Extrait du journal de bord de l'équipe forêt Accueil ECOFAC
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Extrait du journal de bord
   

-> Voir aussi à ce sujet, les rubriques :

- Suivi écologique
- Gorilles de Mikongo

Extrait du journal de bord

Dans le but de glaner un maximum d'informations sur l'utilisation du domaine vital des groupes à suivre un (idéalement plusieurs) groupe dans ses déplacements quotidiens, et ceci de manière continue (c'est-à-dire durant toute une journée et d'un jour à l'autre, sans jamais perdre la trace du groupe suivi). Mais pour parvenir à ce résultat, un long travail de mise en place est nécessaire.

Une première étape a consisté à réunir une équipe de pisteurs. Le travail de pistage est très délicat : il requiert beaucoup d'endurance et de patience, de fines capacités d'observation, et une grande connaissance de la forêt et de la faune. C'est dans les villages en périphérie du parc qu'on été trouvé les meilleurs pisteurs, tous d'anciens chasseurs, recyclés pour la cause de la conservation !


Sur le terrain, les indices les plus évidents de la présence de gorilles sont leurs empreintes sur le sol. Les gorilles sont quadrupèdes. Pour se déplacer, ils prennent appui sur la plante des pieds et sur la deuxième phalange des doigts de leurs mains.

nb : cliquez sur les vignettes pour les agrandir


Dans certains habitats, le sol n'est pas assez meuble pour que les empreintes soient visibles, il nous faut alors détecter d'autres indices permettant de poursuivre le suivi telles des feuilles froissées, retournées, des plantules écrasées, la rosée sur les feuilles et frottée par le pelage des animaux,…

Mais les gorilles ne sont pas les seuls animaux de la forêt, et les traces d'éléphants, des antilopes, et autres potamochères rendent le " pistage " encore plus délicat. Un véritable travail de fourmi, dont nous sommes largement récompensés lorsque nous parvenons à rejoindre et observer le groupe.

Accroupis pour ne pas effrayer les gorilles, nous assistons au repas du groupe dans les arbres. A quatre pattes sous les longues tiges de marantacées, nous observons les individus restes au sol jusqu'à ce que, une fois leurs estomacs rassasiés, le groupe se remet en route…. Mais les gorilles sont parfois inquiétés par la présence de ces curieux animaux que sont les observateurs humains. Ils dégringolent alors des arbres et s'enfuient.

Certaines réactions sont plus démonstratives et il nous arrive parfois d'essuyer une charge d'intimidation exécutée par le mâle dominant du groupe. Nous décidons alors de rebrousser chemin afin de calmer les animaux et de leur permettre de reprendre leur route.


Un autre type de traces d'importance laissées par les gorilles sont encore leurs crottes. Celles-ci nous apportent une grande quantité d'informations puisque leur diamètre est corrélé a la taille (et donc l'âge) de l'individu qui l'a déposée. De plus, elles contiennent fréquemment les graines des fruits consommés. Au cours du suivi, nous récoltons donc ces crottes et, de retour au camp, nous analysons leur contenu en les passant dans des tamis.

Afin de faciliter nos déplacements au cœur de la forêt, nous continuons d'ouvrir des sentiers et de dresser une carte de leur répartition sur la zone de recherche. Celle-ci présentera également la position relative des clairières, des rivières, et des larges pistes utilisées par les éléphants.

Enfin, il nous faut encore acquérir des informations sur les périodes de fructification des différents arbres consommés par les gorilles. Pour ce faire, nous avons établi un circuit phénologique de 10 km au long duquel les arbres-ressources ont été marqués, leurs mensurations prises, et leur état de feuillaison, floraison ou fructification contrôlé de manière mensuelle.