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NASIQUE DE
BOCAGE
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La nasique de Bocage peut être considérée comme la plus grande énigme ornithologique de São Tomé. Énigme à cause de son statut taxinomique : son appartenance à la famille des sylvidés ou des timalidés repose plus sur des tentatives de rapprochement que sur des certitudes. Énigme sur son origine et sur la longue évolution qui ont fait de cet oiseau une espèce résidente, aux exigences écologiques certaines, peu mobile, au vol faible, probablement peu apte à la dispersion, et devenue un passereau marcheur du sous-bois forestier, pour lequel on pourrait difficilement trouver de parent proche dans les forêts d'Afrique centrale. C'est, semble-t-il, seulement à Madagascar que l'on rencontre, en ce qui concerne l'avifaune afrotropicale, des passereaux forestiers marcheurs: le mystacorne de Crossley Mystacornis crossleyi et l'oxylabe à sourcils jaunes Crossleyia xanthophrys, actuellement classés parmi les timalidés. La silhouette très particulière de la nasique est due au long bec droit et fin, aux très longues pattes munies de longs doigts grêles et à la queue relativement courte. Dans la nature, elle ne rappelle pas particulièrement un sylvidé, notamment les nasiques du genre Macrosphenus dont le comportement arboricole est totalement différent. |
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Bien que de petite taille et au plumage sombre et terne, il est facile de localiser cet oiseau grâce au cri aigu, fréquemment émis. La nasique n'est pas un oiseau furtif qui s'enfuit ou se cache; elle s'approche de l'observateur et crie longuement, d'une manière continue, à découvert sur des branches basses, attirant souvent son conjoint. En sous-bois, l'oiseau paraît entièrement brun, plus clair sur le ventre. Tout le dessus de la tête et du corps est brun terre uniforme, à l'exception d'un collier peu visible d'un brun plus clair sur le dessus du cou. Sur la tête, un très léger sourcil blanchâtre; une petite moustache blanche suivie d'une fine ligne brune délimite le menton blanchâtre et la gorge cannelle pâle des côtés du cou bruns. Le dessous du corps est roux cannelle, le milieu du ventre blanc, les sous-caudales d'un cannelle plus foncé, les côtés du croupion bruns formant une zone plus sombre s'étendant sur le haut des cuisses. En mains, l'oiseau montre les plumes des flancs ou des côtés du croupion très denses et longues, de couleur cannelle; l'allongement de ces plumes, qui peut effectivement rappeler les fauvettes Macrosphenus, n'est pas visible dans la nature. En mains également, on remarque les sous-alaires blanches avec une petite ligne noire sur les axillaires. Les cuisses paraissent presque nues, les pattes sont rose sombre, le bec est gris foncé à la base, blanchâtre à l'extrémité de la mandibule inférieure; l'oeil est marron foncé.
On ne peut qualifier la nasique de Bocage de passereau chanteur : les seules vocalisations entendues sont les cris d'appel, fréquemment émis, par un oiseau solitaire ou par un couple : les deux partenaires se répondent alors, tout en restant proches et sans activité. Ces appels correspondent à des oiseaux inquiétés ou curieux, mais ils ont été entendus dans des conditions différentes, avant que les oiseaux nous aient aperçus. Ces cris extrêmement aigus sont sans doute utiles pour la proclamation territoriale ou le contact entre partenaires du couple dans le milieu forestier occupé par cette espèce, où le bruit des cours d'eau torrentueux couvre fortement les autres sons. Les appels consistent soit en une note simple, prolongée, très aiguë : psiiiiiiiîp, légèrement ascendante et à finale abrupte, soit en une note double, plus brève, reprise en série : tsui-tsuii, suî-sît, également très aiguë. La fréquence est de 16 à 21 notes par minute pour le chant monosyllabique. Un oiseau peut émettre d'abord le double appel, puis le cri à note unique. En criant face à l'observateur, la nasique ouvre très largement le bec. Aucune donnée sur la reproduction n'a été obtenue, mais fin août, sur la crête séparant São Miguel de Xufexufe, un groupe de quatre individus pouvait constituer une famille. Un oiseau capturé fin mars était en mue. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |