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SOUIMANGA DE NEWTON
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Le souimanga de Newton, endémique à São Tomé, est un souimanga de très petite taille, l'un des plus petits de la famille, contrastant avec l'autre espèce présente sur l'île, le souimanga géant, la plus grande espèce africaine. Il s'agit de l'un des oiseaux endémiques les plus abondants et les plus faciles à observer. Il occupe tous les habitats disponibles, depuis les fourrés côtiers des savanes du nord, les galeries sèches de la région de Lagoa azul, les cocoteraies du littoral, les plantations de cacao sous ombrage, jusqu'à la forêt de brume entourant le pic de São Tomé. Mâle et femelle
présentent un plumage différent. Chez le
mâle, le dessus de la tête est d'un beau brun
gris foncé lavé de verdâtre, sans
reflets, le front et la face plus olive. La gorge et la
poitrine sont bleu nuit à reflets, bien
délimité du dessus de la tête. Une bande
d'un bleu plus sombre sépare le bleu du haut de la
poitrine et le jaune vif du bas de la poitrine. Le bas de la
poitrine jaune citron à jaune soufre s'étend
en pointe du milieu de la poitrine vers le ventre qui est
blanc. La limite entre le jaune et le blanc lavé de
jaune pâle du ventre est diffuse. Le dessous de la
queue montre l'extrémité des rectrices
marquée de blanc. Le dos et les couvertures alaires
sont d'un beau olive sombre, les épaules plus sombres
que le manteau. Le dessous des ailes est blanc. Les
rectrices sont légèrement
étagées, la paire externe, de couleur blanche,
étant la plus courte. La paire centrale des rectrices
est noire, les quatre suivantes ont
l'extrémité blanche. Oeil, bec et pattes sont
noirs. Le bec est assez nettement recourbé. La
femelle se distingue immédiatement par l'absence de
bleu et de jaune, et par son plumage dans l'ensemble terne,
d'un gris brun olive, à dessous du corps
blanchâtre, sans nette délimitation. La
tête et la poitrine sont gris brun olive, devenant
blanchâtre à peine lavé de jaune
pâle sur le bas de la poitrine et le ventre. Le dos
est du même gris brun que la tête, les ailes
sont d'un brun olive plus sombre. La femelle paraît,
dans la nature, plus petite que le mâle et ceci est
accentué par son bec assez court, recourbé
à son extrémité. Le front haut et les
plumes de la tête fréquemment gonflées
lui donnent l'apparence d'une grosse tête. Un jeune
mâle observé mi-janvier conservait des plumes
duveteuses sur le ventre, mais montrait déjà
le bas de la poitrine teinté de jaune et la gorge et
la poitrine marquées de sombre, annonçant le
poitrail bleu du plumage adulte. |
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Le mâle du souimanga de Newton est le plus coloré des mâles des trois espèces proches. Contrairement au souimanga de Hartlaub qui a une silhouette allongée et un port horizontal, le souimanga de Newton se caractérise par son attitude dressée, qui est accentuée par la queue relativement courte et les pattes proportionnellement longues. La tête est souvent tenue à angle droit par rapport au corps, et non dans un axe horizontal par rapport à celui-ci, les plumes de la tête typiquement hérissées donnant l'impression d'un oiseau à grosse tête et à petit corps. On observe régulièrement les mâles chantant à tue-tête, avec beaucoup d'excitation, ponctuant le chant de vifs mouvements latéraux du corps et de brefs battements d'ailes pressées contre le corps, se dressant sur leurs pattes. Ils adoptent une autre attitude lors des parades ou des chants de proclamation territoriale, posture toujours dressée, ramenant la tête vers l'arrière, déployant entièrement les ailes et ouvrant grand le bec. Dans leurs déplacements en quête de nourriture, ces souimangas sont des oiseaux très mobiles, toujours en mouvement, ne restant pas en place. En forêt
primaire, les souimangas de Newton se mêlent
régulièrement aux rondes des petits
insectivores comprenant les zostérops, les speirops,
les tchitrecs, les prinias et les tisserins, dans le
sous-bois et les strates intermédiaires de la
végétation. Ils y cherchent activement les
insectes, adoptant des postures acrobatiques pour inspecter
le dessous des feuilles, ou voletant sous les feuilles en
effectuant un vol sur place très battu, pour y
découvrir des insectes cachés. En sous-bois,
leur comportement de chasseur d'insectes rappelle celui de
deux souimangas forestiers d'Afrique centrale, le souimanga
olivâtre et le souimanga de Fraser
Anthreptes
fraseri. En forêt de montagne et en
forêt de brume, ils montent jusqu'à la
voûte forestière pour prospecter le feuillage
à la recherche d'insectes ou les fleurs pour leur
nectar. Ils descendent à faible hauteur dans les
zones naturellement ouvertes de la forêt, surtout les
berges des rivières, pour sucer le nectar des fleurs
comme le commun Leea tinctoria, aux fleurs rouge-orange, du
sud-ouest de l'île, qui semble particulièrement
les attirer. Dans les habitats dégradés, les
bords de chemins dans les plantations de cacao, de
café ou les cultures vivrières, il est
attiré par les fleurs de
Cestrum levigatum,
deRubus, mais surtout de
Canna : ici, il se comporte plus comme le
souimanga à ventre olive
Nectarinia
chloropygia des jardins et des cultures d'Afrique
centrale. Dans les plantations de cacao et de café
sous ombrage d'Erythrina, il occupe jusqu'à la
voûte des plus hautes érythrines pour s'y
nourrir de nectar de leurs grandes fleurs orange;
l'abondance des Erythrina explique
la fréquence de ce souimanga dans les plantations. De
la même manière, dans les cocoteraies
étendues du sud et du sud-est, il se tient dans la
couronne de ces palmiers où il cherche le nectar de
leurs fleurs. |
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Actif et démonstratif, ce souimanga est en outre très vocal : le mâle émet un chant assez éclatant, vif et joyeux, une ritournelle très rapide, aiguë, légèrement grinçante, à finale abrupte. Il adopte en chantant une attitude dressée typique, déployant complètement ses ailes qui montrent alors les sous-alaires blanches, ou les tenant contre le corps, mais animées de mouvements vifs de pression contre la poitrine. Plusieurs mâles peuvent se réunir sur un même arbre et chanter ensemble : ils se tiennent proches les uns des autres, sans manifester d'agressivité entre eux, mais émettent leur chant sur un rythme très excité et rapide. Le comportement de chant avec ailes déployées est commun, sur le continent, au souimanga de Reichenbach, mais est plus fréquemment adopté par le souimanga de Newton. Un autre trait commun du comportement vocal des deux espèces est le cri métallique, légèrement aigre, émis par le souimanga de Newton : tzuîhî très accentué, répété, dzuîh, tzuhuit, fort et vibrantbzuîh. D'autres cris proches sont émis : un appel bisyllabique sonore et aigu :psi-ziu, psi-ziu, des cris en séries : dzuwit, tsuit, tsuit appuyés, un strident tzui-sziit, tziit, tziuit, et un tsiip différent du souimanga de Reichenbach. La femelle émet le même type de cri : tchuit, tzu-ît. Le jeune encore dépendant des parents émet un continuel bjuit bjuit bjui nasillard. Le chant du mâle est entendu dès l'aube et repris en fin d'après-midi, même par temps froid en forêt de brume ou sous une pluie légère. La nidification a
lieu en saison des pluies : des femelles construisant le
nid, avec du duvet végétal ou de la mousse,
sont observées fin décembre et mi-janvier. Des
jeunes dépendants ont été
rencontrés mi-janvier. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |