
|
|
NÉOSPIZE DE SÃO
TOMÉ
|
|
|
|
|
|
Le néospize de
São Tomé fut décrit par Bocage en 1888
sur la base de spécimens collectés par
Francisco Newton, le type provenant d'Angolares,
probablement dans la région de São João
dos Angolares, les deux autres de Quija et de São
Miguel, au sud-ouest de l'île. Il fut initialement
décrit sous le genre
Amblyospiza qui ne comprend aujourd'hui
qu'une espèce : Amblyospiza
albifrons, un gros tisserin des savanes humides
de toute l'Afrique tropicale, remarquable par son
très fort bec conique et dont le mâle se
reconnaît à son plumage dans l'ensemble noir
brunâtre et roux sombre. Après réexamen
des spécimens, le néospize fut
ultérieurement classé parmi les fringilles,
bien que ses affinités réelles restent
inconnues et que presque rien n'ait été
observé, depuis la découverte des premiers
oiseaux, de son écologie et de son comportement dans
le milieu naturel. Le néospize est l'espèce la
plus rare de São Tomé - au moins, la plus
rarement observée - et durant le présent
siècle, on rapporte notamment l'observation faite en
août 1991, dans le bassin de la rivière
Xufexufe, d'un individu, observation suivie, le lendemain et
dans le même site, de deux oiseaux. Les conditions de
cette observation ont été publiées et
fournissent le seul document disponible pour la description
de l'oiseau dans son habitat et de son comportement. Les
néospizes ont été observés sur
l'une des crêtes dominant la rivière Xufexufe,
à 230 mètres d'altitude, en forêt
à canopée fermée. Le site de
l'observation est un chablis provoqué par la chute
d'un arbre et les oiseaux étaient perchés sur
un petit arbre mort. Une brève série de quatre
à cinq sifflements a été entendue. Les
observateurs ont rapporté que le caractère le
plus remarquable est la grosse tête, presque sans cou,
et le bec très épais, rappelant effectivement
le tisserin Amblyospiza ou le fringille
européen Coccothraustes. Dans la nature, l'oiseau
paraît entièrement noir châtain sur le
dessus, d'une teinte plus rousse sur le dessous du corps. Le
bec est décrit d'une couleur corne foncé. |
|
|
|
|
|
Le dessin exécuté par l'illustrateur de ce guide a été fait sur la base de l'unique spécimen connu dans les musées, celui conservé dans les collections du British Museum, à Tring. Les deux spécimens qui appartenaient au musée de Lisbonne ont été détruits au cours d'un incendie. Le dessinateur a donné de ce spécimen la description suivante : couronne et nuque brun roux avec des stries sombres, dessus du corps, dos, couvertures alaires et ailes d'un brun plus foncé, sans qu'il y ait de démarcation nette entre la couleur de la tête et celle du dessus du corps. Gorge et poitrine d'un brun roussâtre lavé d'orangé ou de roux cannelle. Une cape de plumes allongées à l'arrière de la tête et sur le cou est à l'origine de l'aspect particulier d'oiseau dépourvu de cou tel qu'il a été décrit lors de l'observation de 1991. La forme du bec semble particulièrement remarquable, rappelant celui d'un perroquet, l'extrémité de la mandibule supérieure, au culmen large et arrondi, dépassant la mandibule inférieure, elle-même présentant une forme recourbée vers le haut. Les rectrices sont brun olive sombre lisérées de brun roux et la queue est relativement courte. Remarquant que les cinq rémiges primaires les plus longues étaient de longueur équivalente, Bannerman a noté que, sur l'oiseau en vol, les ailes devaient paraître plus arrondies que pointues. Bien que nous ayons
passé plusieurs semaines, à des
périodes différentes de l'année, dans
les forêts primaires du sud-ouest de São
Tomé, et notamment les vallées des cours
supérieurs des rivières São Miguel,
Xufexufe et Quija, et sur les crêtes les
séparant, nous n'avons pu obtenir aucune
donnée sur le néospize. Plus curieusement,
nous n'avons jamais entendu de chant que nous ne pouvions
identifier. Il est difficile d'appréhender les causes
de l'apparente rareté de cet oiseau, puisque, il y a
70 ans, le collecteur Correia ne réussit à
obtenir aucun spécimen du néospize, ni
à l'observer. Il semble probable qu'il s'agisse d'une
espèce de la canopée forestière, et
également que cet oiseau soit relativement
silencieux. Un caractère de son écologie
reste, en outre, complètement inconnu, celui de son
régime alimentaire, qui justifierait la possession
d'un bec aussi puissant. Les inventaires botaniques à
poursuivre dans les forêts primaires du sud-ouest de
São Tomé donneront éventuellement des
indications sur les arbres porteurs de fruits à
noyaux durs qui pourraient constituer une partie de la
diète de cet oiseau. |
|
|
Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe Patrice Christy - William Clarke Une publication du programme ECOFAC |