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TISSERIN DE PRÍNCIPE
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Le tisserin
doré de Príncipe est membre d'un groupe de
quatre espèces de tisserins, anciennement
rassemblés sous le genre
Xanthophilus. Cette espèce
endémique à l'île de Príncipe n'a
pas de parent proche à Bioko ni à São
Tomé et elle rappelle plutôt le tisserin safran
Ploceus xanthops et le tisserin orangé
Ploceus aurantius du continent africain. Ces
deux espèces vivent au Gabon mais leur
écologie diffère nettement. Le tisserin
orangé montre une préférence pour les
habitats riverains relativement ouverts (rives des fleuves,
même en milieu forestier, des lacs et des lagunes), et
est colonial; le tisserin safran se comporte, dans le sud du
Gabon, comme un tisserin de graminées, ne quittant
pas les grandes savanes herbeuses : il n'est pas colonial en
période de reproduction. Le tisserin doré de
Príncipe rappelle le tisserin orangé par la
saturation du plumage du mâle, nettement
marqué, chez l'oiseau de Príncipe, de roux
orangé sur la calotte et les côtés du
cou et par le net dichromatisme sexuel. Il rappelle le
tisserin safran par sa grande taille et le fort bec noir,
relativement allongé du mâle. L'oeil jaune bien
visible est un autre caractère commun. Les trois
caractères immédiatement visibles dans la
nature sont le bec noir et fort, l'oeil jaune et la
tête roux orangé. L'absence d'autres tisserins
à Príncipe l'a conduit à coloniser tous
les habitats disponibles et à exploiter toutes les
strates de la végétation, depuis les massifs
de plantes herbacées et de graminées dans les
bananeraies et les cultures jusqu'à la voûte
des plus grands arbres. Il est commun, voire abondant, dans
tous les milieux dégradés et secondaires et
c'est l'espèce endémique de l'île qui
sera probablement observée la première, par
exemple, autour de l'aéroport de Príncipe. On
le rencontre aussi bien en ville de Santo António
dans les jardins et les cultures qu'en lisière de
forêt primaire, dans la moyenne vallée du
rio Papagaio. Il vit dans les cultures de
cacao sous ombrage d'érythrines et dans les zones
à végétation plus variée du
centre et du nord de l'île, constituées de
plantations mal entretenues. Il est commun dans les massifs
de vieille forêt secondaire du centre de
Príncipe. Son habitat originel reste toutefois
difficile à appréhender : on peut supposer
qu'il occupait plutôt la canopée
forestière et les lisières ou les
clairières naturelles avant le défrichement de
l'île. Il paraît peu probable qu'il ait
naturellement occupé le sous-bois (comme le fait le
tisserin Thomasophantes de São Tomé qui
est, principalement, insectivore) même s'il vit
aujourd'hui à faible hauteur dans les vieilles
forêts secondaires et si on l'observe dans les strates
intermédiaires de la végétation, en
lisière de forêt primaire. |
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Lorsque les jeunes oiseaux sont déjà emplumés, ils se tiennent la tête à l'entrée du nid et présentent en permanence leur bec ouvert pour attendre les parents qui les nourrissent : on a observé aussi bien le mâle que la femelle nourrir les jeunes au nid. Le nombre de deux jeunes semble être la moyenne des pontes. La reproduction n'est pas synchronisée : alors que des mâles construisent le nid ou paradent, des couples nourrissent des jeunes déjà grands au nid, mais en début janvier notamment, on peut trouver en même temps plusieurs mâles chanteurs et paradant sous leur nid dans les grandes érythrines. Le chant est une série brève et rapide de notes métalliques peu harmonieuses. Les cris, fréquemment émis, comprennent une note brève et aiguë : ksuit et un tzic répété, un ksuîp liquide.
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |