la santé humaine en milieu tropical est considérable
: mouches et moustiques.
Pour revenir,
en conclusion, à une espèce-phare, nous prenons connaissance
des premiers résultats du suivi par satellite des éléphants
du parc national de Zakouma.
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