Zones Cynégétiques Villageoises
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Données générales

Monte Alen map

Statut :

Zones cynégétiques bénéficiant d'une protection par décret


Superficie :

± 80 000 km2


Coordonnées géographiques :

 

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Contexte général

 

Le programme de développement de la région nord (PDRN) entame fin 2000 sa troisième phase, en s’associant au programme ECOFAC, après avoir bénéficié de deux financements successifs (1988 à 1994, et 1994 à 2000).

La région nord se caractérise par :

  • une biodiversité extrêmement riche, où se côtoient des espèces animales et végétales reliques pour cette latitude;
  • une très grande diversité de zones naturelles fragilisées par des aléas climatiques importants, et par un pillage accéléré des ressources naturelles;
  • une pression importante sur la faune exercée tant par la population autochtone qu’étrangère;
  • une densité de population inférieure à 0,5 hab/km2, avec une tradition culturelle basée sur la chasse, la pêche, et la cueillette;
  • une grande hétérogénéité des ethnies et des religions;
  • des frontières très perméables entre le Tchad et le Soudan;
  • des difficultés de valorisation des produits liées à la faible densité de population, et à l’éloignement des centres de consommation, qu’aggravent un réseau routier inexistant, et un pouvoir d’achat en constante diminution;
  • un isolement administratif et politique de plus en plus marqué par les soubresauts sociopolitiques qui agitent le pays;
  • une insécurité importante sur les voies d’accès qui pénalise les approvisionnements en produits de première nécessité.


Compte tenu de l’expérience de la première phase, il était prévu, au cours de la seconde, d’opérer un recentrage géographique, en remettant la responsabilité de la gestion du parc national de Bamingui-Bangoran (nord) aux autorités centrafricaines, et en diminuant considérablement les activités dans la zone de Birao (ouest).

Un recentrage technique était également retenu en délaissant progressivement
des activités de développement rural classiques au profit d’activités liées directement à l’exploitation durable des ressources naturelles.

L’objectif était de recadrer les objectifs du programme (trop ambitieux en première phase pour être réalistes) sur des objectifs plus précis, et plus en phase avec le développement des populations locales. Ce travail de redéfinition des opérations allait aboutit en 1999 à la mise en place des premières zones cynégétiques villageoises, s’appuyant sur un contrôle effectif des aires protégées voisines.
Toutefois, le recentrage prévu aura été relatif, les autorités centrafricaines sollicitant de manière conséquente le programme pour la gestion du parc national de Bamingui-Bangoran, et exigeant également un volet infrastructures sociales à la charge du PDRN.

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Activités engagées et résultats obtenus au cours des précédentes phases

 

Si les résultats obtenus au cours de la deuxième phase sont globalement encourageants, il convient de souligner que au cours de ses douze années d’existence, le PDRN a connu des succès divers, et s’est régulièrement heurté à l'incompréhension des autorités et des populations. Le braconnage, et en particulier le braconnage commercial soudano-tchadien, reste un fléau qui menace les ressources naturelles. La lutte anti-braconnage reste une nécessité, même si elle a de nombreuses fois endeuillé la composante, et si elle est encore perçue par une partie de la population comme le principal obstacle à leur adhésion aux objectifs poursuivis.

En matière d'amélioration de la protection des ressources naturelles les résultats sont donc mitigés, comme le démontre l'analyse de l'évolution des principales espèces de la grande faune entre 1994 (fin de la phase) et 1998 :

  • un accroissement très sensible pour l'éléphant (+50%), le phacochère (+ 300%), le potamochère (+75%), 1'hylochère (+40%), l'ourébi, le bongo, l'élan de Derby, le grand koudou, le lycaon et le léopard;
  • une évolution négative importante pour 1'hyène tachetée (-80%), le lion (-60%), le guépard ( -50%), la girafe (-50%), les cobs, rédunca, bubales, buffles (sauf dans la zone pilote de Sangba) et autruches (entre -60 et 30%).


L'augmentation des élans de Derby, des bongos, des grands koudous et du léopard, représentant destrophées de chasse de grande valeur, est particulièrement importante pour la réussite du volet ZCV.

Déjà amorcée au début de la seconde phase, la volonté de responsabiliser progressivement les cadres nationaux parallèlement au désengagement de l'assistance technique n'a pas toujours débouché sur le succès escompté, le Ministère de tutelle éprouvant encore des difficultés à identifier et affecter sur le terrain suffisamment de cadres expérimentés et motivés.
Si les cadres expérimentés prêts à s'investir dans les conditions difficiles du PDRN (isolement, insécurité, relations difficiles avec les notables et populations locales... ) se sont avérés très rares, quelques jeunes recrues stabilisées sur la composante se sont montrées décidées à se battre pour les objectifs du PDRN malgré le peu de soutien apporté par les administrations, notables et politiques locaux.

En matière d'exploitation des ressources naturelles et d'adhésion des populations, on peut constater à la fin de la seconde phase que la gestion de la faune au travers des Zones Cynégétiques Villageoises a rencontré l'engouement des populations locales et de leur dirigeants. Par conséquent, il en a été fait l'axe principal du prochain financement. Depuis le lancement en 1992 sous forme de projet pilote de cette expérience, elle a généré près de 200 millions de FCFA de recettes au niveau des villages concernés, dont presque 170 millions pour les deux zones d'Idongo-Da-Bangoran et Bohou Kpata. Cela revient en moyenne à 13 millions de FCFA par village par saison. Il n'est par conséquent pas étonnant qu'à la fin du programme, 6 autres zones soient en voie de préparation à la demande des populations et des autorités locales.

