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NIGRETTE À VENTRE ROUX
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Les nigrettes forment un groupe homogène d'astrilds forestiers et arboricoles, bien différents des astrilds granivores de savane. Elles se différencient des astrilds savanicoles par leur bec plus fin, adapté à leur régime alimentaire (insectes et fruits), par leur comportement nettement arboricole (en forêt, les postes de chant sont situés dans la canopée) et par leur plumage en général sombre (ce que leurs noms scientifiques, anglais ou français suggèrent). Le genre Nigrita comprend quatre espèces endémiques à l'Afrique, particulièrement aux deux blocs forestiers d'Afrique occidentale et d'Afrique centrale. Elles n'atteignent pas, ainsi, le tiers sud de l'Afrique, mais une espèce Nigrita canicapilla se répand jusqu'aux forêts de la Tanzanie. Les quatre espèces coexistent sans séparation écologique dans les forêts de l'Afrique centrale continentale, au Gabon, au Cameroun et au Congo, mais l'une d'entre elles, Nigrita luteifrons, montre des préférences d'habitat et recherche surtout les lisières naturelles et les défrichements. Curieusement, sur l'île de Bioko, sont connues trois des quatre espèces, l'espèce absente de cette île étant la nigrette à ventre roux, la seule représentée dans l'archipel de São Tomé et Príncipe. La nigrette à ventre roux ne vit, toutefois, qu'à Príncipe. Cet oiseau est l'un des rares exemples d'une espèce de l'archipel vivant également sur le continent sans différenciation au niveau subspécifique. La sous-espèce brunnescens a été décrite par Reichenow en 1902, sur la base de spécimens collectés à Príncipe; les populations du bloc forestier d'Afrique centrale, du Nigéria à l'Ouganda et au nord de l'Angola, sont considérées appartenir à cette sous-espèce. Ce petit astrild (11
cm) forestier est assez peu commun dans l'île. Il
occupe cependant la plupart des habitats disponibles : on le
rencontre dans les plantations de cacao sous ombrage
d'érythrines, dans les zones à
végétation mixte de cultures, de buissons et
de massifs d'arbres autour de Santo António, dans les
massifs de vieille forêt secondaire du centre de
l'île, dans les palmeraies abandonnées à
Elaeis, et sur la lisière de la
forêt primaire du cours moyen du rio Papagaio. Cet
oiseau est observé en couples ou par individus
solitaires, dans les strates intermédiaires ou
supérieures de la végétation. Peu de
données ont été obtenues sur son
régime alimentaire à Príncipe. Il
consiste, comme sur le continent, en insectes et en fruits,
notamment la pulpe des drupes du palmier à huile
Elaeis où cet oiseau a été plusieurs
fois rencontré. |
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Le plumage est dans l'ensemble sombre et peu remarquable : brun terre dessus, y compris le dessus de la tête mais à l'exception du front, marron acajou comme le reste de la tête et le dessous du corps. Les ailes et la queue sont brun foncé à noirâtre. Le bec conique mais allongé, assez fin, est noir. Il n'y a pas de différence entre le plumage du mâle et de la femelle. Le plus souvent, la nigrette est localisée par son chant. Deux types de chants ont été entendus à Príncipe. Le premier est un chant doux, musical, en cinq phrases, répété au terme d'une longue pause : hui-hu, hui-hu, hui-hu, hui-hu, hui-hu, la deuxième note de chaque strophe plus haute. Un chant proche, bien caractéristique, est formé d'une phrase plus longue : tsui-yièh, tsui-yièh, tsui-yièh, tsui-yièh, tsui-yièh (la première note ascendante, la seconde descendante), terminée par un wuuh légèrement prolongé. Ce chant également très musical peut être précédé d'une série de notes détachées résonnant comme un rire (ce rire appartient au répertoire des oiseaux du continent). Le deuxième type de chant est également doux et musical, mais d'un rythme et d'une structure différents : hui-hui-wuuh, hui-hui-wuuh, hu-wuh, la troisième note des deux premières strophes prolongée et ascendante, la dernière note du chant plus basse. On lui rapproche un très musical tsi-tsi-hiu - tsi-tsi-hiu - tsi-tsi-hiu - tsi-tsi-hiu. La diversité de ces formes dialectales de chant de la nigrette à ventre roux de Príncipe par rapport aux oiseaux d'Afrique centrale continentale (dont peut-être certaines formes de chant sont mal connues) mériterait d'être plus profondément étudiée. La reproduction de la
nigrette à Príncipe est presque inconnue. Les
chants ont été entendus en janvier et en
septembre. René de Naurois mentionne les mois de
décembre à février pour la
nidification. Les nids, grosses boules construites à
l'aide de tiges et de graminées sèches,
à entrée latérale, habillées
(sur le continent) de feuilles sèches ajourées
entières, sont étonnamment grands en
comparaison à la taille de l'oiseau. |
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Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |