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Extrait
du journal de bord
Dans le but de glaner un maximum d'informations sur l'utilisation du domaine vital des groupes à suivre un (idéalement plusieurs) groupe dans ses déplacements quotidiens, et ceci de manière continue (c'est-à-dire durant toute une journée et d'un jour à l'autre, sans jamais perdre la trace du groupe suivi). Mais pour parvenir à ce résultat, un long travail de mise en place est nécessaire. Une première
étape a consisté à réunir une équipe
de pisteurs. Le travail de pistage est très délicat : il
requiert beaucoup d'endurance et de patience, de fines capacités
d'observation, et une grande connaissance de la forêt et de la faune.
C'est dans les villages en périphérie du parc qu'on été
trouvé les meilleurs pisteurs, tous d'anciens chasseurs, recyclés
pour la cause de la conservation !
Mais les gorilles
ne sont pas les seuls animaux de la forêt, et les traces d'éléphants,
des antilopes, et autres potamochères rendent le " pistage
" encore plus délicat. Un véritable travail de fourmi,
dont nous sommes largement récompensés lorsque nous parvenons
à rejoindre et observer le groupe. |
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Accroupis
pour ne pas effrayer les gorilles, nous assistons au repas du groupe dans
les arbres.
A quatre pattes sous les longues tiges de marantacées, nous observons
les individus restes au sol jusqu'à ce que, une fois leurs estomacs
rassasiés, le groupe se remet en route
. Mais les gorilles sont
parfois inquiétés par la présence de ces curieux animaux
que sont les observateurs humains. Ils dégringolent alors des arbres
et s'enfuient. Certaines
réactions sont plus démonstratives et il nous arrive parfois
d'essuyer une charge d'intimidation exécutée par le mâle
dominant du groupe. Nous décidons alors de rebrousser chemin afin
de calmer les animaux et de leur permettre de reprendre leur route.Un autre type de traces d'importance laissées par les gorilles sont encore leurs crottes. Celles-ci nous apportent une grande quantité d'informations puisque leur diamètre est corrélé a la taille (et donc l'âge) de l'individu qui l'a déposée. De plus, elles contiennent fréquemment les graines des fruits consommés. Au cours du suivi, nous récoltons donc ces crottes et, de retour au camp, nous analysons leur contenu en les passant dans des tamis. Afin de faciliter nos déplacements au cur de la forêt, nous continuons d'ouvrir des sentiers et de dresser une carte de leur répartition sur la zone de recherche. Celle-ci présentera également la position relative des clairières, des rivières, et des larges pistes utilisées par les éléphants. Enfin, il nous faut encore acquérir des informations sur les périodes de fructification des différents arbres consommés par les gorilles. Pour ce faire, nous avons établi un circuit phénologique de 10 km au long duquel les arbres-ressources ont été marqués, leurs mensurations prises, et leur état de feuillaison, floraison ou fructification contrôlé de manière mensuelle. |
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