Deux autres faits importants au cours de cette seconde phase témoignent de 1’impact positif du programme dans la région, et méritent d'être soulignés:

  • la constitution spontanée de milices villageoises au nord-est du parc national Manovo-Gounda-St Floris, et leur participation bénévole à des actions ponctuelles de lutte contre le braconnage étranger aux côtés du service de la conservation du Projet témoigne, sinon d'un changement de mentalité profond, au moins d'une prise de conscience de l'importance socio-économique de la faune en tant que ressource naturelle;
  • le regroupement dans la zone dirigée par le PDRN, de la majorité des sociétés de chasse obligées de quitter d'autres contrées où la raréfaction du gibier illustre l’impact dramatique du braconnage non contrôlé. Ces Sociétés, souvent extrêmement hostiles au PDRN lors de son lancement, admettent aujourd'hui que les résultats obtenus dans le nord de la Centrafrique font de cette région la seule qui garde de nos jours un potentiel important pour le tourisme cynégétique, tant par sa sécurité relative que par la densité de gibier de valeur qu'elle peut encore garantir. Alors que des amodiataires de secteurs contigus sont (enfin) prêts à collaborer avec le PDRN pour assurer la survie de leur territoire de chasse, d'autres souhaitent de plus en plus amener leurs clients dans les ZCV.

Tant en matière de rationalisation de l'exploitation des ressources naturelles, que de l'adhésion des populations locales, les résultats sont par conséquent très encourageants, et ont orienté le projet de Développement des Zones Cynégétiques Villageoises, nouvelle composante du programme ECOFAC.

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Perspectives

 

Nous résumons ci-dessous les principales conclusions non seulement de la seconde phase du PDRN mais de douze ans d'intervention appuyée par la Commission européenne dans la région nord.

1. sur le plan technique :

  • en matière de conservation et protection de la faune l'intervention du PDRN a permis de diminuer de façon conséquente, et par moment même d'arrêter, l'hémorragie de la grande faune du nord de la RCA. Sans le programme, la plupart des espèces animales (éléphants, girafes, cobs, damalisques,
    élans, hippopotames, buffles, ... ) auraient certainement disparu. L'action du programme a même permis une augmentation des populations de certaines espèces (éléphants, élans de Derby, bongos, léopards, lycaons, ... );

  • en matière de rationalisation de l'exploitation des ressources naturelles, et de développement socio-économique, l'expérience des zones cynégétiques villageoises s'est avérée techniquement, socialement et économiquement très pertinente, et parfaitement appropriée au contexte et potentiel de la région
    nord. Elle représente non plus une perspective, mais une réalité qui fait l'unanimité des populations et notables de la région. Expérience unique en Afrique francophone, elle a fait ses preuves et constitue par conséquent la voie à suivre par le programme ;

  • même si les comités de gestion des ZCV contribuent à la surveillance de leurs zones, une lutte anti-braconnage plus intensive restera indispensable dans les parcs nationaux et leur périphérie;

  • la question des armements et des munitions pour la lutte anti-braconnage est, depuis les événements de 1996, extrêmement délicate. Mais un équipement conséquent des surveillants-pisteurs est indispensable pour pouvoir affronter le braconnage étranger. Les expériences mobilisant les Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont d'autre part bien démontré que celles-ci ne sont ni
    équipées, ni formées, ni motivées pour ce genre d'opération;

  • toutes les recherches effectuées dans le nord, région très mal connue par la science, confirment son rôle de charnière écologique entre les zones forestières du sud et les zones de savane du nord, et démontrent une richesse faunistique et floristique exceptionnelle.


2. sur le plan institutionnel

  • de façon générale, l'Etat centrafricain, et en particulier les forces de l'ordre, sont totalement absents de la région nord, comme en témoignent les incursions régulières sur des centaines de kilomètres à l'intérieur de la RCA de dizaines, voire de centaines, de braconniers soudanais, et l'implantation de villages tchadiens sur le territoire centrafricain. L'Etat n'a pas les moyens de contrôler ce territoire, et un appui conséquent de partenaires extérieurs (Commission Européenne, UNESCO, GEF, fondations, ... ) demeurera longtemps nécessaire;

  • la gestion d'aires protégées, et la valorisation des ressources naturelles sont des disciplines relativement neuves en RCA, et le MEEFCP ne dispose quasiment pas de cadres avec une expérience de terrain appropriée, notamment en matière de lutte anti-braconnage, et motivés pour travailler dans les conditions difficiles du nord de la RCA.

  • la sélection de jeunes cadres et des formations poussées sur le tas sont indispensables ;

  • le problème du braconnage étranger en RCA ne peut se résoudre par une intervention limitée à la RCA, mais nécessite une concertation et des mesures au plus haut niveau entre la RCA, le Tchad et le Soudan. La Commission européenne pourrait appuyer une telle concertation ;

  • le travail législatif réalisé par le programme doit créer le cadre juridique pour asseoir sur des bases saines et claires les expériences de gestion communautaire des ressources naturelles. Il est important qu'il aboutisse rapidement et que les organes de décision de la RCA se prononcent à son sujet;

  • enfin, l'effort de consolidation et d'extension des ZCV a déjà débuté, mais nécessite d'être poursuivi et intensifié, notamment afin que les comités de gestion acquièrent la maturité et les capacités de gestion technique, financière et commerciale.

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