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IBIS OLIVE
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Les ibis forestiers du genre Bostrychia se distinguent par leur plumage sombre. En Afrique centrale, sur le continent, trois espèces se rencontrent : deux ne quittent pas les forêts primaires, une troisième, d'aspect assez différent, l'ibis hagedash Bostrychia hagedash (Hadada), occupe les grandes rivières en milieu forestier, mais également les savanes littorales, les galeries forestières et les mangroves. La distribution des deux ibis forestiers de l'ancien genre Lampribis est plus limitée, quoique l'un d'eux, l'ibis vermiculé Bostrychia rara (Spot-breasted Ibis), atteint la limite du massif forestier et vit dans les grandes galeries forestières à sous-bois marécageux. Ces deux espèces forestières, l'ibis olive et l'ibis vermiculé, se distinguent de l'ibis hagedash par la présence d'une crête de plumes assez développée sur l'arrière de la tête et par un comportement beaucoup plus discret. Il est presque exceptionnel de les rencontrer pendant la journée, alors qu'ils se nourrissent dans les marécages forestiers, le long des rivières ou en sous-bois humide, et la plupart des observations se font au crépuscule ou à l'aube, lorsque ces ibis rejoignent ou quittent, en émettant des cris caractéristiques, leurs dortoirs. L'ibis hagedash est par contre un oiseau bien mieux connu, remarquablement bruyant et facile à observer pendant le jour, là où il vit. Les habitudes discrètes des ibis vermiculés ont pu laisser penser qu'il s'agissait d'une espèce peu commune, voire rare; ce n'est pas le cas au Gabon ou en Afrique centrale forestière. Par contre, l'ibis olive paraît bien être, sur toute son aire de distribution, une espèce peu commune. |
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L'ibis de forêt de Príncipe représente une sous-espèce endémique de l'ibis olive, décrite sous le nom rothschildi en 1919. La distribution de l'espèce couvre quelques pays d'Afrique occidentale et centrale (la Sierra Leone, le Libéria, la Côte-d'Ivoire, le Ghana, le Cameroun, le Gabon, le Congo, la République démocratique du Congo, le Kenya et la Tanzanie); elle n'est pas connue de l'île de Bioko. Les observations de l'ibis olive de Príncipe restent exceptionnelles. Lorsqu'il est découvert en 1865, il est réputé ne vivre que dans les forêts du sud de l'île. Au début du siècle, un nouveau spécimen est collecté vers la roça Infante Dom Henrique, au sud-est de l'île. Les prospections du collecteur Correia n'ont pas apporté d'informations nouvelles, mais ceux qui connaissent le comportement de l'espèce sur le continent savent combien il est difficile de l'observer. Il est donc probable que depuis les oiseaux collectés à la fin du siècle dernier et au début de ce siècle, la destruction de son habitat ne peut pas être considérée comme une cause de son éventuelle raréfaction. En fait, la partie
sud et centrale montagneuse de l'île ayant
été pratiquement inexplorée, il y a peu
de raisons pour que cet oiseau se soit
raréfié. La seule raison pourrait être
le dérangement causé à des couples sur
le nid par des groupes de cercopithèques mones. |
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À sa découverte, le nom local corvão est indiqué à Dohrn; ce nom, d'origine portugaise, se réfère à l'évidence à son cri proche des croassements de corvidés. Récemment, on nous a mentionné l'appellation díogo, de la langue créole, pour caractériser un oiseau presque légendaire qui vole la nuit ou à l'aube et qui vit en montagne. L'ibis vermiculé et l'ibis olive se différencient, en Afrique centrale, par leur comportement de recherche de nourriture. L'ibis vermiculé se cantonne dans les bas-fonds marécageux en forêt pour y rechercher des invertébrés, l'ibis olive recherche le sol humide de la forêt primaire, mais pas exclusivement les bas-fonds marécageux. C'est probablement le même comportement adopté à Príncipe où les bas-fonds marécageux sont presque exceptionnels en forêt, les ruisseaux y coulant rapidement sur des sols accidentés et rocheux. L'ibis doit rechercher les invertébrés dont il se nourrit sur le sol de la forêt primaire qui est, dans cette région, abondamment recouvert de pierres et de rochers aux arêtes aiguës. Il est probable que les escargots et les limaces forment une part importante de sa diète. La très haute humidité et la forte pluviométrie de la partie sud et centre de l'île favorisent cet oiseau qui doit fouiller sous les feuilles mortes ou à la surface de la terre à l'aide de son bec pour saisir des proies. En Afrique
orientale, la sous-espèce
akeleyorum du Kenya et de Tanzanie est
un oiseau de forêt d'altitude, vivant entre 1.000 et
3.700 mètres. |
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La description générale de l'ibis est celle d'un oiseau brun, à crête développée de plumes sur l'arrière de la tête, à bec relativement court, d'un rouge terne à rouge brique, à attitude assez horizontale sur des pattes paraissant courtes. Il n'a pas l'allure élégante d'autres échassiers. Les rencontres avec cet oiseau donnent rarement l'occasion de détailler les caractères du plumage. L'ibis olive a un comportement caractéristique; dérangé, il s'envole généralement sans crier, et perche à moyenne ou grande hauteur sur une grosse branche horizontale où il est souvent difficile à localiser. Il y reste immobile et silencieux, ne prenant à nouveau son vol que s'il se sait recherché. C'est seulement durant ces instants brefs que l'on pourrait observer avec attention son plumage. La tête, les côtés de la tête et le cou sont bruns, à l'exception d'une zone de peau nue noire devant et dessous les yeux. La crête de plumes à l'arrière de la tête est bien développée : les plumes de la crête brunes sont plus pâles en leur centre et leur bordure présente un reflet bleu pourpré. Le dos est olive foncé, à reflets métalliques vert sombre, les couvertures alaires sont vert brillant à reflets bronze pourpré, les grandes couvertures sont d'un pourpré plus sombre, les rémiges primaires brun pourpré. Le croupion forme une des parties les plus colorées de l'ibis, d'un bleu pourpré, avec des reflets vert olive. Les rectrices sont bleu foncé à reflets, les sous-caudales d'un vert sombre teinté de pourpré. Le dessous du corps est brun, plus foncé sur le bas du ventre. La population de l'ibis olive de Príncipe a été séparée, au niveau subspécifique, des oiseaux du continent sur la base de la forme de la crête, plus étagée sur le cou. L'observation de l'ibis de Príncipe peut être faite dans les meilleures conditions en étant en forêt dès l'aube ou jusqu'au crépuscule, rares moments pendant lesquels cet oiseau peut être repéré au cri. Quoiqu'il en soit, l'étendue des forêts primaires du sud et du centre de l'île étant assez restreinte, environ quarante kilomètres carrés, il est probable que la population de cette sous-espèce soit peu importante, et n'atteigne que quelques dizaines de couples. Les ibis olive du
continent sont moins vocaux que l'espèce proche,
l'ibis vermiculé. Ils émettent, à
l'aube et en fin de journée, des cris typiques :
haan-ha,
haan-ha, accentués sur la
première syllabe, sur un rythme moins rapide que les
cris des ibis vermiculés qui rappelleraient des cris
d'oies. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |