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Journée type d'observation
Extrait du journal de bord
   

-> Voir aussi à ce sujet, les rubriques :

- Suivi écologique
- Gorilles de Mikongo


Une journée type d'observation

Levés à l'aube alors que les petits singes de la forêt s'éveillent à peine, nous quittons le camp pour emprunter le sentier menant à la clairière d'Ibandzi. Depuis 8 mois, nous " damons " cette piste, baptisée de fait " Macadam " !
7h15…nous arrivons à notre point d'observation : le mirador.

Mirador d'observationSa structure offre deux points de vue différents et complémentaires : le " rez-de-chaussée " permet de faire partie de la scène, tandis que le 1er étage, élevé à 2m50, donne une vue plongeante sur la clairière.

Plus sporadiquement, nous observons :

Hylochères
des hylochères,
des colobes,
et des éléphants

nb : cliquez sur les vignettes pour les agrandir

Bien d'autres choses restent encore à y découvrir, mais ne dévoilons pas tous les secrets d'Ibandzi…

   

 

 

 

 

 

Nous voici installés dans le mirador, lunette sur pied et jumelles sous la main, nous attendons les gorilles…

Un groupe fait son entrée. Notre premier travail consiste à l'identifier. Le connaissons-nous ? Nous faisons tout d'abord une description du groupe en termes de composition (selon les classes d'âges et le sexe des individus présents) et de caractères individuels permettant de distinguer un gorille d'un autre.

Un appareil photo numérique permet d'avoir un cliché de chaque individu pénétrant dans la saline.

Nous complétons ainsi notre fichier d'identification de la population de gorilles de la région de Lokoué.

Lorsque plusieurs groupes et/ou solitaires sont présents simultanément dans la clairière, nous étudions le comportement des gorilles lors de ces rencontres.Nous pensons que ces rencontres pourraient favoriser la connaissance des individus inter-groupes et ainsi faciliter les transferts de femelles d'un groupe à l'autre et, avec par voie de conséquence, un impact sur la dynamique des groupes.

Enfin, pour avoir accès au patrimoine génétique de la population de gorilles recensée, nous récoltons des échantillons de crottes. Pour ce faire, deux possibilités : si un groupe est arrivé de bonne heure sur la clairière, nous pouvons remonter la piste pour localiser le site de nidification et procéder à la récolte des excréments déposés dans les nids. Si la visite est plus tardive, nous attendons la sortie du groupe de la clairière pour le pister en forêt, grâce aux talents de Rémy, Jean-Bruno ou Serge, jusqu'à ce que nous trouvions leurs crottes déposées en chemin. L'analyse moléculaire de ces échantillons va nous permettre d'établir des " cartes d'identité " basées sur le patrimoine génétique et retracer, entre autres, les liens de parenté unissant les individus de cette population.

  A 15h30, c'est le retour au campement pour la mise au propre de nos notes, une bonne douche, un repas bien chaud et un sommeil salvateur. En brousse, on se couche tôt (rarement au delà de 8h) car il faut être sur pied dès 5h du matin !

Vue de la clairière
par le satellite Ikonos

Iboundji n'est pas la seule clairière de la zone de Lokoué. De nombreuses autres petites et grandes clairières y sont disséminées et sont autant de " fenêtres " dans la forêt. La présence de ces clairières influence indéniablement l'écologie des gorilles puisqu'ils y trouvent une source de nourriture à part entière.

  • Mais quelle est la mesure de cette influence ?
  • Quelles conséquences ces clairières ont-elles sur les déplacements des groupes ?
  • Sur la composition de leur régime alimentaire ?
  • De quelle manière les différents groupes en présence se partagent-ils le territoire ?

Autant de questions auxquelles il n'est pas possible de répondre par les seules observations en clairière. C'est donc ici qu'intervient l'équipe "forêt" (cf. "Extrait du journal de bord de l'équipe "forêt".