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COLOMBAR DE SÃO TOMÉ
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Le colombar de São Tomé n'est pas unanimement reconnu comme une espèce, certains taxinomistes le conservant au rang de sous-espèce du colombar à front nu. Le chant différent du colombar à front nu et quelques caractères physiques (forme du bec, couleur du plumage) nous amènent cependant à considérer qu'il s'agit d'une espèce distincte. Le colombar est
également distribué dans les forêts de
l'île. Il est plus commun en forêt primaire et
dans les vieilles forêts secondaires que dans les
plantations de cacao et de café sous ombrage de
grands arbres (Erythrina et
Milicia excelsa) qui, lorsqu'elles sont bien
entretenues, ne lui offrent pas de fruits disponibles. On le
trouve dans ces mêmes plantations lorsque quelques
figuiers épiphytes (Ficus sur, notamment) atteignent la
couronne des grands arbres d'ombrage. Dans les forêts
de plaine du sud-ouest, il est commun dans les zones
où croissent notamment de vieux parasoliers
Musanga, des Pycnanthus et des figuiers. En
forêt d'altitude, il recherche surtout les figuiers
(Ficus thoningii,
Ficus
kamerunensis, Ficus
lutea,
Ficus sur),
Phyllanthus
discoideus(euphorbiacée),
Aidia quintasii (rubiacée) et un arbre
abondant localement dénommé
nicolau
(Pauridiantha
floribunda). Il ne semble pas dépasser
l'altitude de 1.500 mètres ou bien il y devient rare
et sujet à des déplacements en fonction de la
disponibilité des fruits. En lisière des
forêts primaires, dans les vieilles forêts
secondaires résultant des plantations
abandonnées depuis plusieurs dizaines
d'années, il est commun à cause de la
diversité des arbres à fruits. Dans les zones
de cultures vivrières, autour de Nova Moca et de Bom
Sucesso, à 1.000 mètres d'altitude, et dans
les plantations mal entretenues ou en voie d'abandon, il
recherche particulièrement un arbre introduit
d'Amérique du sud, Cecropia
peltata, qui est l'équivalent
écologique du parasolier
Musanga africana. Dans cet arbre à
très larges feuilles peltées, mais à
rameaux assez nus, il se déplace très
discrètement, silencieusement, avec une
économie de mouvements, et se nourrit
délicatement des jeunes fruits de
Cecropia, poussant en forme de petits
doigts verts. Sa présence n'est alors perceptible que
par un bruit de vol, de temps en temps, lorsque l'oiseau de
déplace de branche en branche. En forêt de
montagne, sur les Ficus dont les petits fruits
poussent en imposantes grappes sur le tronc ou les branches
principales, un groupe de ces oiseaux peut se conduire de la
même manière, en général peu
bruyants. Les colombars montrent ici leurs remarquables
capacités à s'accrocher à l'aide des
pattes et à atteindre les figues mûres
situées sur les rameaux les plus fins orientés
vers le bas, en allongeant leur corps : ils rappellent alors
plus des perroquets que des pigeons, d'autant plus qu'ils
déchiquettent les fruits assez gros grâce
à leur bec court et recourbé et ne les avalent
pas entiers. Dans les figuiers portant des fruits à
profusion, la plupart des oiseaux restent silencieux et
discrets, se nourrissant, se reposant ou lissant leur
plumage, sur les branches supérieures
éclairées par le soleil, et on ne les
repère que grâce à la poursuite de deux
individus en vol bruyant ou à quelques notes rauques
et grinçantes, rarement émises. En forêt
d'altitude, par temps brumeux, ils se tiennent typiquement
sur les branches supérieures recouvertes de lichens,
immobiles, le plumage hérissé et
gonflé, et peuvent passer remarquablement
inaperçus, dans les mêmes teintes de gris et de
vert terne que les lichens et les mousses de leur
environnement. |
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L'apparence
générale est celle d'un gros pigeon, sombre et
peu coloré, vert et gris vert, à cuisses et
bas-ventre jaunes, aux sous-caudales rousses, le dessous de
la queue noir à extrémité grise. Le bec
court, obtus, à mandibule supérieure plus
longue et formant un crochet, sans couleur (il peut
paraître blanc ivoire, en fait gris verdâtre
très pâle) est un des caractères les
plus distinctifs. Au contraire du colombar à front
nu, dans la nature, on n'observe pas, chez le colombar de
São Tomé, de zone renflée rouge
à la base du bec (sur un oiseau en mains, la cire est
absente, mais la base du bec est rouge sombre sur les deux
mandibules et ne forme pas de renflement. Il y a de plus une
fine ligne jaunâtre entre le gris pâle et le
rouge sombre). À faible lumière, ces pigeons
peuvent paraître très sombres. La tête
est gris nuancé de vert, le front et la face sont
d'un vert olive sombre, moins gris que le reste de la
tête. La poitrine et le ventre sont du même
gris, nuancé de vert sombre et de bleu terne,
d'aspect poudreux; le dos et les couvertures alaires sont
vert terne, de vert mousse à olive soutenu, avec une
tache violet sombre à l'épaule, un
liséré jaune sur les grandes couvertures, les
rémiges sombres (primaires d'un noirâtre terne,
secondaires noires bordées très finement de
jaune sur leur partie antérieure), le croupion et les
sus-caudales sont du même vert que le dos, la queue
est grise : sur le dessus, moitié basale gris sombre,
moitié distale gris clair; de dessous, le tiers
distal est d'un gris très pâle. L'abdomen est
légèrement jaune, mais d'un jaune très
vif sur ses côtés, le bas-abdomen est jaune
avec, au centre des plumes, une marque verte qui donne une
impression de larges barres diffuses vertes, les
sous-caudales sont marron en leur centre, jaunes sur leur
bordure (en mains, longues plumes jaune pâle à
centre roux terne recouvrant plus de la moitié de la
queue). Les cuisses sont jaune assez vif avec quelques
plumes mêlées d'olive (en mains, le haut des
cuisses est couvert de longues plumes olive à
extrémité jaune, le milieu et le bas des
cuisses sont presque entièrement jaunes). Les plumes
des cuisses forment des culottes et les pattes d'un jaune
orangé vif sont entièrement emplumées.
Dans la nature, l'iris bleu clair est toujours visible, plus
ou moins pâle (en mains, l'iris est bleu vif). |
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Le chant du colombar
de São Tomé est du même type que celui
du colombar à front nu, mais plus complexe et plus
étrange, bien moins sifflé. Le chant commence
par un crépitement très artificiel, un
cliquetis rauque et grinçant :
kek kek kek kek kek kek kek
kekoukrrrrrrrrrrik, qui se prolonge (comme une
porte de bois grinçante qui s'ouvrirait
difficilement), puis le grincement s'accélère,
suivi d'une sorte de sifflement :
hu - hu-wih-hu, doublé ou non, pour
s'achever par d'autres notes râpeuses :
rrrrèk rrrrèk
rrrrèk rrrrèk
rrrrèk, s'affaiblissant. Le chant se
réduit parfois à une série de cris
rauques, aboyés, rapides :
rheuk rheuk rheuk rheuk
rheuk,
ou grognés et repris en série :
grrrréi grrrréi
grrrrréi grrrrréi ( =
prrrrrouèc prrrrrouèc
prrrrrouèc prrrrrouèc prrrrrrèc
prrrrrrrrèc, très râpeux). Ces
chants sont entendus en décembre, janvier, mars, mais
également fin août. La reproduction a lieu en
saison des pluies, de décembre à avril; la
ponte de comporte qu'un seul oeuf. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |