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ZOSTÉROPS BECFIGUE
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Le zostérops becfigue de São Tomé et de Príncipe est le seul représentant du genre dans l'archipel, auquel s'ajoutent, dans le golfe de Guinée, l'endémique d'Annobon, Zosterops griseovirescens et, sur l'île de Bioko, une sous-espèce forestière du zostérops jaune Zosterops senegalensis, espèce à très large distribution africaine. Le zostérops becfigue est l'un des cas peu fréquents d'une espèce présente à la fois à São Tomé et à Príncipe sous forme de deux sous-espèces endémiques à chacune des îles. Les autres espèces endémiques de l'archipel présentant la même séparation subspécifique sont le merle et le serin, le cas de Aplopelia larvata étant différent, puisque cette tourterelle n'est pas endémique au golfe de Guinée.
Le zostérops becfigue de São Tomé est, en comparaison au speirops de cette île, un oiseau de petite taille. Les caractères généraux sont la silhouette ramassée, le petit bec droit et la queue courte, la lunette blanche bien marquée et les teintes dominantes du plumage, vert olive et gris pâle, marqué de jaune. L'anneau oculaire blanc est bien visible et souligné d'une ombre noire qui le rend encore plus apparent. Le dessus de la tête et du corps est vert olive à gris verdâtre pâle en plumage usé. La couronne est d'un riche olive teinté de jaune, le front, les lores et la gorge sont jaunes, la poitrine est gris blanchâtre à vert d'eau ou olive pâle selon l'état du plumage (les plumes grises de la poitrine sont marquées de jaune verdâtre sur leur bordure externe). Dans la nature, ce zostérops présente une tache blanche aux côtés de la poitrine se prolongeant par une bande claire bien visible sur les côtés du corps, le long de l'aile, comme chez le speirops. Le ventre est teinté de roussâtre pâle, les sous-caudales sont jaune pâle à jaunâtres. Le bec est rosé. Les zostérops se déplacent par couples ou en familles, émettant régulièrement des cris de contact, peu audibles de loin. Ils se mêlent aux rondes d'insectivores regroupant les speirops, les souimangas, les prinias, les tchitrecs et les tisserins et prospectent le feuillage, les rameaux, le dessous des branches, les paquets de lichens, à la recherche d'insectes, les oiseaux se déplaçant par petits sauts et effectuant des mouvements brefs et saccadés des ailes contre le corps. Leur silhouette n'est pas allongée et fine, et ils gonflent souvent leur plumage. C'est surtout dans les paysages ouverts, les cultures alternant des massifs de buissons et des arbres isolés, les vergers, que l'on peut les observer à faible hauteur, mais ils montent, jusqu'à une vingtaine de mètres de hauteur, dans les grands arbres laissés sur pied ou sur les lisières. En forêt primaire à canopée fermée, à moyenne altitude, ils se cantonnent dans la voûte forestière, mais en forêt de montagne, particulièrement sur les crêtes, on peut les observer dans les secteurs les plus ouverts du sous-bois.
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La connaissance de ces chants permet de localiser le zostérops dans les forêts à canopée fermée où il passerait autrement inaperçu. Outre les chants, les couples ou groupes de zostérops émettent des appels et des cris de contact en se déplaçant à la recherche de nourriture : petits cris roulés, prrirrrip, prrirrrip, de contact, cris émis par un groupe d'oiseaux perchés : prrrrip, prrrrip, prrrrip, prrrrip, prrrrrip; carillon de faibles notes aiguës et rapides émises en vol : plink plink plink plink plink plink ... ou pîp pîp pîp pîp ... À
Príncipe, la distribution de la sous-espèce
endémique est proportionnellement plus restreinte :
elle vit dans le massif central montagneux de l'île et
sur ses marges, et ne semble pas, au contraire du
zostérops becfigue de São Tomé,
pénétrer dans les zones secondaires. Dohrn, au
siècle dernier, notait déjà qu'elle
était fréquente dans les parties
élevées de l'intérieur de l'île.
Les données les plus récentes concernent un
groupe d'oiseaux dans la vallée moyenne du
rio Papagaio, en lisière de
forêt primaire. Ces zostérops se mêlaient
à d'autres passereaux dans un grand
Combretum lianescent à fleurs
rouges qui recouvrait un arbre dominant. Dans la nature, il
paraît assez pâle, au dos olive, à la
tête et au dessous du corps gris, les lunettes
blanches bien apparentes, avec une ligne blanche à
blanchâtre le long de l'aile sur les flancs.
Observé aux côtés des speirops de
Príncipe, il paraît nettement plus petit, comme
la sous-espèce de São Tomé
comparée au speirops de cette île. Le chant des
oiseaux de Príncipe reste inconnu. Sa connaissance
présenterait l'intérêt de pouvoir
comparer les chants des deux sous-espèces pour
confirmer qu'elles appartiennent effectivement à la
même espèce et qu'elles n'ont pas suffisamment
évolué pour s'être
séparées en deux espèces distinctes. En
mains, le zostérops becfigue de Príncipe se
distingue de la sous-espèce de São Tomé
par une tache blanche devant l'oeil et la quasi-absence
d'ombre sombre entourant l'anneau oculaire, un
caractère particulièrement marqué chez
les oiseaux de São Tomé. La poitrine est d'un
blanchâtre lavé de jaunâtre, le ventre
est d'un gris presque bleuté, la couronne et le dos
vert foncé, le croupion et les sus-caudales olive
jaunâtre, les couvertures alaires brunes
lisérées de vert olive, les rémiges
brun foncé lisérées de vert pâle.
La gorge paraît plus teintée de cannelle
pâle que de jaune. Bannerman mentionnait que ce petit
oiseau pourrait facilement être pris pour un pouillot,
du fait du dessus olive foncé, presque brun, et du
dessous presque blanc lavé de jaune, rappelant ici
les observations faites par Dohrn dans la nature. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |