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MARTINET DE SÃO TOMÉ
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Ce martinet
appartient à un groupe particulier de martinets dits
à queue épineuse, caractérisés
par les rachis des rectrices terminés en pointes
dures et servant de points d'appui à l'oiseau
lorsqu'il s'agrippe à l'écorce des arbres dans
lesquels il niche. En Afrique centrale continentale, les
martinets à queue épineuse résidents
ont, en vol, une silhouette typique qui permet de les
distinguer immédiatement des autres martinets du
genre Apus. C'est le rétrécissement
sur la bordure postérieure de l'aile, près du
corps, des rémiges secondaires qui dessine cette
silhouette caractéristique. Le martinet de São
Tomé ne présente pas ce caractère de
manière aussi visible que les espèces du
continent. Cette espèce est endémique à
São Tomé et à Príncipe. Elle
rappelle le martinet de Sabine
Rhaphidura sabini, largement répandu en
Afrique centrale et occidentale dans les régions
forestières, bien qu'elle ne soit pas placée
dans le même genre que celui-ci. Les deux genres se
distinguent principalement par l'allongement, chez les
Rhaphidura, des couvertures sus-caudales
qui recouvrent les rectrices. Le martinet de São
Tomé partage le genre
Zoonavena avec deux espèces,
l'une résidente à Madagascar, l'autre en
Inde. |
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Le martinet de São Tomé est un petit martinet (10 cm) au plumage sombre, à l'exception du croupion et du ventre clairs. Le dessus de la tête, le dos et les ailes sont noirs, avec un reflet bleu sombre, peu visible dans la nature, sur l'oiseau en vol. La queue est également noire. Le croupion et les sus-caudales sont d'un blanc strié de sombre : ce dessin est dû aux rachis noirs des plumes. La face, la gorge et le haut de la poitrine sont brun noirâtre et la délimitation entre le bas de la poitrine sombre et le ventre est peu nette. Le ventre, les flancs et les sous-caudales blancs présentent le même dessin strié que le croupion, du fait du rachis sombre des plumes. Le ventre blanc, outre la silhouette et le type de vol, le distingue à première vue du martinet des maisons Apus affinis. En vol, les ailes sont assez larges à leur base, puis se rétrécissent et deviennent pointues à leur extrémité. Les ailes sont légèrement recourbées sur leur bord antérieur. La queue droite est assez longue et est tenue légèrement arrondie en vol. Le vol de chasse comprend des battements rapides, de faible amplitude, comme un tremblement saccadé, alternés avec des glissades. Ce vol ne donne pas une impression de puissance, au contraire des grands martinets du genre Apus. Les oiseaux en vol de chasse prospectent longtemps le même secteur, se déplaçant peu, au-dessus des arbres, à une quinzaine de mètres de haut, parfois beaucoup plus haut en milieu de journée ou par beau temps, en compagnie des autres espèces de martinets. En milieu forestier, ils chassent au-dessus de l'espace ouvert des rivières et descendent alors près du sol. Ce martinet est généralement silencieux en vol : il émet de rares cris aigus et brefs : tzîp, tsi-tsîîîp, tsip-tsip-tsiiiip. Le martinet occupe
tous les milieux de São Tomé, depuis les
savanes herbeuses avec galeries de la côte
septentrionale, dans la région de Lagoa azul,
où il est peu commun, jusqu'aux forêts
d'altitude, au moins jusqu'à 1.300 mètres
autour de Lagoa Amelia. Il n'a pas été
observé autour du pic de São Tomé. Il
est commun dans la zone des plantations entretenues de cacao
et de café sous ombrage
d'Erythrina de toute la moitié
nord et est de São Tomé, même au-dessus
de 700 mètres, et sur les forêts primaires de
basse altitude de la côte occidentale, dans la
région de São Miguel et de Quija, où il
chasse au-dessus des rivières. On le retrouve dans la
partie méridionale de l'île, dans la zone
cultivée qui s'étend de Santo António
de Mussacavú à Alto Douro, puis dans les
vallées des rivières Io Grande et Ana Chaves.
À Príncipe, on le voit dans tous les habitats
ouverts : plantations et lisières de forêt,
vallée du rio Papagaio, région centrale et
nord de l'île. Ces martinets chassent souvent en
groupes polyspécifiques avec
Apus affinis et
Cypsiurus; d'une manière
générale, ils volent moins haut que ces deux
espèces et prospectent longuement une même
zone. René de Naurois a rapporté l'observation
de nids construits sur les parois des contreforts de grands
fromagers Ceiba. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |