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PIGEON DE SÃO TOMÉ
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Ce très grand pigeon est ici considéré comme une espèce endémique à São Tomé et non comme un représentant insulaire du pigeon rameron Columba arquatrix (Rameron Pigeon) qui existe, de manière discontinue, en Afrique orientale et méridionale, de la Somalie à la République Sud-africaine, et en Angola. Dans les forêts de montagne du Cameroun, de l'est du Nigéria et de l'île de Bioko, se rencontre le pigeon de Sjöstedt qui est, selon les auteurs, considéré comme une sous-espèce du pigeon rameron ou une espèce à part entière, Columba sjostedti. Il n'y a pas
d'équivalent à Príncipe, qui se situe
géographiquement entre Bioko et São
Tomé. Le chant est proche du pigeon rameron mais nous
paraît cependant différent. |
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C'est le colombidé le moins commun de l'archipel, probablement à cause d'exigences écologiques, mais également en raison de la chasse intensive qui lui a été faite dans les décennies précédentes, chasse d'autant plus destructrice que ce pigeon est remarquablement confiant. On ne l'observe pas dans les régions cultivées, notamment dans les parties basses de l'île consacrées à la culture du cacao et dans les parties de moyenne altitude sous culture de café, alors que tous les autres colombidés de l'île se sont adaptés aux habitats modifiés par l'homme. Il vit cependant à la limite des forêts primaires d'altitude, dans les vieilles forêts secondaires qui correspondent aux plantations de café abandonnées depuis plusieurs dizaines d'années : peut-être s'agit-il d'oiseaux non encore cantonnés? Il n'est pas, au contraire du pigeon de Sjöstedt, exclusivement un oiseau de forêt de montagne, et on l'a observé, en toute saison, et notamment en période de reproduction, dans les forêts de plaine du sud-ouest de l'île, au-dessus de l'altitude de 150-200 mètres jusqu'à 600 mètres (São Miguel, Quija). Son aire de
distribution couvre tout le massif central montagneux de
l'île (il atteint la forêt de brume du pic de
São Tomé, à 2.000 mètres),
à partir de la zone des vieilles forêts
secondaires, notamment au nord-ouest, le Chamiço,
puis, au centre, la région de Lagoa Amelia, Zampalma
et Nova Ceilão, passe par la région de
Bombaím et Formoso Pequeno, et suit approximativement
vers le sud la limite des cultures et de la forêt
primaire dans le bassin du
rio Io Grande. La limite sud est mal connue, mais il est mentionné des restes de forêt primaire ou des forêts secondaires anciennes de la région d'Alto Douro, au nord de Porto Alegre. Il occupe enfin toute la partie d'altitude moyenne et basse située au sud du massif montagneux, jusqu'à la crête séparant les vallées de Xufexufe et de Quija et, au-delà, dans la vallée de Quija. Contrairement au pigeon de Malherbe, le pigeon de São Tomé peut être difficile à localiser parce que ce n'est pas une espèce vocale. Les meilleurs sites pour le voir sont donc les chemins sur crête qui permettent une vue dégagée. En forêt
à canopée fermée de basse altitude, il
est difficile de bien le voir depuis le sous-bois puisque
cette espèce ne quitte pas la voûte, sauf
lorsqu'il descend boire dans un ruisseau, mais l'observer
dans de telles conditions reste exceptionnel. |
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Il est plus facile à observer en forêt de montagne et particulièrement en forêt de brume, du fait de la moindre hauteur des arbres où il se nourrit. La taille (40 cm) et la silhouette de ce pigeon ne peuvent prêter à confusion avec un autre colombidé de l'île: que ce soit en vol ou perché, l'espèce est remarquable par le gros corps, la longue et large queue, et la tête proportionnellement petite.
À l'envol, la
queue est légèrement étalée. En
règle générale, son envol est peu ou
n'est pas bruyant. Cependant, sur un arbre en fruits, le
mâle d'un couple se nourrissant peut manifester sa
territorialité vis-à-vis d'autres pigeons en
les poursuivant par une série de vols courts et
bruyants. |
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Le pigeon de São Tomé peut paraître sombre sous de mauvaises conditions de lumière, mais son plumage est richement marqué de teintes chaudes. La tête est gris sombre à gris anthracite, parfois gris plomb bleuté, les plumes du haut du cou formant une sorte de collerette : ce dessin particulier est dû à la forme des plumes du cou qui sont allongées et pointues, noires à leur base et gris bleu à l'extrémité. Le bec assez long est jaune vif. Le dessous est d'un riche marron pourpre à marron vineux, très peu tacheté sur le milieu de la poitrine (petites taches grises) chez certains individus, plus marqué chez d'autres oiseaux où des taches blanches nombreuses descendent depuis la poitrine sur le haut du ventre. Les sous-alaires, le ventre (à partir des pattes) et les sous-caudales sont gris. Les couvertures alaires sont marron vineux à marron sombre assez chaud, régulièrement pointillées de blanc au bout de chacune des plumes. Parfois, ces petits points blancs sont limités à l'épaule et assez peu nombreux. Les rémiges sont brun très foncé à brun noirâtre, comme la queue. Les pattes, aux ongles remarquablement longs, sont jaunes. Les variations de la ponctuation claire des ailes et de la poitrine correspondraient à des différences de sexe ou d'âge. Mâle et femelle de l'espèce proche, le pigeon rameron, sont réputés identiques, mais les jeunes sont moins tachetés que les adultes.
Ce chant a été entendu en décembre, janvier et août dans les forêts de basse altitude du sud-ouest, en janvier dans les forêts d'altitude, en août au pic Maria Fernandes. Les oiseaux se nourrissant dans un arbre en fruits sont généralement silencieux (ils émettent parfois un grognement) aussi bien en se nourrissant que lors des déplacements de branche en branche. Ils ont
été observés dans les
Canthium, les
Schefflera, les
Musanga, l'euphorbiacée
Phyllanthus
discoideus, le cannelier
Cinnamomum
zeylanicum et dans l'arbre localement
dénommé nicolau
(Pauridiantha
floribunda). |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |