DRONGO DE PRÍNCIPE
Dicrurus modestus

Príncipe Drongo - Fork-tailed Drongo
STP : Rabotizoura (= queue-en-ciseaux)
Rabopeixe (= queue-de-poisson)
Crequetché, Maria-palu-feticeira
P : Drongo

Les drongos regroupent une vingtaine d'espèces d'oiseaux de l'ancien monde, caractérisés par leur plumage noir, plus ou moins brillant, leur bec fort, muni d'un crochet à l'extrémité de la mandibule supérieure. Certaines espèces se distinguent par des ornements de plumes couvrant le front ou la couronne, et par le dessin particulier des rectrices, plus ou moins allongées. Le statut taxinomique du drongo de Príncipe reste incertain. Il est considéré par certains systématiciens comme une espèce endémique à l'île, par d'autres comme une sous-espèce endémique d'un oiseau beaucoup plus largement répandu sur le continent africain, le drongo brillant Dicrurus adsimilis. Nous le considérons ici comme une espèce à part entière.

Lorsque l'île était entièrement couverte de forêt, il est probable que le drongo vivait surtout dans la voûte des grands arbres ou sur les lisières plus ouvertes des bords des rivières ou des massifs rocheux à végétation moins dense. Ce drongo ne paraît pas être un habitant du sous-bois des forêts primaires, un milieu que ne fréquente pas non plus son équivalent écologique, en Afrique centrale, la sous-espèce forestière du drongo brillant. Il a été observé alors qu'il chassait sous la canopée en vieille forêt secondaire, mais non loin de la lisière ouverte du rio Papagaio. Les défrichements lui ont procuré des terrains de chasse favorables et il occupe, bien qu'à assez faible densité, toute la partie nord et centrale de l'île, mise en cultures. Il fréquente les bords de route, où il choisit les fils électriques comme postes d'affût, les plantations ouvertes de café où il chasse jusqu'au sol, et les cultures de cacaoyers sous ombrage de grandes Erythrina où il se tient soit dans la canopée des érythrines, soit en bordure de la plantation, à moindre hauteur. Il est donc éclectique dans le choix de son habitat et de ses territoires de chasse. Sa distribution dans les forêts primaires de plaine du sud de l'île et dans le massif montagneux central reste à préciser.

Son comportement typique de drongo et son plumage noir permettent de l'identifier rapidement. Il chasse les insectes à toute hauteur, en vol ou sur le feuillage, à partir de ses affûts dans la canopée, ou vers le sol ou au sol lorsqu'il établit ses postes d'observation à moindre hauteur. Il semble moins agressif à l'égard des autres oiseaux que le drongo brillant d'Afrique centrale. On l'a vu harceler un coucou jacobin alors que celui-ci n'est qu'un migrateur rare ou accidentel dans l'archipel, et un groupe de tisserins, peut-être à cause de la proximité de son nid. En compagnie de choucadors, il ne paraît pas manifester d'agressivité. On n'a pas observé de telles démonstrations vis-à-vis des milans, mais il est probable qu'il soit cependant agressif envers eux.

Les drongos sont observés soit en couples, soit par individus isolés. Les territoires paraissent étendus, mais avec des postes favoris de chasse et les oiseaux peuvent être observés chaque jour autour du même secteur. Perchés, ils adoptent une posture verticale caractéristique.

Ce drongo se distingue des oiseaux du continent par sa taille relativement grande et sa longue queue. En plumage adulte, il est entièrement noir, avec une longue queue fourchue, aux extrémités légèrement arrondies, évasées, comme spatulées, selon l'état d'usure des rectrices. Le bec est fort, noir, avec un crochet à l'extrémité de la mandibule supérieure. L'oeil est rouge foncé. La tête et le dessous du corps sont d'un noir intense, velouté, sans reflets, à l'exception de la calotte et du front qui présentent de faibles reflets. Les ailes paraissent plus claires que le reste du plumage, du fait d'une légère iridescence ou de leur teinte plus brun noirâtre que noire. Le dos présente quelques reflets bleus foncés, peu visibles dans la nature.

Bien que les drongos incluent dans leur répertoire un certain nombre d'imitations d'autres oiseaux, il existe chez le drongo de Príncipe des formes de chant stéréotypées que l'on ne retrouve pas chez les drongos du continent. Le type de chant le plus régulier est une série de sifflements doux et harmonieux : wîh / yiup yiup yiûp. Ce chant, étonnamment doux, contraste avec l'aspect féroce de l'oiseau, et rappelle une forme de chant des petits bulbuls Andropadus d'Afrique centrale. Un autre chant musical et rythmé est un tieu wi tiuh - tieu wih tieuh - tieu wi tieuh - tieu wîîh. Les cris comprennent des krrueink aigres et brefs, des kchèèèèè étirés, un kchtuiiiiin ou zwuiiiiin étiré et nasillard.


Guide des Oiseaux de Sao Tomé et Principe
Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe
Patrice Christy - William Clarke
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