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ECOFAC : les acquis
ECOFAC en quelques mots

Reconnaissant l'importance des écosystèmes forestiers tropicaux, tout comme le rôle des aires protégées pour la conservation de cet héritage naturel, la Commission européenne a initié dès 1992 un important programme régional de conservation des forêts tropicales, s'appuyant sur l'aménagement des aires protégées.


Le programme ECOFAC concerne six pays (Congo-Brazzaville, Gabon, Cameroun, Guinée-équatoriale, République Centrafricaine, São Tomé e Príncipe). Une septième composante, la République démocratique du Congo, un pays qui possède plus 60% de la forêt dense d'Afrique centrale, n'a jamais vu ses activités démarrer du fait de l'instabilité politique qui caractérisait le pays au début des années 1990.

Lorsque le programme a été lancé, il n'y avait pratiquement aucune aire protégée aménagée en Afrique centrale, malgré l'existence de plusieurs "parcs de papier" dont certains créés dès les années 1930. Dix années plus tard, la situation a considérablement évolué.

Grâce à l'intervention du programme ECOFAC, quelque 28.000km2 de forêt sont maintenant gérés, fonctionnant comme des aires protégées. Des infrastructures ont été mises en place, du personnel recruté et formé, des systèmes de surveillance organisés, et des programmes de recherche appliquée à la conservation initiés. Une approche innovante de la gestion des aires protégées est développée, notamment à travers des outils comme le Cybertracker , qui révolutionne le suivi des activités de conservation, et permet de rapides prises de décision basées sur des données concrètes.

 

Les prospections et inventaires biologiques réalisés dans le cadre du programme ECOFAC ont révélé des sites d'une importance biologique insoupçonnée jusqu'à lors, et permis la création ou extension de zones bénéficiant d'un statut de protection.


Ainsi fut découverte la plus forte densité connue à ce jour de gorilles de plaine dans le nord du parc national d'Odzala (5 -10 individus/km2), tout comme un nombre particulièrement remarquable d'éléphants de forêt. C'est cette découverte qui a motivé la décision du gouvernement congolais d'étendre, en mai 2001, la superficie du parc d'Odzala de 2600 km2 to 13.600 km2.

De façon similaire, le gouvernement de Guinée-équatoriale a doublé la taille initialement annoncée pour le parc national de Monte Alen, suivant les recommandations de le lier à deux autres aires protégées. C'est ainsi un massif forestier de 2600 km2 qui a été classé, représentant 10% de la partie continentale du pays.

 Les besoins et aspirations des populations locales riveraines aux aires protégées ont toujours constitué une préoccupation majeure du programme ECOFAC. L'enclavement et la précarité du contexte socio-économique rendent les populations rurales extrêmement dépendantes des ressources naturelles, Développer des stratégies satisfaisant les besoins légitimes des populations sans compromettre les objectifs de conservation est loin d'être aisé.

 

ECOFAC a beaucoup investi dans la recherche de solutions alternatives pour notamment réduire la pression de la chasse sur les populations animales. Plusieurs sites gérés avec l'aide d'ECOFAC présentant des densités importantes de grands singes, il a été possible de développer des activités d'éco-tourisme basées sur l'observation des gorilles, et générant des revenus significatifs pour les populations locales.

Un exemple remarquable de cette approche de conservation communautaire a été développé en périphérie du parc national d'Odzala, sur le site de Lossi. Ici, les utilisateurs de la forêt ont créé un sanctuaire de gorilles d'où toute activité de chasse est bannie, réalisant que l'observation de gorilles par des visiteurs et la présence de sociétés de filmage rapportaient bien plus que l'utilisation traditionnelle de leur terroir.

Pour en savoir plus sur l'expérience menée sur le site de Lossi vous pouvez également télécharger (ou consulter en ligne) l'article de Canopée suivant :


Dans le nord de la RCA, les populations locales ont considérablement renforcé la protection de leur zone grâce à des partenariats développés avec des chasseurs professionnels. Les revenus obtenus des safaris de chasse sont investis dans des activités de développement bénéficiant à la communauté, ainsi qu'à l'aménagement des zones concédées.

Voir à ce sujet notre rubrique sur les "Zones Cynégétiques Villageoises"