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SOUIMANGA DE HARTLAUB
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Le souimanga de Hartlaub est une espèce endémique à l'île de Príncipe. Il appartient à un groupe d'espèces comprenant sur le continent, en Afrique centrale, le souimanga de Nectarinia reichenbachiiReichenbach, et sur l'île de São Tomé, le souimanga de Newton. Ces trois espèces possèdent des cris assez proches et au moins un caractère commun, les marques blanches ou claires du dessous des rectrices qui sont de longueur inégale. La combinaison de trois couleurs dominantes, l'olive foncé, le bleu et le jaune, plus ou moins vives, est également commune à ces trois espèces qui avaient été placées dans un genre propre, Anabathmis. Le souimanga de Príncipe est une espèce de taille moyenne, nettement plus grand dans la nature que le souimanga de Newton, et à silhouette différente, plus allongée, élancée, au bec relativement long, et paraissant haut sur pattes. Le plumage est dans l'ensemble terne et sombre, peu brillant, au contraire du souimanga de Newton. Le plumage des deux sexes est différent, comme chez les souimangas de Newton mais au contraire des souimangas de Reichenbach du continent. Vu de dessous, le
mâle paraît sombre avec la gorge et le haut de
la poitrine d'un bleu très sombre, à reflets
violets. Le bas de la poitrine est gris olive
s'éclaircissant sur le ventre qui devient
jaunâtre pâle à olive jaunâtre. De
loin, tout l'avant du corps peut paraître noir, avec
le ventre gris, mais une bande blanchâtre le long du
corps, sur les flancs, est visible. Les mâles, en se
déplaçant, entrouvent parfois les rectrices,
montrant les taches blanches de leur face inférieure.
Le dessus du corps et de la tête, y compris les joues,
est d'un brun olive uni. La queue est brun noirâtre
avec un reflet bleu sombre peu visible dans la nature. La
femelle montre toute la tête et le haut de la poitrine
brun olive sombre, sans délimitation nette avec le
dessous blanchâtre lavé de jaune pâle. Le
dos est d'un brun olive, plus teinté de vert terne.
C'est, de loin, un oiseau également peu brillant, et
l'une des plus sombres femelles de souimangas. |
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Malgré ce plumage sombre et terne, ce souimanga est facile à observer, car c'est un oiseau très actif, démonstratif et bruyant. Un appel fréquemment émis est un doux tuîît ou tuhuit accentué en finale, émis sans intervalles (20 notes en 15 secondes); la femelle crie également et émet le même tu-hui assez doux (ce cri est proche d'une des formes du souimanga de Reichenbach d'Afrique centrale). Le chant du mâle est vif, rapide, sec, en séries excitées. C'est une succession de tik-e-tik, tik-e-tik, tik-e-tik, î-tik, ou un carillon rapide : tiu-tiu-hiut - tiu-tiu-hiut, et des notes aiguës sifflées formant une série reprise sans pause sur un rythme rapide et sonore. Ce chant sonore, assez nerveux, diffère grandement des ritournelles très aiguës et pressées du souimanga de Newton. Le souimanga de Hartlaub occupe tous les habitats boisés et arborés de l'île. Il fréquente les forêts primaires de plaine du sud-ouest de l'île, les forêts d'altitude du bassin durio Papagaio et les cultures de cacao sous couvert d'Erythrina, arbre dont il recherche les fleurs pour leur nectar. On le rencontre dans les zones à végétation étagée du nord de l'île et dans les cocoteraies où il se nourrit également du nectar des fleurs de ces palmiers. Il vit à tous les niveaux de végétation, descendant à faible hauteur sur les lisières et dans les zones ouvertes, ou se tenant dans la canopée à la recherche des fleurs. Dans les cultures mixtes autour des villages, il descend butiner les fleurs des bananiers. Outre le nectar des fleurs, ce souimanga se nourrit d'insectes, notamment en inspectant du bec le lichen ras des branches ou les extrémités de rameaux cassés pour y déloger de petits insectes. La reproduction se
déroule en saison des pluies, d'octobre à fin
février. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |