COUCOU FOLIOTOCOL
Chrysococcyx cupreus insularum

Emerald Cuckoo
STP : Ossobó, Oçobó, Pássaro da chuva, Chama-chuva
P : Cuco-esmeraldino

Le coucou foliotocol est l'oiseau le plus brillamment coloré de São Tomé et de Príncipe. La population de l'archipel a été assez récemment décrite sous le nom insularum comme une sous-espèce endémique aux deux îles. Les caractères de différenciation subspécifique reposent sur les mensurations de la queue (plus courte) et sur la grande réduction des zones blanches sur les rectrices externes des mâles adultes. Ce petit coucou (23 cm) présente un net dichromatisme sexuel. Le plumage du mâle est dans l'ensemble vert (tête et dessus) et jaune (dessous du corps). Les couvertures alaires sont d'un vert étincelant, à reflets dorés, le dos et les scapulaires d'un vert émeraude plus sombre, avec le centre noir des plumes donnant un très fort effet écailleux. La gorge et la poitrine sont du même vert émeraude que le dos, la tête est d'un vert plus sombre, pouvant paraître presque noire sous certains éclairages ou selon la disposition des plumes de la tête que l'oiseau hérisse souvent. Une lunette bleu-vert à bleu entoure l'oeil, le bec est bleu-vert. Tout le dessous du corps, à partir de la poitrine, est d'un jaune saturé, y compris les couvertures sous-alaires. Les jambes paraissent couvertes de plumes formant des culottes jaunes, les sous-caudales et l'extrême bas-ventre sont marqués de barres vert sombre sur fond blanc. La femelle est dans l'ensemble plus rousse et verte : la tête vert olive terne et brun olive est piquetée de clair et de sombre, le dessous du corps est nettement barré de bronze et de vert sombre sur fond blanc, formant un dessin de barres serrées sur la gorge et la poitrine et plus espacées sur le ventre. Les couvertures alaires sont vertes barrées de roux (dessin plus vert que roux), les rémiges sont barrées de vert et de roux (dessin plus roux que vert). En vol, la queue paraît assez longue, plus large à son extrémité.

Le coucou foliotocol est plus souvent entendu que vu, mais il paraît descendre à plus faible hauteur dans la végétation qu'en Afrique centrale forestière, sur le continent, où il est surtout un oiseau de canopée. On peut ainsi l'observer, à São Tomé et à Príncipe, dans d'excellentes conditions, notamment dans les savanes à massifs d'arbustes du nord de São Tomé, ou dans toute zone ouverte, particulièrement les défrichements à végétation étagée ou les bordures des plantations de cacao et de café. Dans ces buissons, arbustes et petits arbres, comme les Cecropia, il recherche des insectes et particulièrement les chenilles, notamment en janvier une chenille processionnaire de petite taille qui se rassemble en masses compactes sous les feuilles de buissons bas, à moins de deux mètres de hauteur.

Le chant est surtout émis en saison des pluies, pendant la reproduction (d'octobre à janvier) et forme alors l'ambiance sonore des plantations et des forêts. Ce chant si caractéristique est formé de trois notes flûtées : la première presque bisyllabique (tihou = tihiou), les deuxième (tiou) et troisième (tiûh) monosyllabiques : tihiou - tiou-tiûh. En chantant, le mâle n'ouvre le bec que pour les deux premières notes, qui sont expirées, la troisième note étant presque inspirée. Pendant le chant, il gonfle la gorge, produit un petit mouvement de la tête vers l'avant et tient habituellement les ailes abaissées et légèrement écartées du corps. En décembre et janvier, le chant comprend de longues séries comptant de quelques dizaines à une centaine de phrases émises avec de courtes pauses entre elles ou entre les groupes de phrases. Les autres mâles chantent généralement sur leurs territoires voisins, en réponse au premier chanteur. Le foliotocol émet plus rarement une autre forme de chant, accéléré, modulé, assez explosif, sur un ton nerveux : lors de ce type de chant, l'oiseau montre son excitation et dresse les ailes révélant les couvertures sous-alaires jaune vif. En dehors de la période de reproduction, et notamment en saison sèche, en juillet et août, les coucous foliotocols peuvent devenir complètement silencieux ou ne chantent que pendant une brève durée dans la journée. Ils peuvent alors passer inaperçus et être difficiles à observer.

Le foliotocol occupe tous les habitats boisés de São Tomé, depuis les cocoteraies de la région côtière et les savanes à massifs d'arbustes de Lagoa azul, les galeries sèches de la côte nord-ouest, les plantations de cacao et de café sous ombrage jusqu'aux mangroves de Malanza, les forêts primaires de basse altitude du sud-ouest et les forêts d'altitude du massif central. Il n'atteint pas la forêt de brume de la région du pic de São Tomé, et sa limite altitudinale se situerait entre 1.300 et 1.500 mètres. À Príncipe, il occupe les mêmes habitats (plantations sous ombrage, forêts primaires), mais il paraît moins commun qu'à São Tomé.

Ce coucou typique est parasite et la femelle pond son oeuf dans le nid de petits insectivores. Ce phénomène a été très peu étudié dans l'archipel, et René de Naurois mentionne la prinia et le tisserin Thomasophantes parmi les espèces-hôtes à São Tomé.


Guide des Oiseaux de Sao Tomé et Principe
Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe
Patrice Christy - William Clarke
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