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Si les
résultats
obtenus au cours de la deuxième phase sont globalement
encourageants, il convient de souligner que au cours de ses douze
années dexistence, le PDRN a connu des succès
divers, et sest régulièrement heurté
à l'incompréhension des autorités et des populations.
Le braconnage, et en particulier le braconnage commercial soudano-tchadien,
reste un fléau qui menace les ressources naturelles. La lutte
anti-braconnage reste une nécessité, même si
elle a de nombreuses fois endeuillé la composante, et si
elle est encore perçue par une partie de la population comme
le principal obstacle à leur adhésion aux objectifs
poursuivis.
En matière d'amélioration de la protection des ressources
naturelles les résultats sont donc mitigés, comme
le démontre l'analyse de l'évolution des principales
espèces de la grande faune entre 1994 (fin de la phase) et
1998 :
- un
accroissement très sensible pour l'éléphant
(+50%), le phacochère (+ 300%), le potamochère (+75%),
1'hylochère (+40%), l'ourébi, le bongo, l'élan
de Derby, le grand koudou, le lycaon et le léopard;
- une
évolution négative importante pour 1'hyène
tachetée (-80%), le lion (-60%), le guépard ( -50%),
la girafe (-50%), les cobs, rédunca, bubales, buffles (sauf
dans la zone pilote de Sangba) et autruches (entre -60 et 30%).
L'augmentation des élans de Derby, des bongos, des grands
koudous et du léopard, représentant destrophées
de chasse de grande valeur, est particulièrement importante
pour la réussite du volet ZCV.
Déjà amorcée au début de la seconde
phase, la volonté de responsabiliser progressivement les
cadres nationaux parallèlement au désengagement de
l'assistance technique n'a pas toujours débouché sur
le succès escompté, le Ministère de tutelle
éprouvant encore des difficultés à identifier
et affecter sur le terrain suffisamment de cadres expérimentés
et motivés.
Si les cadres expérimentés prêts à s'investir
dans les conditions difficiles du PDRN (isolement, insécurité,
relations difficiles avec les notables et populations locales...
) se sont avérés très rares, quelques jeunes
recrues stabilisées sur la composante se sont montrées
décidées à se battre pour les objectifs du
PDRN malgré le peu de soutien apporté par les administrations,
notables et politiques locaux.
En matière d'exploitation des ressources naturelles et d'adhésion
des populations, on peut constater à la fin de la seconde
phase que la gestion de la faune au travers des Zones Cynégétiques
Villageoises a rencontré l'engouement des populations locales
et de leur dirigeants. Par conséquent, il en a été
fait l'axe principal du prochain financement. Depuis le lancement
en 1992 sous forme de projet pilote de cette expérience,
elle a généré près de 200 millions de
FCFA de recettes au niveau des villages concernés, dont presque
170 millions pour les deux zones d'Idongo-Da-Bangoran et Bohou Kpata.
Cela revient en moyenne à 13 millions de FCFA par village
par saison. Il n'est par conséquent pas étonnant qu'à
la fin du programme, 6 autres zones soient en voie de préparation
à la demande des populations et des autorités locales.
Deux autres faits importants au cours de cette seconde phase témoignent
de 1impact positif du programme dans la région, et
méritent d'être soulignés:
- la
constitution spontanée de milices villageoises au nord-est
du parc national Manovo-Gounda-St Floris, et leur participation
bénévole à des actions ponctuelles de lutte
contre le braconnage étranger aux côtés du
service de la conservation du Projet témoigne, sinon d'un
changement de mentalité profond, au moins d'une prise de
conscience de l'importance socio-économique de la faune
en tant que ressource naturelle;
- le
regroupement dans la zone dirigée par le PDRN, de la majorité
des sociétés de chasse obligées de quitter
d'autres contrées où la raréfaction du gibier
illustre limpact dramatique du braconnage non contrôlé.
Ces Sociétés, souvent extrêmement hostiles
au PDRN lors de son lancement, admettent aujourd'hui que les résultats
obtenus dans le nord de la Centrafrique font de cette région
la seule qui garde de nos jours un potentiel important pour le
tourisme cynégétique, tant par sa sécurité
relative que par la densité de gibier de valeur qu'elle
peut encore garantir. Alors que des amodiataires de secteurs contigus
sont (enfin) prêts à collaborer avec le PDRN pour
assurer la survie de leur territoire de chasse, d'autres souhaitent
de plus en plus amener leurs clients dans les ZCV.
Tant
en matière de rationalisation de l'exploitation des ressources
naturelles, que de l'adhésion des populations locales, les
résultats sont par conséquent très encourageants,
et ont orienté le projet de Développement des Zones
Cynégétiques Villageoises, nouvelle composante du
programme ECOFAC.
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